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Un maître ne doit jamais punir un enfant dans la colère

6. Un maître ne doit pas être de mauvaise humeur, mais corial et bon comme un père.

1. Quand, pendant la leçon, les enfants sont bruyants, le naître ne doit pas crier ou les frapper pour rëtabfir l'ordre et kflUenoe; il doit simplement se tenir tranquille, car plus il crie, plus il agite les enfants. Mais s*ii est tranquille, et que, SUIS s'agiter, il dise : ^entends du bruit, tel et tel parle trop haut, » tout , rentrera bientôt dans l'ordre. Alors il peut oonw mencer la lecture ou la continuer. Si le bruit recommence, il l'arrêtera, et rëtabtira le silence de la même manière.

8. On ne frappera pas un mëchant enfant avant de l'avoir repris au moins trois fbis.

%. On ne doit pas punir un enftnt arrant de lui avoir dëmontré qa*il ëtait coupable; autrement il pourrait croire qu'il est puni lij^ntMnent, et, au lieu de le corriger, on n'aurmt fait qu& dePaigrir.

10. Quand un enfknt s*e8t rendu coupable d'une faute, on peut Il lui fiire sentir en lui citant un passage qui la condamne. En voici quelques-uns dont on pourra faire usage :

Contre la dësobëissance : Enfants, obéisêet à vo^re père et à «olr0 a^ê dans ce qui e$t Mlon le Sei§Murj tmr cela est juOe (E^. ^). Ou bien : Obéiisex é vos cmdnctewrs et seyez'-lenr sotH wiù, tar Us eeillentpaur 90s âmes eomme devtmit en renêre compte ^éb. 13).

Contre les mauvaises plaisanteries et paroles dëslionnètes : OaVRMm» discours màthormête me sorts de votre bouche (Eph. 4); ni ftsroie fotkj ni plaisanterie (Eph. S).

Centre la mëchancetë et la malice : Le méchant tombera par « méèhancetê (Prov. il). La moHee fera mowir le mèchmt (ftW. 34).

Omtre les paroles ifijurieuies : Celui fui dira fou à son frère^ ^a puni du feu ^ la géhenne (Matt. %).

Contre la haine et la colère : Que lo«f» amerPeme, et colère, et «rrîtotîMi, et crierie, el médismee eeit'Ôtèeêu miUeu de vous, avec teuu msdiee (Bph. 4\.

Contre le manque de respect à l'égard des choses saintes * Quand tu entreras dans la maison de Dieu, prends garde à toi* pied, et approche^toi pour omr, et non pour donner le sacrifice des insensés (Ëccl. 4 ou 5). J2 j/ a une grande paix pour ceux qui aiment ta loi (Ps. 119, 165).

Contre le mépris de ses supérieurs ou de ses maîtres : Celui qui vous méprise, me méprise (Luc. 10, 16).

Contre les jurements : Ne jurez en aucune manière; mais què votre oui soit oui et votre non, non; car ce qui est de plus est mau* vais (Matt. 5, S4, 37).

Contre la profanation du nom de Dieu : Tu ne prendras point le nom de VEtemel, ton Dieu, en vain (Ex. 20).

Contre le mensonge : Ayant dépouillé le mensonge, parlez en vérité (Eph. 4, 25). La part des menteurs sera dans V étang de feu (Apo. 22, 8).

Contre le vol : Les larrons n'hériteront point le royaume de Dieu (I. Cor. 6, 10) et : Tw ne déroberas point.

Contre Torgueil et la vanité : Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles (I. Pier. 5, 5). Que les femmes soient vêtîtes avec pudeur et modestie (I. Tim. 2, 9).

11. On ne doit pas punir les enfants pour des fautes légères, inhérentes à leur ftge, telles, par exemple, que l'oubli d'un objet, un éclat de rire, un mouvement de vivacité: on doit simplement les engager à être plus soigneux ou à se tenir tranquilles.

12. Quand un enfant babille, on doit se borner à l'exhorter quelquefois. Si on remarque que cet enfant est enclin au babil* lage, on pourra le charger de la surveillance des babillards, ce qui lui ôtera l'occasion de parler. Enfin s'il ne voulait pas se laisser corriger par ces divers moyens^ on pourra l'envoyer s'asseoir dans un coin, à part.

13. Quoiqu'on doive exiger que les enfants suivent tous la lecture ou la leçon, il ne faut pas punir trop vite celui qui est distrait et qui ne peut continuer la lecture ou rappeler ce qui vient d'être dit. On se contentera de l'exhorter à être plus attentif; on pourra même ne rien lui dire, si l'on voit que sa distraction l'a rendu confus. S'il devait retomber plusieurs fois dans la inême faute, on le fera sortir des bancs et tenir debout, ce <pii éveillera suffisamment son attention.

14. Lorsqu'un maître remarque qu'un enfant s'amuse avec quelque objet, il ne doit pas d'abord le nommer; mais il dira

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dPme manière générale : « Je \(âs encore un enâmt qni s^amn* se, qui ne joint pos les mains, etc. » Avec de petits enfants svlont, il fetti user d'mie «prande pstiasce. Le maître fera Wen ma d'aller prendre tranqniUemenl l'objet q«i distrait et de le garder jusqu'à la in de l'heora

45. Un maître chrétten ddt prendre garde qull ne deyienne h cause de désordres qu'il doit punir. Cest ce qui a lieu^ lorsqtffl arrive trop tard à Técole, ou qull sort pendant la leçon, ou qirtl est mou et endormi : alors les entants profitent de ces occasions pour crier, faire du bruit ou se taquiner. Le maître, dsBS ces circonstances, ne punira qu'à la dernière extrémité.

46. 11 faut faire une difiFérence entre la pétulance et la médianes. Celle-là ne doit pas être punie comme celle-ci. Une première faute ne doit pas non plus être punie comme une seconde OQ une troisième. Dans aucun cas, la punition ne doit aller jusqu'à aigrir ou dépiter les enfknts.

4T. On ne doit pas injurier les enfants par des mots blessants^ tek que bête, âne, ignorant, imbécile, vagabond, vaurien. On n^ ddt pas non plus se moquer d'eux ou les tourner en ridicule. Tout cela est contraire à l'esprit du christianisme. Si on veut leur dire quelque chose, il faut choisir des termes vrais et propres à les rendre attentifs à leurs défauts, tels que méchant^ turbulent, désobéissant, paresseux, mais on ne doit pas aller au ddà, car on ne peut plus le faire avec amour.

48. Un maître doit s'abstenir aussi de comparer un enfanta un animal, par exemple à un ours, à un bœuf, ou à un grossier paysan, car ces comparaisons aigrissent les enfants et leur feraient le cœur.

19. Il ne faut pas non plus menacer trop souvent les enfants des châtiments de Dieu ou des peines de l'enfer, car on finirait pur les rendre indifférents. Il vaut mieux leur représenter le bonheur des enfants obéissants et pieux, et leur dire de prendr» gude de se priver de ce bonheur par leur propre faute.

5b0. On ne doit pas punir un enfant avant qu'il ait avoué stt &ate, lors même qu'il aurait un grand nombre d'accusateurs et qt'ott serait convaincu de sa culpabilité. S'il persévère dans la ■égalions on l'exhortera sérieusement à prœdre garde au men-»' so^pe et à la méchanceté, et on le hnssera aller.

tl. Un maître ne dmt pas recevoir de plaintes durant la leçon, / mMÀ» renvoyer les plaignants à la fin de l'heure. Si la chose est

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importante, ils la rappelleront; si c'est une bagatelle, comme «ela arrive souvent, ils Toublieront, et tout sera fini.

22. Quand un enfant accusé veut se défendre, le maître doit l'écouter avec bienveillance et s'informer exactement de Taffaire. S'il n'arrive à aucune certitude, il doit suspendre son jugement en attendant de nouveaux éclaircissements.

23. On ne doit jamais gronder un enfant par la raison qu'il a de la peine à comprendre ce que l'on enseigne. Si un enfant a la conception lente ou l'intelligence bornée, loin de s'impatienter avec lui, il faut redoubler de sollicitude à son égard et recommencer une ou deux fois l'explication. On ne punira en lui que la distraction et la paresse.

24. Les dimanches et jours de lete, on ne punira en aucun lieu que ce soit un enfant; on pourra seulement lui faire une réprimande, et, selon les circonstances, prendre note de sa faute pour le punir pendant la semaine.

25. Quand un enfant vient à l'école pour la première fois, le maître doit, autant que possible^ s'abstenir de punitions, afin de lui faire concevoir une haute idée de l'école. Et si ce nouvel enfant avait beaucoup de défauts, il le suportera patiemment durant trois à quatre semaines avant de le punir. Il se contentera de l'exhorter et de l'engager à suivre l'exemple des bons écoliers. Mais afin que les autres méchants enfants ne soient pas scandalisés de cette indulgence, on leur dira que ce nouvel écolier n'a pas encore été, comme eux, instruit de ses devoirs, et qu'on doit lui remettre la punition jusqu'à ce qu'il sache ce que la parole de Dieu exige de lui.

26. On ne doit jamais frapper un enfant à la tête, soit avec les mains, soit avec un livre^ soit avec quoi que ce soit ; car d'abord on blesse par là des sentiments délicats qu'il faut ménager, et ensuite il arrive souvent, surtout si les élèves sont sanguins ou colériques, qu'on les fait saigner du nez, ce qui exaspère les parents et les fait crier contre les instituteurs.

27. On ne doit pas non plus battre les enfantsavee une verge, an bâton ou avec le poing, attendu que cela est contraire à la discipline chrétienne.

28. On ne doit pas non plus les secouer en les prenant par le bras, ou leur tirer les cheveux, leur donner des chiquenaudes ou les frapper avec une règle sur les doigts. On peut cependant leur donner un coup dans la main, avec une règle plate, ou un coup de verge sur le dos, pourvu qu'on le fasse sans colère, et

ivec un sentiment de sollicitude paternelle. Mais on ne doit pas frapper jusqu'à blesser la main ou le dos.

é9. Un maître ne se permettra jamais de donner un coup de pied ou de frapper un enfant aux jambes.

30. Il est permis de fouetter un petit garçon méchant et revéche, mais seulement avec l'autorisation de l'inspecteur. On ne fouettera jamais une petite fille.

Si. On ne punira jamais un enfant en le mettant à genoux; ce serait profaner l'attitude que les chrétiens, par sentiment d'hu* siilité; prennent devant Dieu.

32. Il ne faut pas enfermer un enfant dans un lieu obscur, on le faire rester dans la classe jusqu'à la nuit, a cause du mal qu'on pourrait faire par ce moyen aux enfants peureux.

33. Quand un enfant revient à l'école après une longue absence, le maître ne doit pas le renvoyer, mais s'informer amicalement de la cause de son absence. S'il n'a pas été malade, il loi dira d'apporter la prochaine fois un billet de l'inspecteur, pour qu'il puisse être de nouveau reçu dans l'école.

34-35. Un maître doit s'appliquer à connaître le caractère des en&nts, afin qu'il ne traite pas les natures douces et délicates comme celles qui sont dures et grossières. Il faut aussi, dans les punitions, avoir égard à l'âge et à la constitution.

36. Si l'on doit éviter avec les enfants une trop grande sévérité, il faut prendre g^rde aussi de tomber dans l'excès contraire et de devenir le jouet de ses élèves.

37. On ne doit pas conduire un enfant coupable dans une aatre classe pour l'y réprimander ou le punir, parce que cela peut l'aigrir.

38. Un maître ne doit pas non plus aller dans une autre classe pour y punir un enfant qui s'est rendu coupable de quelque mtovaise action ; il doit simplement le dénoncer au maître dont il relève, et lui abandonner le soin de la punition.

39. Quand un enfant s'est mal comporté vis-à-vis d'un niaitre, celui-ci fera bien de ne pas le punir lui-même, afin de ne pas avoir l'air de se venger, et de remettre l'affaire à un . ttttre maître.

40. Quand la faute d'un enfant n'est pas connue de ses condis* ciples, il faut le réprimander ou le punir en particulier, car, par ce moyen, l'enfant reçoit volontiers sa punition^ promet de se corriger, et l'on évite le scandale.

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