PRÉFACE DE U PREMIÈRE ÉDITION
Le sujet traité dans cet ouvrage est par lui-mônw déjà une recommandation. Quoi de plus important, en effet, que l'art de l'éducation! Et quoi aussi de plus nécessaire, de plus indispensable, que de nous instruire des principes, des procédés, des expériences, des succès et des déceptions de ceux qui nous ont précédés dans la belle, mais difficile tâche d'élever l'homme I Si nous voulons faire des progrès sages et sûrs dans la pédagogie, il est de toute nécessité que nous prenions conseil de l'histoire. Aussi longtemps que nous la négligeons, nous tournons dans le cercle souvent stérile de l'empirisme, nous nous épuisons en essais peu fructueux, nous nous jetons dans des théories hasardées ou dangereuses. Après avoir lu cette histoire, il n'est pas de parent, pas d'instituteur, pas douleur écrivant pour la jeunesse et les écoles, qui n'envisage sa vocation d'un point de vue plus élevé, et ne s'oriente plus facilement au milieu des difficultés qui encombrent sa route. Il se sentira aussi plus indépendant, plus libre, plus fermo dans sa marche.
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Mais cette histoire est plus qa'un esposé des faits importants qui se sont passés dans le domaine de la pédagogie depuis les temps les plus reculés. Partisan du principe rationnel au moyen duquel Pestalozzî a transformé Fécole et réagi sur Tétat lOGÎal tout entier, j*ai «pprécié les faits de rhistmre d'après ee principe. Je crois fermement, avec Pestalozzi, que les proeèdés de Féducation et de IHnstmcUon doÎTent être appropriés à la nature physique, intellectuelle, morale et religieuse de reniant, et que cette appropriation ne peut sWectuer sans une connaissance approfondie de la nature et des lois qui président à son développement. Mais si j^ai la conviction que c'est dans cette voie qu'il nous faut marcher, cela ne m'a nullement empêché de reconnaître les errements de Técole allemande, d'apprécier hautement le génie oi^ganisateur et pratique des Français, et de rendre hommage à la supériorité des Anglais pour tout ce qm tient à l'éducation de la volonté et au développement du caractère.
Un 8ec<md élément, fort important, est venu s'ajouter aux principes pédagogiques qui m'ont dirigé dans la composition de cette histoire. Chargé de la direction d'un grand établissement, ayant beaucoup de leçons à donner et une nombreuse famille à élever, ce n'est pas dans le silence du cabinet que j'ai composé ce livre ; c'est dans le travail de l'école et au milieu du bruit de mes enfants, que je l'ai médité et écrit comme j'ai pu et quand j'ai pu. Si j'avais eu plus de loisir, il aurait sans doute gagné sous le rapport de la forme, mais je doute que leionds en fàt aussi bon. n n'y a rien comme la vie pratique pour mûrir le jugement et nous garder des fausses théories : elle m'a offert le moyen le plus sûr d'apprécier les princq^ et les procédés que j'avais à développer.
Enûn, je crois devoir ajouter qu'au-dessus de tous les principes et de toutes les expériences, je n'ai cessé de placer les saintes vérités du christianisme, en dehors desquelles l'éducation, comme la civilisation qui en découle, va se perdre dans les landes arides et souvent faniieuses du doute et du matérialisme.
Des principes pédagogiques rationnels et des principes chré« tiens rattachés à la vie pratique et s'harmonisent entre eux : voilà donc ce qui constitue l'esprit et le caractère particulier de ce livre, et le point de vue sous lequel j.'ai envisagé toutes les données de l'histoire. Mais ces données, je me hâte de le