LE MOYEN AGE
aibatiaies, qui se répandirent dans tout TOrient. Plus tard, on admit aussi des filles dans les écoles.
PRINCIPAUX PÈRES ^UI SB SONT OCCUPAS D*ÉDUGi.TION.
BasHe-le- Grand ou saint Basile (329-379), évoque de Gésarèe en Gappadoce (Asie-Mineure)>ôt pour les monastères de rOrient une règle qui renferme diverses directions pour les écoles. Il voulait qu'elles fussent en dehors da monastère^ afin de soustraire les enfants aux mauvais exemples que des moines grossiers auraient pu leur donner. L'un de ses discours, destiné aux jeunes gens, contient de sages conseils sur la lecture des auteurs grecs.
« Dans le combat que nous avons à livrer pour l'Eglise, dit-il, nous devons être armés de toutes pièces, et pour eda la lecture des poètes^ des historiens, des orateurs, nous est très utile... On peut comparer les leçons de TEcritaie sainte aux fruits d'un arbre, et les productions de la sagesse païenne au feuillage qui abrite le fruit et donne de la grâce à Tarbre... Moïse a cultivé son intelUgence ta étudiant la science des Egyptiens, et Daniel a paré la nenne avec celle des Chaldéens... Mais il y a un choix à fidre parmi les auteurs profanes. Il faut fermer l'oreille aux mauvaises lectures, comme Ulysse ferma Toreille aux chants séducteurs des sirènes. L'habitude de lire de mauvaises actions conduit aux mauvaises actions. Il faut rejeter les scandaleuses histoires des dieux, comme on doit fuir la musique voluptueuse des païens. »
Saint Jean Chrysostomé (347-407), évoque de Constantinople, nous a laissé plusieurs pensées sur Téducation dans ses sermons et dans son ouvrage contre les ennemis iu monachisme. En voici quelques-unes : c Les parents doivent donner à leurs enfants un nom ayant un. sens chrétien, afin qu'il leur soit un encouragement pour la suite... Les mères doivent soigner le corps de leurs enfants, mais il faut aussi qu'elles leur inspirent l'amour du bien et la crainte de Dieu. Et les pères ne se borneront pas à les élever pour leur vocation terrestre, ils s'occupe*
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roût aussi de leur vocatioû eôlfiste. Le plus bel héritage que Ton puisse dcmoter aux enfants, c'est de leur apprendre à maîtriser leurs passions. Jamais ils ne doivent entendre à la maison des disoDurs liœndeuz. Ayons soin de déve« lopper en eux la pudeur, car rien ne tourmente autant la jeunesse que ce qui lui est ccmtraire. Ayons pour nos enfants la même crainte que pour nos maisons, lorsque les domestiques vont sl^^qo une lumière dans des lieux où il y a des matières inflammables, commt du foin ou de la paille. Ne les laissons pas aller là où le feu de l'impureté peut être allumé dans leurs coeurs et leur faire un mal irréparable* La connaissanoe des Ecritures est un contre* poison contre les inclinaisons déraisonnables de la jeunesse et contre la lecture des auteurs païens^ dans les- ^els on vante 4es héros esclaves de toutes sortes de passions* Les leçons de la Bibh sont une source qui arrose rame. Giomme nos enfants sont de toutes parts entourés de mauvais exemples, les écoles monastiques sont les meilleures pour leur éducation. Une fois les mauvaises habitudes contractées^ on ne peut presque plus s'en débarrasser. Voilà pourquoi Dieu conduisit Israël dans le déserty comme en un monastère, pour qu'il y désapprît les vices des Egyptiens. Bt cependant il retombait tou* jours dans ses vieilles habitades I Or^ nos enfants sont entourés de vices dans nos villes et ne peuv^t y résister aux mauvais exemples. Dons les monastères, ils ne voient pas ces mauvais exemples, on y mène une vie sainte, dans la paix et la tranquillité. Ayons soin de Tâme de nos enfants, ponr qu'ello soit formée par la vertu et non •dégradée par le vice*
Scnnt Jérôme <33i-420), un père de PSglise latine^ avait embrassé la vie monastiquie. U vécut quelque temps à Rome, où il révisa la Bibk latine, depuis appelée Vulgate^ fit de nombreux voyages, et enfin se fixa à Bethléem^ où il mourut. €omme la locture des auteurs païens lui avait fait beaucoup de mal, il y rencmça à la suite d'un songe et leur fit depuis une guerre ouverte. Il tance les évéques et les pasteurs de ce qu'ils font lire à leurs fils des comé-
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fies et chanter des poésies licencieuses. Parmi ses écrits, sa lettre à LaBtaf mère chrétienne qui Youlait élever sa ffle Paula pour le Seigneur, renferme sur Téduc^tion des idées qui sont parfois d^un ascétisme exagéré : t Ta fille, hii écrit-il, ne doit entendre que des choses propres à inspirer la crainte de Dieu. Elle ne doit pas comprendre ks mots grossiers, pas connaître de chants profanes. Elle doit être éloignée des garçons espiègles et des domestiques mondaines. Tu lui remettras des lettres de buis ou d'ivoire, pour qu'elle apprenne à les connaître, puis tu lui aiçrendras à en former des syllabes et enfin des mots. Ces mots seront choisis avec soin. Il ne faudra pas la fatigoer^ et tu Tencourageras par des louanges et des récompenses. Si tu lui donnes des maîtres, ils seront avancés m âge et auront des mœurs et des connaissances solides, U faut l'habituer à une exacte prononciation. Ne lui donne M boucles d'oreilles, ni colliers d'or ou de perles. Ne lui pdns pas la figure ou les cheveux^ afin que tu ne la prépares pas pour le feu de l'enfer. Ne la laisse pas sortir, comme Dina^pour aller voir les filles du pays. Ne la laisse pas aller sur la rue. Ne lui montre jamais un festin, pas iDteie dans la maison paternelle^ afin qu'elle ne se mette pas à convoiter des friandises. Cependant donne-lui un fax de vin jusqu'à son plein développement, afin de la fortifier. Elle doit demeurer étrangère à la musique et ignorer l'usage de la flûte, de la lyre et de la cithare. Tu lui appreadras d'abord à réciter les vers grecs (le grec était sa langue maternelle) ; puis tu passeras au latin, autrement tu lui gâterais Faccent par ce dernier. Elle ne sortira jamais sans toi, tu ne permettras jamais qu'un jeune frisé lui fasse les yeux doux. Elle s'habituera à se relever la nuit pour prier et réciter des psaumes, et le matin elle chantera des cantiques. A la troisième, à la sixième, à la neuvième et à la douzième heure du jour, elle sera au champ du combat (priera). La lecture alter-» nera avec la prière, et la prière avec la lecture. Elle apprendra à travailler de ses mains^ mais elle ne fera pas des objets de luxe. Tu lui feras apprendre en premier lieu
les Psaumes^ puis lôs Proverbes, rSecléskfôte ai Job ; ansuite elle passera aux Evangiles, aux Actes des Apôtres et aux Épîtres. Quand elle saura tout cela^ elle preMra les Prophètes, le Pentateuque, les Rois^ les Chroniques^ Bsdras et Néhômie, et à la fin le Cantique des Gantique^^ qu'elle ne comprendrait pas si elle le commençait plus tôt. Elle ne doit lire aocun des apocryphes, car il faut une grande sagesse pour en tirer Tor de la boue qui Tentoure* Elle aura toujours en main les œuvres de saint Gyprien. Elle pourra parcourir les écrits de eaint Athanase et de saint Hilaire, et d'autres ouvrages de piété* Tu la feras élever sm couvent. Elle n^apprendra pas à >urer, tiendra le mensonge peur un saeri^^e^ ne saura rien du monde, vivra comme uaange dans la chair sans connaître lachair, el croûra que tous les hommes lui ressemblent I 3
8mu Augustin (Sbi-HQ], eomme: saint Jérôme, l'un des pères àe l'Église latine, nous a laissé, dans ses Gwfes^ sions, une instructive psychologie du eœur humain^ psiyw chol(^ie montrant la persistance des impressions reli* gieuses reçues dans la première enfance et la puissance d'une mère pieuse. Vingt années passées dans les étodee philosophiques et au miliw des plaisirs du monde ne puresnt efEacer les impressions produites sur son coeur par sainte Monique, impreasioas qui finirent, avec l'aide des prières de sa mère, par le ramener dans la bonne voie.
Saint Augustin Uâme la méthode d'étudier le latûx dans des poètes immoraux, c Un jeune homme, dit-il, s'écrie dans une scène de Térence :Quoi ! il ne nous serait pas permis de faire ce qu'osent faire les dieux t Ce raisonnement est fait par bien des jeunes gens. Nous apprenions de belles paroles dans nos auteurs, mais nous y s^pprenions plus facilement à commettre de mauvaises actions» Des maîtres (païens) enivrés nous Msaient boire dans la coupe de Terreur et nous battaient quand nous z^us y refusions I NV^^^^î^ <îonc rien d'autre pour nous ili^rendre notre 4aaà[gue et cultiver n^tre esprit ? n ,
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Après sa conversKHi, saint Augustin devint évéque d^ppone, en Afrique. L'É^îse se présenta alors à lui fomme un grand étaUissement d'éducation et cela le condoisit à écrire à un point de vue pédagogique, un eurrage sur le oatéchuménat : De ruddzLs tatéchixandii* Cet ouvrage recommande de commencer rinstraction idigieuse par l'histoire sainte, en y rattachant des instroctions appropriées aux catéchumànes. C'est la méthode Batordle, à laquelle on est, en général, revenu depuis quelques années, ajuiès s'é^ traîné durant des siècles dans d'idbtraits exercices de mémmre, presque toujours stériles. Un chapitre intéressant de cet ouvrage est celui •à saint Augustin examine ce que doit faire le caté* diiste, iK>iir enseigner avec joie, sans découragement et «OIS 8échereaâe«llrecomn^aade, entre autres, sur ce point, de sldenlifler avec Fesprit de Christ et de se jpénétrer de son amour pour les petits et les délaissés*
Sainte Monique. A cette notice sur saint Augustin , ncfus sqouterons quelques mots sur la sainte femme qui lui donna le jour. Aucun exemple n'est plus propre à nous montrer finfluence du christianisme sur la mère de famille. Unie à un époux païen et infidèle, et voyant son fib Augustin qui marchait sur les traces de son père, elle mit toute sa confiance et son espérance en Dieu, faisant resplendir aux yeux du personnel païen qui l'entourait et b méprisait ies vertus qui ont h^illé en Jésus-Christ* SUe avait surtout à cœur la conversion de son mari. Pour atteindre son but, elle ne fit usage que de deux armes, \a prière et l'exemple. Semblable à un habile général qui réserve toutes ses forces pour les actions décisives, jamais elle ne se laissa entraîner dans des luttes de détail pour des points d'une importanœ "secondaire ; jamais elle n'adressa un reproche à son mari pour des fautes qui décou* hÉsat de son incrédulité ; Mb ne répondait pas non plus à ses injures^ et restait toujours calme et soumise en face de ses empert^osents.
Enfin^ après seixe ans de prières eit d'attente patiente, Piatricius commença à s'enquérir de eette religion qui
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brillait d^un éclat si pur dans sa femme, et trois an? plus tard il demanda et reçut le baptême.
Restait son fils, Augustin ; sainte Monique n'hait rien négligé pour l'élever dans la connaissance et sous la discipline du Seigneur. Mais les premières impressions furent bien vite effacées par le souffle empoisonné des écoles païennes qu'on lui fit fréquenter, et la pauvre mère n'eut bientôt plus que ses prières pour agir sur le cœur de son enfant, nais la prière est la plus grande force dont Phomme puisse disposer. Monique continuera ses prières pendant trente-trois ans, et TEglise lui devra son plus célèbre docteur. Augustin^ qui avait passé en Italie, y fut converti en particulier par la prédication de saint Ambroise, archevêque de Milan. Monique, qui était venue en Europe pour le chercher, éprouva enfin la sainte joie d'une mère qui retrouve son enfant. On chercherait en vain dans tout le paganisme une vertu qui approchât, même de loin, de celle de cette sainte femme. Avec le christianisme, une vie nouvelle est entrée dans^le monde, et cette vie est c la lumière des hommes >•
Sainte Monique ne revit pas sa terre natale. Elle mourut à Ostie, au moment où elle s'apprêtait à partir, avec son fils, pour la rive africaine. Cette sainte femme était mûre pour le ciel, c Mon cher fils, disait-elle à Augustin, cinq jours avant sa mort, une seule chose me faisait jusqu'ici désirer de vivre encore : c^était ta conversion. Mainte< nant mes prières sont exaucées et je n'ai plus rien à faire ici-bas* >
§ 2. Ije M onaclitwaie en Occident et le« Écoles du moyen A^e.
La dissolution des mœurs au sein de Tempire romain, et les dangers moraux que Ton courait dans le commerce journalier avec les païens, firent naître de bonne heure, comme on Ta vu^ le besoin de la solitude et de la retraite. C'est de ce besoin, fortifié par Tafifaiblissement de
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la yie chrétienne^ ausii bien que par une conception erronée du renoncement, qu'est né le monachisme. On a soutenu que son influence fut défaTorable à la famille dont il rabaissait la sainteté^ eu ^ui opposant un état plus saint, le célibat, et à la société à laquelle il enlevait ses éléments les plus saints et les plus vivifiants. Mais il faut reconnaître que le monachisme a rendu de grands services à l'instruction, ainsi qu'à l'éducation, en préparant et en fondant l'école chrétienne. Ce fut un grand progrès que la fondation d'écoles chrétiennes, à côté des écoles païennes dans lesquelles les enfants des chrétiens étaient exposés à tant de dangers pour la foi et pour les mœurs. Dans l'église d'Occident, grâce surtout aux règles du célèbre Benoit de Murcie, fondateur de Tordre des Bénédictins (480-543}, le monachisme se montra pratique et bienfaisant.
Dans les règles qu'il donna à son ordre, saint Benoit, peu iBstruit lui-même, mais doué d'un zèle ardent et d'une grande foi, ne parle que de réducatîon des Ofpranâitj ou enfants consacrés au Seigneur, que l'on recevait dans les couvents. Les moines devaient être avant tout des hommes de foi, de renoncement et de travail, consacrant leur temps aux exercices religieux, au travail manuel et à la lecture (étude). Néanmoins les écoles abbatiales ou des couvents naquirent tout naturellement des of« fraudes faites aux Bénédictins. Chaque couvent eut bientôt son école. Les petits monastères se bornèrent à l'enseignement élémentaire, mais les grands, comme ceux de Saint-Gall et de Rheinau en Helvétie, de Fulda en Allemagne, eurent des écoles savantes et célèbres. On se fera quelque idée de l'importance de l'ordre des Bénédictins et de son influence sur la civilisation par la statistique suivante : cet ordre comptait avant la Révolution française 37.000 maisons, et il a fourni à l'Église 4,000 évéques, 1,600 archevêques^ 200 cardinaux, 24 papes et 15,700 auteurs.
D'autres ordres religieux vinrent ajouter leur activité à celle des Bénédictins. Les principaux sont :
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Celui des Cîsterdens ou de Citeaux (Côte-d'Or), fondSea 1098 pac salut Robert et rêorganijBé plus tard par saint Bernard^ fondateur de là célèlure abbaye de Clairvanz (en Ghampague).
Gdui des Prémontrés (1120) et celui dos Jérômites on Frères de la viùoomrrmne (xtv siècle). Ge dernier était répandu dans les PaysrBas et le nord de râUemagne.
Les Dommîcainseï les Ftanciseams.
A côté des écoleal^batialefi^ les érêques, encouragea comme nous la TOrmas par Charleimagne, fonderait, dès le ym"^ siècle^ des écoles dites épiscâpaies^ destinéi^ à linstructiondes classes supérieures et des jeunes gens qui désiraient entrer au serrice de TÉglise.
Enfin, vers le milieu du xin* siècle, lee^TîtlesjfoBdàrani IdB éoolksbaurgeoiseSy qui lelepèiaeat la. moralité de la famille en opposition avec le célibat^ et rtumorabilité da travail en opposituin avec la vie isM cbBvaliors. Dans les écoles bourgeoises on pai^t la langue du peuj^^ aa lien du bastlatinen usage dans leaaukesécoteai — Les écoles bourgeoises de filles^^ ne prirent naissants que peu de tempsr avant la réforms^on*
Le développement des écoles abbatiales et épiscopales» par Fadjonction de la thidogie^ de la médecine^ de la juris^ frudenceet de quelques antres branches, donna naissance anx écoles de droit, de médecine, de théologie et aux uni^ versités. L'école de droit de Bologne, la plus ancienne, remonte au zn^ siècle. A la fin du siècle elle comptait 12,000- étudiants; A Salerne florissait, dans le mèm temps, une école dô médecine. L'école abbatiale de Paris s^éleva^ en f200, am rang d'université. L'université d'Oxford fût fimdée en 1549, celle de Prague en 1348. Vinrent ensuite les inriversités de Vienne (1365), de Heidelberg (1386), de Cologne (138^, d'Erfurt (1392), et, dans le XV® siècle, celles de Wûrzbourg, de Leipsig, de Rostock, de Gl-eifsv^alde, de Fribourg en Msgau, de Trêves, de Tubingen et de Mayence*