De coall, serpent, et la postposition tlan, dans, auprès
ils étaient offerts dans ce même temple à la déesse nommée Coatlicue, ou Coatlan ionan, pour laquelle les maîtres fleuristes avaient une grande dévotion. En ce même jour de fête on s’occupait de déposer les peaux des captifs écorchés dans la fête précédente, parce qu’on était fatigué d’en être revêtu. Il y avait quelques personnes malades de la gale et de mal aux yeux, qui faisaient vœu d’aller à cette cérémonie, car cette déposition se faisait en procession et avec une grande solennité. Ces malades y venaient dans l’espoir de guérir de leurs souffrances; on assure que quelques-uns y guérissaient et on attribuait ce résultat à la procession et à la dévotion qu’ils y apportaient. Celle lète se terminait par de grandes cérémonies, et c’était aussi par des actes de grande dévotion que se faisaient les ablutions des gens revêtus des peaux mortes. Les maîtres des captifs, ainsi que tous ceux de sa maison, ne se lavaient pas la tête avant la conclusion de cette fête, c’est-à-dire pendant l’espace de vingt jours. Mais, tout étant fini, ceux qui avaient été revêtus des peaux des victimes se lavaient et se baignaient en même temps que les gens de leur maison. Cette première ablution se faisait dans le temple avec de l’eau mêlée de farine ou de masse de maïs. Ils allaient ensuite se baigner dans de l’eau commune, et le baigneur ne faisait pas cette opération par lui-même; d’autres prenaient ce soin en lui tapotant tout le corps avec leurs mains mouillées, au lieu d’exercer un frottement. On disait que, delà sorte, on faisait sortir au dehors la graisse de la peau dont on s’était revêtu. Les propriétaires des captifs, à leur tour, se lavaient et se savonnaient la tête, opération dont ils s’étaient abstenus pendant vingt jours, en faisant pénitence pour l’esclave défunt. Tout cela étant fini, le maître du mort formait dans sa cour un trépied, surmonté d’un pellatl ramassé en boule, sur lequel il plaçait tous les papiers dont le captif s’était orné pour mourir. Il choisissait un jeune homme courageux qu’on revêtait de ces papiers; on lui plaçait une rondadle à une main, un bâton à une autre, et il se mettait immédiatement en route, courant par les rues, comme s’il eût cherché à maltraiter ceux qu’il rencontrerait. Tout le monde fuyait intimidé et l’on disait en le voyant : voilà le tetzompac'^ qui vient! S’il attrapait quelqu’un, il lui enlevait son manteau et il venait ensuite déposer tout ce qu’il avait pris, dans la cour de celui qui l’avait orné de ces papiers.
Après toutes ces manœuvres, le propriétaire du captif défunt plaçait au milieu de la cour de sa maison un madrier en forme de colonne, qui donnait à entendre qu’il avait fait des captifs à la guerre;
1. C’est-à-dire qui réjouit {pacjui) le seigneur, le maître (isonliï, en composition iclznn qui s’emploie métaphoriquement pour dire ; noble, membre d’une haute famille).
c’était le blason qui honorait sa valeur. Alors, il prenait l’os de la cuisse du captif, dont la chair était déjà mangée; il l’ornait avec des papiers et il l’attachait pendant au sommet du madrier qu’il avait planté dans sa cour. Pour cette opération, il invitait ses parents, ses amis et les gens de son quartier, en présence desquels se faisait la pendaison de l’os, et il leur donnait à manger et à boire ce jour-là. Le pulque qui se donnait à boire leur servait aussi à faire quelques cérémonies et tout le monde entonnait les chants de la famille. Toutes ces choses se passaient dans les vingt jours jusqu’à ce qu’on arrivât à uei toçoztU.