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CHAPITRE XXI

DES CÉRÉMONIES ET SACRIFICES QUE l’oN FAISAIT AU SECOND MOIS APPELÉ tlacaxipeualiztli.

Le dernier jour de ce mois, on célébrait une fête solennelle en l'honneur du dieu Xipe Totee et aussi de Uitzilopochtli. Ils y tuaient tous les captifs, hommes, femmes et enfants. Avant de leur donner la mort, on faisait, comme on va voir, un grand nombre de cérémonies. La veille de la fête, dans l’après-midi, on entreprenait un solennel areyto et on veillait toute la nuit avec ceux qui devaient mourir dans le temple appelé Ca/jowicoL Là, on leur arrachait les cheveux du haut de la tête, de vant le feu, à minuit, précisément à la même heure où l’on avait l’habitude de s’extraire du sang des oreilles pour l’offrir aux dieux. Le matin, au lever du jour, on les conduisait au temple de Uitzilopochtli où ils devaient recevoir la mort. Les ministres du lieu les tuaient de la manière que j’ai dite, et tous étaient écorchés ; c’est pour cela que la

1. De calpulli, grande maison, chapelle, avec le suffixe co, dans.

HISTOIRE DES CHOSES

fête était appelée tlacaxipeualiztli, ce qui veut dire écorchement d’hommes. Quant aux victimes, on les nommait Xipeme ou bien Tototeciin * : le premier mot signifie écorchés, le second veut dire morts en l’honneur du dieu Totee. Les maîtres des captil's les livraient aux prêtres, au pied du temple, et ceux-ci, prenant chacun le sien par les cheveux, lui faisait monter les degrés. Si quelqu’un se refusait à marcher volontairement, on le traînait jusqu’à la pierre où il devait recevoir le coup mortel. Quand on avait arraché le cœur à chacun d’eux, on en faisait l’offrande, comme il est dit plus haut, et on lançait ensuite les corps de haut en bas; d’autres prêtres les recevaient et les écorchaient. Cela se passait ainsi dans le temple de Uüzilopochtli. Tous les cœurs qu’on avait arrachés et présentés en offrande étaient ensuite jetés dans un baquet en bois. Les cœurs portaient les noms de quauhnochlU'^ et on aj)pelait quauhteca^ les cadavres auxquels on avait enlevé cet organe. Les vieillards qu’on appelait quaquacuiltin, après les avoir écorchés, les portaient à la chapelle où le maître du captif avait fait son vœu. On le dépeçait; on en envoyait une cuisse pour le repas de Moleuhçoma et le reste était réparti entre des j)ersonnages ou des parents. On allait généralement le manger dans la maison de celui qui avait réduit le défunt en captivité. On faisait cuire cette chair avec du maïs et l’on en donnait un morceau à chacun, dans une petite écuelle, avec un peu de bouillon et de maïs ; ce plat portait le nom de llacallaolli''. Après avoir mangé, on s’enivrait. Le lendemain, après avoir veillé toute la nuit, on allait s’amuser à sabrer d’autres captifs sur la pierre de meule, ainsi que cela a été dit dans le chapitre précédent. Ces captifs s’appelaient uauantin^. On leur arrachait aussi les cheveux du haut de la tête pour les garder comme relique. On faisait encore beaucoup d’autres cérémonies dans cette fête; je n’en parlerai point, pour ne pas fatiguer le lecteur, bien qu’elles se trouvent toutes détaillées dans le texte indigène.

On se livrait dans cette fête à des jeux queje vais décrire : plusieurs jeunes gens, auxquels on donnait le nom de Tototeciin., se couvraient des peaux des victimes écorchées et allaient s’asseoir sur des monticules de foin, de tiçatl ou de craie. Là, d’autres jeunes gens venaient les défier en les excitant par des paroles et des pincements. Ils se levaient alors et commençaient à poursuivre les provocateurs qui se mettaient

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