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L'étude des langues doit commencer par la langue

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maternelle ; on passe ensuite à la langue d*un peuple voisin, puis au latin, au grec, à l'hébreu, apprenant une langue après l'autre et non toutes à U fois, crainte de confusion.

15. Chaque langue s'apprend mieux par Fusage, par Toreille, la lecture, les copies, etc., que par les règles. Celles-ci suivent Tusage pour lui donner plus de sûreté.

16. On ne doit faire apprendre parfaitement que la langue maternelle et le latin. (Coménius recommande le latin, parce qu'il voulait en faire la langue imiverselle, un lien intellectuel commun entre tous les peuples).

Quoique Coménius se soit surtout occupé de la culture intellectuelle et de l'enseignement, il est loin d'avoir méconnu la valeur de Tèducation physique, morale et idigieuse. Ses ouvrages renferment, à ces différents égards, des règles excellentes. Il insiste surtout sur la nécessité d'élever les enfants dans le sentiment de leur dépendance vis-à-vis de Dieu. « Il faut, dit-il, exhorter de tonne heure les enfants à chercher Dieu, à lui obéir et à l'aimer par dessus toutes choses. Ils n'en sont pas auss^ incapables que plusieurs se plaisent à le dire. L'objection qa'ils ne comprennent pas ce qu'ils font ne doit pas nous arrêter; l'intelligence viendra après. Dieu n'a-t-il pas ordonné qu'on lui fasse offrande des prémices? Pourquoi donc lui refuserait-on les prémices de la pensée, de la parole, des mouvements et des actions? Il faut que les enfimts apprennent de bonne heure que la vie étemelle, et non ce monde temporel, est le but de notre existence; que cette vie n'est qu'un temps de préparation pour l'autre, et qu'ainsi ils ne doivent jamais sacrifier ce qui est éternel à ce qui est périssable. O^i'on les habitue donc, dès leur plus tendre enfance, à pratiquer tout ce qui mène à Dieu, à prier, à lire les Ecritures, à rendre un culte à leur Créateur, et à garder ses commandements. < Que Dieu, s'écrie-t-il, n'a-t-il pitié de nous, et ne nous fait-il trouver un moyen de ramener toute l'activité que nous dé-

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ployons hors de Dieu à la poursuite de tout ce qui esl iKlen et agréable à Dieu! »

Ce besoin d*eanployOT toutes les flarces vires de l'hosniDe à poursuivre ce qui est bien et agréable à Dieu devint surtout dominant sur la fin de la vie de notre cél^Hre pédagogue. A l'âge de soizante-dix-sept ans, il écrivit un eovrage intitulé : La seule chose nécessaire. On y trouve la profession de M de l'auteur et une touchante confession de ses erreurs. Il s'était, en particulier durant les horreurs de la guerre de Trente ans, embarrassé dans l'interprétation des prophéties, et il avait publié un Uvre intitulé : Lux tn tenebris^ <c la lumière dans les ténèbres, » qui avait rencontré hieta des contradicteurs, et que sa conscience lui faisait un devoir de désavouer. Je ne psîs mieux achever le portrait que je viens d*esquisser qa*en citant les paroles par lesqœUes Ckiménius termine le dernier de ses ouvrages :

c Je vais me dépouiller, dib-il, de tous les soucis tesxestres. Désire-t*on que je m'exphque plus dairement sor ce point? £h bien 1 la plus chôtive hutte doit me temr hea de palais ; et si je ne puis en avràr une pour reposer ma tête fatiguée, je veux, à l'exemple de mon maitsre, être content si quélqu^un m'accueille sous son toit. Ou bien je demeurerai sous la voûte du ciel, comme il le fit à Gethsémanée les nuits qui précédèrent sa mort, jusqu'à ee que les anges viennent me chercher, comme le pauvre Lazare, et m'emportent dans le sein d'Abraham. An lieK d'un vêtement précieux, je veux me contenter, comme Jean-Baptiste, d'un habit grossier. Du pain et de Teau seront mes mets les plus délicieux ; et si je puis y ajouter un peu de légume, je veux louer la bonté du Tout-Pmssant. Ma bibliothèque se composera du triple Kvre de Dieu ^. Ma philosophie sera d'admirer avec David les œuvres de Dieu, et de m'étonner de ce que Cdui qui a fait de si grandes dioses s'abaisse jusqu'à faire attention

i. U DAiore, U conicience et Is BiMe^

[Il A\i:]

9fK saiûnr à un ret oomme mm. Mes lemèdes s^ont pmx de Dourriture, beaucoup déjeunes ; et ma jurisprudence sera de iaireàaiilnii oomme je désire qu'il me sait fol à moi-même. Si quelqu'un me demande queUe est ma tkéQlogi^ je ferai comme saint Thomas d'Aqmn montant, car moi aussi je vais Uentât mourir^ je prendrai la Bible et je dirai du coeur el de la bouche : a Je crois ce qâ est écrit dans ce lirre. > Si ïon veut une conlessiop defc» plus ^f^ieite, eh biestf je réciterai le symbole des apôtres {Credo)\ car je n'en connais pas de plus courte, de plus simple, de plus complète. Si Ton me demande mon formulaire de prière, je nommerai TOraison dominicale, attendu que personne ne peut donner un moyen lias puissant pour ouvrir le ceeur du Père que le Fils qui mL descendu du sein du Père. Enfin, si l'on me demande les règles de mia vie, j'indiquerai les dix commandenents; car personne ne paît mieux dire ce qui plaît i Bk» que Dieu luL-iBême.

c Je loue et j'exalte ta divine sagesse, 6 mon Sauveur, deee que tu ne m'as donné sur la terre ni patrie xû dei&eaie, ^ de ce qu'elle m'a été partout un lieu d'exil et de pèlerinage 1 Je ne saurai» dire avec Jacob: «Mes jours OBt été courts et n'ont pas atteint à l'âge de me& pères. » Car ta as fait que les miens ont été plus longs que ceux de mon père, de mon grand-père et de plusieurs milliers decrax qui ont traversé avec moi le désert de ce monda Ib sais pourquoi tu as ainsi prolongé mes jours... et je m'en remets à ta sainte volonté. Tu m'as^ en tout lieu, envoyé, comme au prophète EHie, un ange dans le désert leur me réconforter avec une bouchée de pain et un verre fean^ afin que je ne meure pas de faim et de soif. Tu n'as aussi préservé de la folie universelle d^ hommes, lui prennent ce qui est accidentel pour Tessentiel, le che*. Kon pour le but, la peine pour le repos, Taaile pour la demeure, le voyage pour la patrie ; mais moi, tu m'as conduit en Horeb, la montagne de ta sainteté; oui» to m*7 as entraîné 1 Que ton saint nom soit bénil »

En terminant la biographie de Gomènrus, M. Kellner < dit, et j'aime à le répéter après lui : « Aussi longtemps que le principe de renseignement intuitif conservera sa valeur, ausi longtemps qu'un caractère doux et un cœur pieux demeureront la plus belle parure de l'instituteur, aussi longtemps enfin que dans les écoles d'Allemagne on apprendra l'allemand et qu'on travaillera à une culture nationale allemande, aussi longtemps le souvenir d'Amos Goménius y vivra dans le cœur des amis de l'instruction.»

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