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De amatl, papier, et maxtli, pagne, ceinture

3. Peut-être pour cuillaxochitl, fleur du fond; de cuillall, base, fondement, et xochitl, fleur.

voyaient pas les uns les autres. Les musiciens étaient tous assis; l’atabal était placé au milieu d’eux et tous s’accompagnaient de grelots et d’autres instruments dont ils font usage dans leurs areytos. Les gens du palais et même les hommes de guerre, vieux et jeunes, dansaient dans une autre partie de la cour en se tenant par la main et en serpentant, à la manière des danses dont les hommes et les femmes du peuple font usage dans la Vieille-Castille. Les jeunes filles se mêlaient à ces danses, bien fardées et avec leurs bras et leurs jambes entièrement recouverts de plumes rouges. Elles portaient une coiffure qui, au lieu de fleurs, était faite de maïs éclaté au feu, appelé momochtli, dont chaque grain représente une fleur remarquable par sa blancheur. Ces coiffures ressemblaient aux parures de fleurs dont font usage au mois de mai les jeunes filles des campagnes de Castille. Elles portaient aussi des enfilades du même maïs partant des deux épaules et venant se croiser sous les aisselles. On appelle cette manière de danser tlanaua^, ce qui signifie se tenir par les bras; quinaua in Uitzilopochtli : tenir Uitzilopocbtli dans ses bras. Tout cela se faisait avec une grande retenue et honnêteté. S’il arrivait à quelqu’un de parler ou de regarder d’une manière immodeste, on le châtiait sur le champ, car il y avait des surveillants à cet effet. Ces danses duraient jusqu’à la nuit.

C’est au commencement de cette fête que l’on sacrifiait le jeune homme qu’on avait fait vivre dans les délices pendant un an et que l’on considérait comme étant l’image de Titlacaiian. Un autre jeune homme était élevé également sous les noms de Ixleocalli'^, Tlacauepcñi ou Teicauhtzin^. Ils allaient de compagnie; mais le second n’était ni considéré ni adoré à l’égal du premier.

Lorsque toutes les fêtes que nous venons de décrire étaient terminées avec leurs réjouissances et cérémonies, on y mettait fin par la mort de ce Tlacauepan qui était l’image de Uitzilopochtli. Quand ce moment devait approcher, on le couvrait de papiers sur lesquels étaient peints des ronds de couleur noire. On lui mettait sur la tête une mitre faite de plumes d’aigle et surmontée de plusieurs panaches au milieu desquels s’élevait un couteau d’obsidienne à moitié teint de sang et orné de plumes rouges. Ce jeune homme portait sur le dos un autre ornement d’un empan carré, en toile claire, appelé icuechin, qui était attaché par des cordelettes en coton nouées sur la

1. Impersonnel signifiant; on danse, tous dansent; de naua, danser en se tenant par les mains, en entrelaçant les bras.

2. Autre nom de Uitzilopochtli; de ixlli, face, œil, et leocalli, temple.

3. Ailleurs il est nommé encore Tlacauepan Cuexcolzin ; — Teicaulilzin ou leiccauhlzin signifie : jeune frère.

HISTOIRE DES CHOSES

poitrine et au milieu duquel était un petit sac appelé patoxin. 11 avait également à l’un des bras un autre ornement en peau de bête fauve, semblable au manipule avec lequel on dit la messe, qui portait le nom de matcaaxtli. Ses jambes avaient des grelots en or comme en ont les danseurs. Ainsi revêtu, il se mêlait aux danses de cette fête, et se tenait à la tête des danseurs dans tous les bals populaires. C’était volontairement et à une heure quelconque de son choix qu’il venait se mettre entre les mains de ceux qui devaient lui donner la mort. Les satrapes qui avaient mission de le tenir en place au moment du sacrifice s’appelaient tlatlacaanaUin'-. C’était entre leurs mains qu’on lui ouvrait la poitrine et arrachait le cœur. Sa tête était ensuite séparée du corps et placée sur le tzompanili auprès de celle de l’autre jeune homme dont nous avons déjà parlé. Ce même jour, les satrapes du temple faisaient, avec un couteau de pierre, des entailles aux enfants des deux sexes sur la poitrine, l’estomac, le milieu des bras et les poignets. On dirait que ces signes étaient comme le fer ou la marque auquel le diable avait recours pour signaler ses ouailles. Dans le moment présent, ceux qui font encore usage de ces stigmates sont coupables d’idolâtrie, du moins dans les cas où on les applique après le baptême. Quant aux temj)s passés, c’était dans cette fête qu’on marquait ainsi, chaque année, les enfants des deux sexes.

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