PREMIÈRE ÉPOQUE. — LE MOYEN AGE
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Xésus-Christ; en fondant une nouvelle religion, a posé les bases d'une éducation nouvelle au sein de l'humanité. Il a fait resplendir en sa personne le développement moral parfait vers lequel nous devons tendre, développement que la sagesse des anciens avait à peine entrevu ; et il nous a ouvert par sa mort et sa résurrection, par sa Parole et son Saint-Bsprit, la voie vers cet idéal. II est véritablement le chemin^ ta vériti et la vie^ et Ton peut dire de ceux qui voudraient le bannir de Téducation et de Técole, ce que saint Paul disait des Tmfs adversaires de Jésus-Christ, qu't is sonê les mwiemii du genre humain.
La perfection morale que J^us-Ghrist nous a révélée consiste en ceci : c'est qu'en pensée, en sentiments et en actions, il a vécu en pleine harmonie avec la volonté de son Père. Son obéissance a été parfaite. Moi et mon Pè,re^ a-t-il dit, sommes un. Le Fils ne fait rien qn'il ne le voie faire au Père. Je leur ai donné (aux disciples) les paroles que tv m'as données. Remarquons néanmoins que cette obéissance parfaite ne l'a soustrait, ni à l'obéissance envers ses parents, auxquels il étaii sournà^ ni à la loi naturelle du développement, car f f croissait en sagesse, en stature et en grâce
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deoant Dteu et devant les hommes. Sa perfection a été une p^ection incarnée dans notre humanité, et pouvant se communiquer à ceux auxquels il s'était rendu semblable.
Le premier moyen que Jésus-CIinst nous offre pour réaliser sa perfection morale, c'est sa mort sanglante. Par elle, il a expié nos péchés et nous a réconciliés avec Dieu ; an même temps c notre vieil homme a été crucifié avec lai, afin que le corps du péché fût rendu impuissant et que nous ne soyons plus asservis au péché (Rom. 6, 6.)» Nous voyons, en effet, que les hommes de Dieu de la noutoUô alliance ont reçu d'en haut une force efficace pour cmcifiler en eux la chair avec ses désirs et ses [convoitises.
Le second moyen est sa résurrection; car, comme sa mort est la mort de notre vieil homme, sa résurrection est la résurrection de notre être moral, du nouvel homme, retenu dans les liens de la mort par le péché. C'est cette vie nouvelle, opérée dans les fidèles par la résurrection de lésas-Ghrist, qui leur a fait porter, dans tous les siècles, toutes sortes de bons fruits.
Comme troisième moyen de relèvement et de développement. Christ nous présente sa Parole et son Esprit. Pour mourir au péché et vivre dans la justice, nous avons besoin d'être unis spirituellement au Chef de rÉglise. Or sa Parole et son Esprit sont, avec les sacrements, les agents de cette communion : ils réalisent dans le fidèle la mort et la vie dont nous venons de parler. La religion chrétienne doit être reçue comme une vie morale réelle en Christ, autrement elle n'est qu'un système stérile. C'est ce que Jésus-Christ nous fait entendre clairement dans cette comparaison : « Je. suis le cep et vous êtes les sarments ; celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits ; mais hors de moi vous ne pou* vez rien faire. »
Et, chose étonnante et admirable, pour entrer [dans la voie ouverte par Christ àPhumanité et s'élever vers l'idéal de Tobéissance parfaite, et par cet idéal à la félicité éter-
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nelle, dont il est le chemin» aucune condiiida n'est posàe à Pbonune : Jésus-Gbriât appelle à lui Fenfant et radulte> rignorant et le savant^ VhormoB le plus dégradé et le strict observateur de la loi. La seule chose que rhommer peut et doit apporter dans cette œuvre, c'est ce que toas peuvent lui donner, savoir une humble confiance, autres* ment dit la foi au c^este médecin. C'est dans ce sens que l'Ecriture dit que nous sofutmes sauvés par la foi.
La vie nouvelle, apportée dans le monde par Jésus-Christ, ne se borne pas à trans&irmer Tindividu, mais elle transforme du môme coup toute soa activité et doit, par coa» séquenty tout vivifier : l&mille, école^ Etats, sociétés, sciences et arts. Le Génie du Chtviiamsme de Chateaubriand est une brillante et poétique démonstration de cette in* fluence de Jésus-Christ dans le monde.
Après cette exposition des bases fondamentales de l'œuvre de Jésus*Ghrist, au point de vue de réducation chrétienne^ nous avons encore quelques directions particuUàres à recueillir dans sa vie et daius ses enseignements.
Jésus-Christ a donné une nouvelle consécration à la famille, en rappelant que «c Thomme laissera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, » et en recommandant c que l'homme ne sépare point ce que Dieu a joint »• Il a recommandé la fidélité conjugale par ces saintes paroles : « Moi je vous dis que quiconque regarde une femme avec convoitise, a déjà commis un adultère dans son cœur. » Dans la parabole de Tmifant prodigue, il nous a fait entendre tout ce qu'il peut et doit y avoir d'amour dans le cœur des parents pour leurs enfants. Jésus-Christ nous a aussi recommandé d'une façon toute spéciale de {orendre soin des jeunes enfanta : « Pais mes agneaux, » a-t-il dit à Pierre en lui rendant sa charge d'apôtre après son reniement. Et, dans une autre circonstance, il dit à ses disciples qui voulaient empêcher des mères de lui présenter leura enlants : c Laissez venir i moi les petits enfants et ne les en empêches pas, car le
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TojwamB des cieoz ett pour ceux gai leur resiamblenl. » % les prenant danf ses bras» il leur imposa les mains et la bénit. Une autre fois, il dit encore m qirïl yandrait mirax Atre précipité au fond de la mer que de scandaliser rm àe ces plus petits. » En nous enseignant ainsi le ru'^ feu et V amour des enfants» Jèsus-Christ nous a fait con* naître le chemin royal de Téducation dans la famille et dans recelé. C'est à Jésus-Christ que les enfants doivent llntérèt croissant qu'on leur porte 4ans les pays chrétiens, et ces multitudes d'établissements charitables où Ton èlère ceux qui sont privés du bienfait de ^a famille. Enfin JésuS'Christ a montré aux enfants comment il faut se conduire à la maison et à l'école. A la maison il était uwnis à ses parents^ et dans le temple^ au milieu des docteurs^ il les écoutait et les interrogeait^^ et tout le nxmde était étonné de sa sagesH et de ses réponses.
Dans la manière de diriger ses disciples, Xésus-Christ nous donne aussi des leçons précieuses. Ses instructions étaient graduées ; il ne se hâtait pas de produire un développement factice : il posait les fondements de son œuvre et attendait avec patience que la semence répandue germftt et portât des fruits. Faisant allusion au développement progressif de son œuvre^ il dit im jour : c La terre produit d'elle-même, premièrement Therbe, ensuite Tépi, puis le blé formé dans l'épi. 3> Ses enseignements étaient toujours à la portée de ses auditeurs et appropriés à leurs besoins. Avec ses disciples, en particulier, il insiste fortement sur les points essentiels de la vie chrétienne, sur le renoncement au monde et à soi-même, sur la foi et la puissance de la prière, sur l'obéissance à la Parole de Dieu, sur la mission du Saint-Ssprit pour renouveler le tœur et le conduire en toute vérité, sur le jugement dernier et la vie future. On ne trwzve dans son programme ni études littéraires, ni cours de théologie. Et pourtant, diose étonnante, quand le moment de Faction est arrivé, les disciples, ces pécheurs sans UitreSj sont devenus desorateurs qui remuent les foules et confondent 1m docteurs ; des penseurs profonds qui ont sondé les
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Écritures et le cœur humain ; des écrivains qui donnent au monde des livres immortels dans une langue qui n'est pas leur langue maternelle I
Jésus-Christ est le fondement vivant de toute culture véritable et solide. Il est la pierre angulaire sur laquelle seule peut et doit s'élever tout édifice humain, et Técole en particuUer.
§15. Temps apostoliques^
L'éducation chrétienne demeura longtemps, à cause des persécutions, enfermée dans le cercle de la famille. C'est là que les enfants recevaient leur instruction religieuse, et, sans doute, apprenaient de leurs parents, de leurs aînés ou d'une autre personne, à lire et à écrire. Le calcul dont on avait besoin s'apprenait par la vie pratique.
Les apôtres Pierre, Jacques, Jean et Jude, n'ont rien dans leurs épitres qui se rapporte directement à la famille ou à l'éducation. Travaillant généralement parmi leurs compatriotes Israélites, chez lesquels existaient déjà d'excellentes traditions, il suffisait de l'influence des idées chrétiennes pour y soumettre la famille à une bonne discipline. Saint Paul, au contraire, qui passait sa vie au milieu du monde païen, où la famille était en ruines et les enfants négligés, maltraités, vendus, exposés ou détruits, nous a laissé sur cette institution des directions précises et détaillées.
Quatre vertus principales doivent, suivant l'apôtre des Gentils, régner dans la famille chrétienne et la vivifier sans cesse sur le fondement de la foi.
a) Les maris doivent aimer leurs femmes comme Christ a aimé V Église et s'est donné lui-même pour elle.
L'amour dans le dévouement, tel est le devoir conjugal du mari. Ce devoir comprend tous les autres : fidélité^ douceur, patience, rapport, soins de toutes sortes, travail^ constance dans Tépreuve.