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dM la femme. Celui qm y portait atteinte par des paroles oa des r^ards impurs était digne de mort On sait qu'une funille royale fut expulsée de Rome pour attentat à la pnd^xr. Le dêcemrâ Apfâus Glaudius tomba de la m&ne manière. On p^it dire que les Bomains poussèrent cette vertu jusqu'à Textrême; les pères évitaient de se baignei avec leurs fils; il était défendu d'entrer nu dans un bain, mâme lorsqu'on était seul, et Taustère Gaton expulsa du lÈiat on patriden qui avait donné un baiser à sa £^nme m présence de sa fille.
La dbasteté, que le Romain considérait comme la pretei^rice de toutes les vertus, était adorée à Rome sous le Qom de Vesta. On lui éleva un temple, et elle était servie par des vierges qui avaient fait voeu de chasteté. Ces vestales jouissdient de la plus grande vèn&ration. Le malfaiteur que Ton conduisait au suf^Iice était aussitôt mis en liberté, si le hasard lui faisait rencontrer une vestale. Les coQsuk eux-mêmes s'inclinaient et faisaient baisser les iiaisceauz devant elles. Dans toutes les familles on rendait mi culte à Yesta, afin d'être maintenu par elle dans la iHneté des moeurs. MalhevEreusement cette belle vertu ne se soutint pas à lUmie, et la décadence des mœurs comntenca déjà bien avant l'empire.
On pourrait diviser l'histoire de l'éducation chez les Romains en deux périodes ou époques : la première comprenant les temps de la royauté et de la république, et la seconde, qui est celle de la décadence, comprendrait Tempre. Mais comme la transition entre ces deux époques est tr^longue et n'a poiut de date précise, je crois devoir ne point établir de division, et je me contenterai d'indi* qoer d'une manière générale les modifications impartantes qui eurent lieu avec le temps dans le domaine de l'éducation, ainsi que les progrès acœmpMs dans le champ de l'instruction.
L'éducatioû des enfants se faisait, à Rome, dans la famille ou par la famille; l'Etat ne s'en mêlait qu'indiie(âement par les censeurs et la promulgation de quelques
lois destinées à prévenir Tarbitraire dans Texercicé des devoirs domestiques.
Quoique les dieux de Rome fussent muets comme ceux de la Grèce, cependant les Romains leur rendaient un culte volontaire; ils plaçaient tous les actes de la vie sous leur protection, et en particulier ceux qui avaient trait à l'éducation des enfants. Pendant l'accouchement, ils invoquaient la déesse Lucine, et lui préparaient un repas ; ils s'adressaient aussi à Nascio. Après la naissance, on posait l'enfant à terre , et il n'était regardé comme légitime qu'après avoir été relevé par son père ou par quelqu'un qui 1.3 représentât. La déesse Levana présidait à cet acte. Les déesses Canine et Cuba, divinités tutélaires des dormeurs, protégeaient l'enfant au berceau. On le recommandait à Vaticanus quand il conmiençait à crier; à Rumilia quand sa mère lui donnait le sein ; à Edulina et à Potina quand il conunençait à manger.
Le septième jour après sa naissance, si c'était un fils, et le neuvième quand c'était une fille, l'enfant recevait le nom qu'il devait porter. Ce jour, appelé dies lustricus (jour lustral, jour de purification), était une fête de famille. C'est probablement après cette cérémonie que l'enfant était inscrit sur le registre civil, dans le temple de Lucine. Cette inscription se payait à raison d'un quatrain pour un garçon, et d'un sixain pour une fille. .
Romulus donna aux pères une grande autorité sur leurs enfants, même lorsqu'ils étaient grands et mariés, a afin de briser leur entêtement et de contenir leur pétulance. » Le père pouvait mettre son enfant en prison, lui imposer un dur travail dans les champs, le donner à gage et le vendre jusqu'à trois fois, lorsque, après une première ou une seconde vente, il retombait entre ses mains. Un père pouvait même faire mourir son enfant, à moins qu'il ne l'eût émancipé. Ce fut conmie père que Bru tus condamna ses fils à mort. Les autres conjurés, il les condamna comme consul.
Malgré la grande autorité accordée aux pères sur leur»
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enfants, il parait qu'ils en usaient généraleme&t 9rê^ hmnanité. Gaton disait que celui qui battait sa femme ou son fils blessait les sentiments les plus sacrés, et il estimait un bon père plus q^'un bon sénateur. Il est un point cependant sur lequel il s'introduisit dans la suite les abus les plus révoltants, c'est celui de l'exposition.
On sait que presque tous les peuples païens exposent ou toent les enfants qu'ils n'ont pas envie d'élever. Un missionnaire catholique raconte avoir baptisé, en Chine, des centaines d'enfants exposés. Tous les matins on en trouve dans les rues. Cette inhumaine pratique remonte aux temps les plus reculés, et elle était déjà répandue en ItaUe avant la fondation de Rome. Romulus avait été lui-même exposé, et l'histoire nous raconte qu'il fut allaité par une louve. Rome suivit naturellement le courant dans lequel était entraînée l'humanité tout entière, à l'exception du penple juif; toutefois, le besoin d'avoir des citoyens pour dtfendre la patrie fit prendre des mesures pour empêcher l'exposition. Romulus ordonna d'élever tous les garçons et au moins l'aînée des filles. On ne pouvait exposer que les enfants difformes ou cacochymes, et cela seulement quand (^q voisins le trouvaient bon. Dans la loi des Douze* Tables, les décemvirs permirent l'exposition sans consultation préalable. Cette loi, on le comprend, ouvrit la porte anxabus.
Parmi les heux où l'on avait coutume d'exposer les enfants, le marché aux légumes, où se trouvait la colonne Lactée [columna Lactaria)^ était le plus connu. On espérait que les enfants exposés sur cette place y seraient nourris de lait par quelques personnes compatissantes. Cette place peut être considérée comme la première maison d'enfants trouvés dont il soit fait mention dans l'histoire. Beaucoup d'enfants étaient aussi portés devant la porte de personnes riches et sans enfants, mais on les recueillait rarement par un sentiment d'humanité.
Pour prévenir les abus de l'exposition et de l'infanticide, l'Ëtat^ surtout depuis Auguste, se mit à accorder des
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récompenses aux familles gui ayaient beaucoup d'eu&uts« Mais cette mesure ne put empôdier que ce crime ne prit des proportions de plus en plus effirayantes.
A l'autorité absolue des pères eorrespondaient robôissance et la subordination chez tes enfants. Les censeurs tenaient surtout à la pratique» de cea vertus. Une fins, quatre cents jeunes gens qui servaient dans l'armée comme cavaliers, forent privés de leurs chevaux et relégués dans la classe inférieure des JSrarti, pour avoir négligé un c»rdre de leurs pâtes* Ils supp(»rtèrent cette punition du censeur avec résignation et patience. On cite aussi» comme exemple de sévérité, celui que doima le consul Titus-ManMus Torquatus, qui fit tuer son fils à la tête de Tannée pCMir s'être battu en combat singulier contre sa défense, et cela après Tavoir préalablement fait couronner à cause de sa bravoure.
Le respect des enfants pour leurs parents et leurs supérieurs devait aussi s'étendre aux vieillards. Celui qui ne se levait pas devant les cheveux blancs était digne de mort. Après un fesdn, les jeunes, gens, k TexBnple de ce qui se pratiqi^t à Sparte, reconduisaient les vieillards à la maison.
De leur cftté, les vieillards devaient soigneusement éviter de scandaliser les jeunes gens, suivant cette parde de Platon : « Là où les vieillards sont dévergondés, les jeunes gens doivent être excessivement insolents. » La même prudence envers les enfants était recommandée aux pères, et il était d'usage que ceux-d ne mangeassent et ne bussent qu'en compagnie de leurs enfeœtts, afin d'être retenu» par leur présence dans les bornes de la modération.
Je citerai encore parmi les vertus qui firent la force de l'ancienne Rome la simplicité ^ la sobriété. Les enfants devaient apprendre à se contenter de peu. Avant trente ans l'usage du vin n'était pas permis.
Les soins de l'éducation se partageaient entre le père et la mère, suivant les dreonstances. On ne peut douter que Véturie, la mère de Ckffiolan, n*ait eu une large part dans
réâctcation de loii; fils, quand oa yoU l'ascendant qu'elle conserva sur luL On sait aussi ce que Gomélie, la mère des Giacques, fut pour ses fils. La femme de Caton le censeur eut le {dus grand soin de son fils. Non-seulement elle le nourrit de son propre lait, mais elle donnait aussi le sein aux petits enfants de ses esclaves, afin de les bien disposer en fweur de son fUs.U est h supposer qu'elle suivait en cela une croyance répandue dans le peuple, et p'il ne nous faut pas regarder comme une superstition ; il est probable, en effet, que le lait d'une nourrice communique à r^ifant qu'elle allaite les traits principaux de son caractère et jusqu'à ses vices. Une mère qui a à cœur Fédocation de son enfant, fait bien de ne le ccmfier à une étrangère que si elle y est forcée par les circonstances, et ai usant alors de la {dus grande circonspection. Caton, de son côté, ne négligeait rien pour donner une bonne éducation à son enfant. Dès qu'il fut en état d'étudier, il M apprit lui-même à lire et à «écrire. Il le dévdoppa aussi par des exercices corporels, tels que la natation, le manieiDKit des armes, l'équitation, et lui apprit à supporter le froid et la chaleur> la faim et la fatigue. £n {présence de son fils, il se conduisait et parlait avec autant de circonspection que devant une vestale. H se servait surtout, cœnme la mère des Gracques, de l'histoire des ancêtres pour former le cœur de son fils et l'animet des sentiments que devait revêtir le citoyen romain. L'histoire était, au reste, un moyen d'éducation très-répandu dans Rome; elte remplissait les jeunes gens d'enthousiasme pour les grandes actions de leurs ancêtres, et faisait naître en eux le besoin de marcher sur leurs traces.
L'usage d'élever et d'instruire soi-même ses enfants se conserva longtemps àRome. Nous voyons Gicéron instruire lui-même son fils, et l'empereur Auguste donner des le^ çons à sa fille et à sa petite-fille. A cette époque cependant la décadence avait commencé depuis longtemps. Ce n'était déjà plus le temps où la mati*one romaine mettait sa gloire à allaiter ses i^pres enfants, à les âever, à diriger leurs
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premières occupations, et à empêcher que de mauvaises influences ne vinssent les corrompre. Quand Rome eut vaincu ses ennemis extérieurs, la mollesse ne tarda pas à relâcher chez elle tous les liens moraux, et par conséquent aussi ceux de la famille.Les femmes trouvèrent trop pénible d'élever leurs propres enfants, et confièrent ce soin à des esclaves ou à des domestiques grecques, qui leur communiquaient les sentiments les plus communs. C'est une belle chose que la prospérité, mais il est bien difficile de la supporter : elle est l'ennemie née de toutes les vertus. Ce n'est pas seulement à Rome qu'on en a fait Texpérience ; et s*il est vrai pour le chrétien que « ce n'est que par beaucoup d'affictions qu'il peut entrer dans le royaume des cieux, » il est vrai aussi pour les peuples que ce n'est qu'au sein des luttes et des combats qu'ils peuvent entrer dans la voie d'une vraie et solide civilisation.
Passons maintenant à l'instruction.
C'est surtout dans le domaine de l'instruction que se montre le sens pratique du peuple romain. La musique et la gymnastique, si populaires en Grèce, n'étaient point ea faveur à Rome. La musique y était remplacée par la lecture, l'écriture, le calcul et l'éloquence ; la gymnastique par la natation et les exercices militaires. Rome resta longtemps étrangère aux beaux-arts; mais les arts utiles y prospérèrent de bonne heure.
L'instruction des enfants, comme on l'a déjà vu, se faisait, ainsi que l'éducation, essentiellement dans la famille et s\u*tout par le père. De bonne heure cependant, on trouAC à Rome des écoles {scholx, ludi^ — jeux) à la tête desquelles sont des maîtres nommés ludi magistri (maîtres des jeux). Mais ces écoles étaient privées ; ce n'est que sous l'empire que l'enseignement s'organisa et que l'instruction devint publique. Les ludi se tenaient dans des espèces d'échoppes sur la place publique.
Les objets d'instruction étaient sans doute différents suivant les temps et les maîtres. Outre la lecture, l'écriture, le calcul pratique, et le chant ç[ui s'introduisit peu
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àpeu, on apprenait différents jeux aux enfants, entre autres la danse. Caton s*éleva avec force contre l'introduction du chant et de la danse, a On apprend, disait-il, aux fik et aux filles des patriciens des arts trompeurs et déshonnêtes. Ils vont avec les dansexu^s, les musiciens et les chanteurs dans des écoles de comédiens ; ils apprennent à chanter, ce qui, d'après Topinion de nos ancêtres, est déshonnête pour un homme hbre. Je ne voulais pas croire que des patriciens donnassent une telle éducation à leurs enfants ; mais m'étant fait conduire dans une école de danse, j'y ai vu plus de cinq cents jeunes gens, garçons et filles, et parmi eux un garçon à peine âgé de douze ans, exécutant une danse que Fesclave le plus abject aurait à peine osé exécuter. »
On voit par ces paroles de Caton, que Véducation des hommes libres différait essentiellement dans ses principes de celle des esclaves ou du conunun peuple. Ce qui tenait ^l'amusement était l'affaire des esclaves et des plébéiens. Le patricien était un homme grave, qui manquait à sa dignité lorsqu'il prenait part à des exercices qui n'avaient pour but que l'amusement.
Sous l'empire, qui systématisa et organisa l'instruction, les écoles comprenaient deux degrés : la grammaire et la rhétorique.
Le premier degré se divisait en deux classes : les litte" Toiores, qui apprenaient à lire et à écrire, et les litterati^ auxquels on exphquait les auteurs latins et grecs. Ceux-ci faisaient aussi des traductions et autres exercices écrits.
La lecture, que l'on commençait vers l'âge de sept ans, s'enseignait, à ce qu'il paraît, parla méthode d'épellation. On y rattachait l'étude des mots ou la grammaire. L'écriture marchait parallèlement à la lecture. On tenait beaucoup à ,une belle écriture. Les élèves se servaient pour cet exercice de tablettes en buis ou en ivoire enduites de cire blanche; ils écrivaient dessus avec la pointe d'un stylet. L'une des extrémités de ce stylet était aplatie et servait à effacer ce qui était écrit. Ce qu'on voulait con-
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server s'émvait sur une charte ou sur une fMmbrmnê; la première était de papier, et la seconde de parchexoln.
Pour renseignement, les grammairiens ou gramma« listes se servaient quelquefois de monit^irs et de sous«> maîtres. L'enseignement mutuel n'est donc pas une inveivtion moderne, comme on Ta cru. Les momteurs étaient surtout em^yéft comme lecteurs.
L'enseignement était essentiellement oral, à cattse de la pénurie de livres et du peu de progrès fait enoc^re dans Tart d'écrire. (Tétait en éccnitant qu'on apprenait, e^ c'est pourquoi les anciens tenaient tant à ce que les jeunes gens écoutassent, n fallait, en outre, que la mémoire jouât un rôle beaucoup plus grand que de nos jours. Cette faculté, aussi bien que les rouleaux de parchemin, était la gaiv dienne de la tradition et de la science. On Tezerçait beau* coup ; quelques hommes la d^eloppèrent extraordinairement ; on cite un empereur romain qui savait par cœur les noms de tous ses soldats.
La discipline était assez sévère. L'écolier devait arriveor à Técole sans faire de bruit, proprement vâtu, peigné et lavé. En entrant il saluait le maître et allait à sa place. La modestie et Tobéissance étaient les qualités auxquelles on tenait le plus. On faisait usage des punitions corpo* relies. L'instrument le plus ordinairement employé pour, punir, était la férule, espèce de baguette avec Laquelle on frappait sur les doigts. Le fouet était réservé pour des fautes graves et ne s'employait guère qu'avec des esclaves. Orbillus Pupillus, ancien soldat devenu grammatiste, est demeuré célèbre par sa sévérité. Gicâ?on Ta appelé un batteur (plagosus). De son côté, Or][ffîus s'est plaint amèrement des injustices que les grammatistes avaient à siqHporter de la part des parents. Il était très-pauvre, comme la plupart des gens de son métier, et habitait un misérable réduit, sous un toit. Ce n'est pas d'aujourd'hui que datent la position précaire des instituteurs et les ennuis qu'ils ont à supporter de la part des parents ; le mal est dans la nature des choses et doit fitre accepté comme
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inhftrent à la professioiL Reconnaissons cependant que la pofition des instituteurs a été Inen amédiorèe dans les dotnîerft temps.
Quelques granunatistes de talœt avaient cependant de fart beaux revenus. Le pédant et vicieux Bemius Palamon «ait très-riche ; mais il est vrai qu'à côté de l'école, il était marchand d'habits et habile vigneron. Un auiregramma tiste, Ludtus Apulejus, retirait annuellement de son école 400,000 sesterces, soit environ 80,000 fr
Le second degré de l'instruction, la rhétorique, se divisât aussi en deux classes : les enfants {pueri)^ et les adolescents (adoUscentuli). Dans la première, on apprenait à composer des discours dont le caractère était essentiellement didactique; dans la seconde, on s'exerçait aux discours de controverse.
Au Cûmmencement, la rhétorique était enseignée par les granunatistes comme complément de l^ir enseignement; mais, peu à peu, la rhétorique se sépara de la grammaire, etle rhéteur du grammatiste. Cette séparation commença déjà à s'effectuer sous la république, non sans rsnoontrer une vive opposition ; car les rhéteurs n'étaient jm estimés à Rome, où l'on tenait leur art pour dange- T9àx; non qu'on n'y Bjm&i pas l'éloquence, sans laquelle le Bomain ne pouvait aspirer à des fonctions importantes dans l'Etat, mais parce qu'on s^aperçut bientôt que la rhétiMique tendait à remplacer l'éloquence simple et natmdle du ;Romain par des discours creux et sans force. Les écoles des rhéteurs exerçaient d'ailleurs à Rome la mâne iniluence que les écoles des sophistes en Grèce. I4sar esprit analytique remuait toutes les questions, semait le doute, ébranlait les convictions, et faisait naître nae philosophie délétère qui compromettait l'avenir de rStat. C'était l'esprit de la Grèce qui s'introduisait dans Bflme ; c On ne connaît plus les lois, dit Taut^ir du Dia- ^ofm mr la décadence de Véloquence; on n'observe plus les (ttdonnances du sénat ; on se rit ouvertement du droit ; .oaiTàloigne de l'étude de la sagesse et des leçoiui de Tex*
périence, et Ton force Féloquence, jusqu'ici le premier des arts, à s'enfermer dans des règles étroites et des prescriptions gênantes. Les écoles des rhéteurs sont d'ailleurs, jusqu'à un certain point, des écoles de dévergondage. Elles n'ont plus rien qui inspire le respect ; il n'y a plus d'émulation parmi les élèves. On y parle sur des sujets impudiques, qui exercent une funeste influence sur les élèves. Les rhéteurs font du charlatanisme avec des mots vides de sens, et ils énervent et tuent par là la vraie éloquence. »
L'an de Rome 593, le sénat défendit aux rhéteurs et aux philosophes d'habiter la ville ; mais cette défense ne fut pas longtemps respectée. Soixante-dix ans plus tard, le censeur Domitius iEnobarbus infligea un blâme public aux rhéteurs et à tous ceux qui allaient les entendre. Crassus leur défendit l'enseignement, en leur reprochant d'empêcher Thomme de se développer intérieurement, et de remplacer les études solides par un vain éclat de mots qui rendait prétentieux et insolent. Mais Jules-César réhabilita les rhéteurs dans l'opinion, de même que les grammatistes qu'on enveloppait quelquefois dans la même condamnation, et depuis ils ne furent plus persécutés. Auguste fit instruire son petit-fils par le grammatiste Verrius Flaccus. Ce Verrius est le premier maître connu dans l'histoire pour avoir établi des prix dans le but d'exciter l'émulation de ses élèves. Auguste donnait pour l'école de Verrius un subside annuel de 100,000 sesterces (environ 20,000 fr .) Les philosophes furent moins heureux. Vespasien fit chasser de Rome les stoïciens et les cyniques ; et, vingt ans plus tard, en 94, Domitien défendit aux philosophes le séjour de Rome et de l'Italie. Antonin, au contraire, les favorisa. Il établit dans toutes les provinces de l'empire des rhéteurs et des philosophes, avec des appointements fixes.
A côté des écoles des granmiatistes et des rhéteurs, lea empereurs fondèrent difierents établissements d'instruction, entre autres des bibliothèques publiques. Adrien fonda une école des beaux-arts, nonunée Athénée {Athe*
lufum). Enfin, Théodose et Valentinien achevèrent Tédi- Êce de rinstruction pubhque, en créant deux universités, à Rome et à Gonstantinople. On y enseignait le grec et le latin, la rhétorique, la médecine, la philosophie et le droit. Les juristes se distinguèrent surtout dans Tempire par leur eoseignement et leurs écrits. Les Romains avaient des dispositions innées pour la justice, les lois et TadministradoD^et le droit romain est peut-être Théritage le plus important que la civiUsation romaine nous ait transmis.
Avec le peuple romain, nous terminons la revue des principaux peuples civilisés, placés en dehors d'une religion révélée. Comme nous l'avons vu, beaucoup de choses ont été tentées et réalisées par eux dans le champ de l'éducation , et les anciens Romains surtout nous étomient à bon droit par leur sagesse. Le peuple romain est celui qui s'est approché le plus près de la morale, soit chrétienne/ soit judaïque. Aussi est-il de tous, celui qui a déployé le plus de vie et de force.
Sa décadence, toutefois, nous montre encore, après celle d'autres peuples, que l'humanité abandonnée à ellemême, ne peut soutenir le mouvement de la civiUsation, n n'y a que le christianisme qui soit capable d'empêcher les peuples de périr, et qui puisse conserver la vie morale dans l'homme, tout en lui laissant le libre usage de ses facultés. « Je suis le sel de la terre (c'est-à-dire ce qui préserve de la corruption), » a dit son divin fondateur.
El ce sel de la terre arriva juste au moment où l'empire romain tombait en ruines ainsi qu'un bâtiment vermoulu. Dieu, dans sa sagesse, l'avait préparé pour sauver l'humanité d'un nouveau naufrage, car, conmie avant le déluge, et toute chair avait corrompu sa voie. » « Ayant r^ardé par-dessus les temps d'ignorance, dit au milieu de l'aréopage d'Athènes l'un des envoyés du Christ, l'apôtre saint Paul, Dieu fait annoncer à tous les hommes, en tous lieux^ qu'Us se convertissent. » Et, peu à peu.
sons rinfinenoe de la parole qui invite les hommes à se convertir et à croire en Celui qui est venn an monde pour sauver les pécheurs, nn nouveau souffle de vie commence à circuler dans le corps social, et, de cette vie nouvdle, sortie d'un petit peaj^ aliject et méprisé, naît une civilisation nouvelle, la plus extraordinaire et la pins lidie que rhumanité ait jamais vue. Et qui dira ce qu'elle produira encore, surtout dans ces sièdes de paix que la parole prophétique nons laisse entrevoir?
Une partie déjà de cette remarquable civilisation s'est déroulée devant nous, et nous verrons, dans la suite de ce travail, quels principes elle a proclamés dans le champ de l'éducation, quels procédés elle a essayés et suivis, et quels résultats elle a obtenus jusqu'à nos jours .
APFEINDICS, SUE LES AfiABEd
Fannî les peuples placés en dehors . de la religion révélée, il aurait fallu encore mentionner les peuples mahométans; mais le mahométisme, avec sa polygunîe, a peu fait pour Téducation. Le Coran ne renferme presque rien à cet égard. Cependant, au point de vue de Taort et de rinstruetion, les mahométans ont eu, jusqu'après les croisades, le pas sur les peuples de l'Occident. Les Arabes d'Espagne, en particulier, étaient relativement très avancés dans la civilisationy et c'est chez eux que les hommes avides de science allaient compléter leur» études. Us cultivaient les mathé< matiques, Tastronomie, la physique, la phîlMophie, la poésie, 1« musique, Farchitecture (rAlhambra). lia connaissaient Aristote^ Eud&ie, Ardumède, Ftolémée. Par kui int^médiaîre, 1» médecine grecque (surtout Gallien) pénétra en Europe du douzième au eei* sième siècle. C'est chez les Arabes d'Espagne que Glerbert, nommé pape en 999 sous le nom de Sylvestre If, avait acquis en géométrie, en astronomie et en mécanique, des connaissances si étendues que son siècle ignorant l'accusa de magie. Il y aurait donc, an point de vue de l'instr uction,^ des choses intéressantes à étudier chez les Arabes, mais les bornes de cette histoire ne nous permettent pas de nous étendre sur ce sujet. (Voir encore quelques détails sur leurs connaissances à la page 72.)