‹ Histoire générale des choses de la nouvelle-EspagneChapitre 93 sur 704 · Impersonnel signifiant: on mange, tous mangent · texte numérisé non relu

Impersonnel signifiant: on mange, tous mangent

3. De teotl, dieu, ou de tell, pierre, et omill, flèche, dard.

statue ne penchât d’aucun côté. Quant à ceux qui portaient le carton, ils marchaient devant; les premiers arrivés au sommet commençaient à l’enrouler et, à mesure que les autres arrivaient, on l’enroulait davantage, avec grand soin, de façon à empêcher qu’il se brisât. On enlevait les flèches et on les confiait à quelqu’un qui les gardait formées en faisceau. Quand la statue était parvenue au sommet, on la déposait à l’endroit où elle devait rester; on attachait le carton pour qu’il ne pût pas se dérouler et on le plaçait devant l’estrade sur laquelle on avait déposé la statue. Lorsqu’on avait terminé cette opération, tous ceux qui étaient montés au temple en descendaient, et il ne restait plus que les satrapes des idoles qui devaient en être les gardiens.

Au coucher du soleil, heure à laquelle on venait de monter cette image, on lui faisait l’offrande de tamalli et d’autres choses à manger. Le lendemain, au point du jour, chacun offrait des mets à la statue de Uüzilopochtli qu’il avait chez lui, et tout le monde allait offrir du sang de cailles devant celle qu’on avait installée dans le temple. C’était d’abord le roi lui-même, qui arrachait la tête à quatre cailles dont il faisait l’offrande à l’idole nouvellement placée. Les satrapes offraient après lui, ensuite venait tout le peuple, et, en arrachant la tête de la caille, chacun la jetait aux pieds de l’idole. Le petit animal se trémoussait jusqu’à mourir. Venaient bientôt les écuyers et soldats du roi, qui s’emparaient des cailles mortes, les faisaient plumer, cuire et saler, et on les partageait. Une part était pour le roi; venaient ensuite les personnages marquants; après eux les satrapes et, enfin, les écuyers. Tout le monde portait des cassolettes. On faisait du feu dans le temple, pour en avoir de la braise. On emportait aussi du copain et des encensoirs de terre cuite, pareils à des pots troués et très ouvragés, qu’on appelait tlemaülK On avait encore de toutes sortes de copal, et on se mettait en mesure de procéder aux cérémonies habituelles au service de ce dieu. Les satrapes, quand ils arrivaient à un certain moment de ce service, mettaient de la braise dans leurs encensoirs, y jetaient du copal ou encens et encensaient l’image de Uitzilopochtli que l’on venait d’installer dans le temple peu de temps auparavant. Cette cérémonie ne se faisait pas seulement en ce lieu; elle se répétait dans toutes les maisons par leurs propriétaires, qui encensaient les statues des dieux qu’ils avaient chez eux. Quand on finissait d’encenser, on allait déposer les braises dans un foyer rond, appelé tlexictli % qui était placé au milieu de la cour où il s’élevait de deux empans sur le sol.

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