‹ Histoire universelle de la pédagogieChapitre 51 sur 71 · DERNIÈRES ANNÉES DE PESTALOZZI · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES DE PESTALOZZI

Pestâlozzi n'avait eu qu'un enfant, un fils qui était mort en 1794, laissant un enfant non encore élevé. Ce petit-fils de Pestâlozzi était en possession de Neuhof, et c'est auprès de lui que se retira notre vieillard après la débâcle d'Yverdon.

Entre ses heures de travail (c'est là qu'il écrivit le Chant du Cygne et Mes Destinées] . le vieillard se plaisait à revoir

les champs et les forêts, témoins de ses rêves d'autrefois, et presque tous les jours il se rendait à Técole de Birr, où il se plaisait à enseigner TA B G aux plus jeunes écoliers.

Le 3 mai 1825, il assista à la réunion de la Société hel" vétique, à Schinznach. Touché de la confiance qu'on lui témoigna en le nommant président pour Tannée suivante, il porta au diner le toast suivant : « A la Société, qui ne brise pas le roseau froissé et n'éteint point le lumignon qui fume encoi*e I »

Le 21 juillet 1826, il visita avec Schmid le célèbre institut de Beuggen. n y fut reçu avec tout le respect dû à la vieillesse et au mérite. Un enfant de l'institut s'avança et déposa une couronne de chêne sur la tête du vieillard. Mais Pestalozzi ne voulut point la recevoir; il la prit et la posa sur la tête de l'enfant, en disant d'une voix émue : c Ce n'est pas à moi, c'est à l'innocence qu'appartient cette couronne. »

Quelques mois plus tard, un vil pamphlet dirigé contre Pestalozzi et ses étabUssements vint plonger notre vieillard dans d'horribles tourments intérieurs : ce fut son ooup de mort. « Mes souf&ances, lit-on sur une feuille écrite dans ses derniers jours, mes soufErances sont inexpdmablesl... Mourir n'est rien, mais voir descendre son (Bovre avec soi dans la tombe! ahl c'est épouvantable!..* lies pauvres! les pauvres opprimés, méprisés, repoussés !.• Mais celui qui a soin des passereaux ne vous oubliera pas ; il vous consolera, comme il ne m'oubliera pas non plus, et il me consolera aussi. »

Avant de mourir, il dit aux siens : « Je pardonne à mes ttinemis ; puissent-ils trouver la paix, maintenant que je nus entrer dans le repos éternel. Qant à vous, mes en- Imts, cherchez la paix et le bonheur dans le cercle tran-« ^pOle de la famille. »

Pestalozzi mourut à Brougg, le 17 février 1827, et fut enterré le 19 à Birr, auprès de la maison d'école, selon le désir qu'il en avait exprimé. Pendant dix-huit ans un Tîeux rosier a seul marqué la place où il repose. Ce n'est

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qu'en 1845 que le gonremement ffArgavie décida de lui ériger un monument convenable. Un an plus tard, on fonda à Neuhof une éo^e agricole destinée à finmer des régents pour les classes pauvres, suivant le désir qu'en avait eu Pestakuai en quittant Tveidon.

Coup 4*mil rétrospectif.

Après avoir lu ce qui précède, plusieurs «e demande* ront peut-être si Pestalozzi a bien mérité la r^utation dont il jouit dans te monde. Si Ton s'arrête à l'activité extérieure de Pestatozzi, à son enseignement, à ses établissements d'éducation, à son physique négligé comme ses œuvres, certes nous ne trouvons rien en lui d'extraordinaire, n n'est pas beaucoup d'instituteurs moins capables dB tenir -une classe. Mais Pestalozzi a jeté dans le monde des idées nouvelles et fécondes. A la culture superficielle et mécanique du dix-huitième siècle, qui ne feisait que drts$er rhomme, il a substitué une édiK^tson en harmonie avec les besoins et les lois de la nature humaine. C'était un travail immense, dans lequel tout ^ait à créer : du côté théorique, il fallait sonder l'âme humaine, découvrir ses besoins, surprendre les secrets éb son développement naturel; du côté pratique, il £adlait fcnder des établissements d'éducation, créer des mélhod^ d'enseignement, et faire des expériences propres à vérifier Texcellence des principes découverts par l'observation et la réflexion. Dans cette œuvre colossale, Pestalozzi est va pionnier qui s'avance sur une terre inconnue; il ne suit pas une route battue, il se fraye un chrarin. N'OTgeons donc pas de lui une marche trop assurée; ne lui repîo^ chons pas trop sévèrement ses obscurités et ses ég*^ xements; mais admirons son zèle, son activité, son génie créateur. Pestalozzi, le premier, a donné nn corps à l^Ue d'une culture naturelle ; le premier, il en a fait sortir un système, un monde entier ; U est le tronc de l'arbre pédagogique qui a poussé sur la place déblayée par Rousseau. En soumettant l'éducation aux lois de notre nature, il a

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rendu son œuvre indestructible, parce qu'elle repose sur une vérité éternelle.

Toutefois, ce n'est que dans son principe que nous pou- TOns adopter la pédagogie de Pestalozzi; dans son application, elle renferme des lacunes et des erreurs. Il s'est peu étendu sur la culture du cobwt et du UderU. Il n'est complet et profond que dans ce qui regarde Tintelligence. Qant à ses môthoded d'enseignement, elles n'étaient guère que des essais, et Ton n'en a conservé que l'esprit dans les ouvrages allenoands qui ont succédé à ceux de Pestalozzi et de ses collègues. L'^otseignement des éléments des iBathématiques fait ezoeption; malgré son caractère abs» trait, il était hien ooordiMiné et profondém^it psychologique. En gén^éral, il £aul s'inspira des principes de Pestalozzi pour enseigner et pour écrire des livres destinés aoz écolâs ; mais U ne &ui pas le suivre jusqu'à la lettre.

Pestalozzi était, comme on Ta vu, pédagc^e par philazEtliropie. n voyait dans le développement rationnel des âtcahés le salut de l'humanitô. On peul adanettre ce prin* ci^ mais à la condition ^'on place le Christ de r£van« gôe en tâte des objets qui servent d'exercice et, par 1& laâme, de moyens le dévd(9pement à nos diverses facoUés. Autrement, nous courons risque de tomber dans un naturalisme qui xhmis ôloign«!rait du but, au lieu de B0IU en ropprocber. Pestaloud n*a pas suffîsauàment OQunu et approfondi cette def de voûte, sans laquelle son édifice ne saurait se soutenir, mais retomberait sur luiatooe comme un tas de décoonlNres inutiles et embarrassantes. Espérons que notre temps, qui étudie sous tçmt de &oes différentes ia pcn^sonne du Sauveur, finira par lieirver la fdace et rimportanoe qui kii eont dues dant r^âîâoe pédagogique inauguré par Pei^ozzi.

PÉDAGOGIE ANGLAISE % 1. JLndré Bell et lioiepli lianeasfer,

Promoteurs de renseignement mutuel (Méthode Bell-Lancaster).

Pendant que Pestalozzi jetait en Suisse et en Allemagne les bases d'une culture rationnelle des facultés et d'un enseignement soumis aux lois qui président à leur dévelopment, André Bell et Joseph Lancaster organisaient, Tun en Angleterre, et l'autre en Amérique, renseignement dit mutuel. Cette phase dans le développement de l'école mérite que nous nous y arrêtions un instant.

L'enseignement mutuel, qui permet à un seul maître d'occuper un très-grand nombre d'enfants, en se faisant aider par ses élèves les plus distingués, a été connu et pratiqué avant l'apparition des deux pédagogues célèbres qui lui ont donné leurs noms. Le voyageur Délia Valle le trouva établi dans l'Inde vers 1623. L'Allemagne a eu des écoles organisées d'après ce principe. Nous l'avons vu mettre en pratique à Stanz par Pestalozzi. En France l'enseignement mutuel a été employé de 1747 à la Révolution, dans Y Hospice de la Miséricorde comme aussi dans ï Institut du chevalier Paulet^ à Paris. H était néanmoins réservé aux Anglais Bell et Lancaster, qui ignoraient probablement les essais faits ailleurs, de donner à cet enseignement une organisation pratique et une impulsion vigoo» reuse.

Le système de Bell et celui de Lancaster sont à pei près identiques ; ils ne diffèrent que dans des points d'nm importance secondaire. Les écoliers sont divisés en plusieurs groupes ou classes, placés sous la direction immédiate des élèves les plus avancés, qui leur apprennent à Kre, à écrire, à calculer, etc., comme ils l'ont appris eux-mômes du maître. Ces élèves-aides portent le nom de moniteurs. Chacun d'eux a ses élèves, une dizaine environ, assis sot

ete&QoaiE ANGLAm. ^ 349

im banc, on, comme le voulait Bell, rangés é&^^Cêmi-oerde deranllm, et debout Outre les moniteurs, il y a encore dans la dasse (fivers fonctionnaires : Tun est diargé de surveiller les moniteurs et leurs classes; un autre tient k registre socdaire, note les absences, les bons et les mauvais points ; un troisiëiie règle les odiiers^ distribue les ardoises, les modèles, etc., etc. Ce mécanisme mis en hnctioii dans nne vaste salle, ctmvenabl^iient distribuée, etr^^ par des mancBuvresbabilement combinées, accom^ ^ sans désordre et sans tr(qp de bruit toute la besogne sodaire que le maître a distribuée d*avance à ses monileuiB. Vu système sévère de peines et de réccHnpenses maintient les enfants sous une bonne discipline. Le maître, aemhlaWe au chef d'ime fabriqpie, surveille le tout et intervient dans les cas diiBciles. Il ne donne de leçons foi'auz moniteurs et aux jeunes aides gui veulent se consacrer à Tenseigiiemeat. Une grande école établie d'après cas priiicq>es, et dirigée par un maître habile, ofl^ certailament un des spectades les plus beaux et les plus imposants.

L'honneur d'avoir organisé le premier une école semblable revient à André Bell, eodésiastique anglais, né en 1752, à Saint-Andrews, en Ecosse. C'est à Egmore, près de Uadras (dans Tlnde), qu'il fit le prenûer essai de sa méthode dans un orphelinat placé sous sa direction. Bevenu en Angleterre, il publia à Londres, en 1797, un rapport sur sa méthode et dès l'année suivante on se mit i fonder des écoles d'après le système qu'il venait de faire connaître.

La même année, soit en 1798, Joseph Lancaster, né à Londres en 1778, ouvrait dasis sa viUe natale une école de fsuvres et découvrait les mêmes procédés que son compttrk^. L'école de Lancast^ ne tarda pas à prospérer, et çuÀqu'il se fût joint à la secte des Quakers dès l'an 1801 , il trouva des protecteurs jusque dans la famille royale. Le sèle qu'il déploya poiur avancer son œuvre lui fit fiaire de trop fortes dépens^ mais il fot aidé par Fox et And^sx,

qui se joignirent à lui et remirent Tordre dans ses finances. Dans les années 1810 et 1811, Lancaster parcourut le Royaume-Uni pour y provoquer la fondation d'écoles d'après son système. Malheureusement il perdit peu àpea, par sa faute, la confiance de ses amis et de ses protecteurs, et il épuisa totalement ses ressources par la création d'un grand établissement à Tooting, qu'il ne put achever. D'un autre côté, les ecclésiastiques anglicans voyaient d'un œil d'envie l'influence pédagogique du quaker Lancaster et ils se mirent à lui opposer Bell, qui s'était retiré à la campagne, et qu'ils engagèrent à fonder des écoles et à écrire des manuels d'enseignement. On le plaça aussi à la tête d'une société pédagogique, patronée par le roi d'Angleterre, et qui devait provoquer sur ime large échelle, la fondation de nouvelles écoles.

Abandonné de ses protecteurs, ruiné et humilié, Lancaster partit pour l'Amérique en 1820. Accueilli et protégé par £olivar, il fonda plusieurs écoles dans la Colombie. U se rendit ensuite à Trenton, dans les Etats-Unis. En 1828, il tomba dans une si grande pauvreté, qu'il dût recourir à la générosité des Américains. En 1833, nous le trouvons à Montréal, dans le Canada, vivant du travail de ses mains. Enfin, en 1838, ce célèbre pédagogue mourut à New- York, dans le plus grand dénûment. Quant à Bell, il laissa, à sa mort (28 janvier 1832), ime fortune de 120,000 1. sterL, qu'il avait léguée à différents établissements d'instruction.

Depuis 1814, on a fondé, dans presque tous les Etats de l'Europe et dans d'autres parties du monde, un nombre considérable d'écoles lancastriennes. Dy a une vingtaine d'années, on en comptait environ 15,000. C'est en Allemagne que ces écoles ont le moins prospéré, sans doQtd parce que l'instruction primaire y était déjà trop avancéeu n est évident qu'un moniteur ne saurait remplacer iza maître, et que ce serait reculer que de se contenter du premier quand on peut avoir le second. Mais quel biesi* Sût| dans un pays où il x a beaucoup d'enfants et peu

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4*instituteurs, qu'une méthode gui permet à un seul maître d'instruire des centaines d'enfants I Et quelle économie d'argent ! Voilà ce que les Allemands ont trop oublié dans leurs critiques de la méthode Bell-Lancaster. Au reste, on np manque et ne manquera jamais, dans aucun pays, d'écoles comptant un grand nombre d'enfants de différents âges et de différentes forces, que le maître n\ saurait tous occuper à la fois, et dans lesquelles l'enseignement mutuel, combiné avec celui du maître, sera toujours un bienfait. On devrait, plus qu'on ne le fait, perfectionner ce système mixte, qui répondrait cependant à tant de besoins, et, dans ce but, il serait bon qu'il y eût partout quelques écoles lancastriennes modèles, auxquelles les instituteurs primaires pussent emprunter ce qui conviendrait à leurs circonstances particulières. Combien n'y en a-t-il pas qui ne savent comment se tirer d*embarras, dans des écoles dont la direction est rendue difBcîle par le nombre, la différence d'âge et le sexe des enfants !

La méthode Beil-Lancaster a donné une physionomie t)Ute particulière aux écoles anglaises (Anglcterreet États- Unis). Les établissements d'éd)ication^ depuis Técole de village jusqu'au gymnase, n'ont souvent qu'unt grande salit pour toutes les classes, divisions ou groupes. On a perfectionné le système en remplaçant les moniteurs par des maîtres, et en séparant les divers groupes par des rideaux pour les récitations, ou en construisant auteur de la grande salit des cabinets» eu les diverses classes se rendent pour répéter leurs leçons. Mais le fond de renseignement a peu changé. L'enseignement simultané commence cependant à se répandre dans les èODles supérieures. Les tableaux et les manuels des élèves, fiûto avec le plus grand soin (comme Texige la nature de l'dDieignement mutuel), demeurent jusqu'ici la pierre lOBdamentale de l'enseignement, et le rôle du maître centinoe à être secondaire; il consiste essentiellement à donner des tâches et à faire réciter les leçons. Aussi s'aperçoitoa peu du changement de maîtres, aux Etats-Unis un

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grand nombre de noodnations ne se font gne pour la durée de Tannée scolaire* Nous reviendrons plus loin suc ce caractère original de la pédagogie anglaise * .

L'ouTsage le pins célèbre de Bell est son Ekme$its of tuition (1812)* De Lancaster on a : Jmprovema^ in educaUon (1803) et ths BrUish Syttem ofeéumUon (1810),

S 2. Hamllton,

Pendant que Bell et Lancaster s'occupaient avec taaÉI de succès de rorganisation des écoles anglaises, Hamilton, leur compatriote et leur contemporain, propageait avec éclat une nouvelle méthode pour l'enseignement de» langues.

Hamilton débuta comme commerçant. S*étant rendu à Hambourg en 1798, il s'y fit donner des leçons de françab par un émigré nommé Angély, sous la condition qu'il le dispenserait de la grammaire, attendu qu'il avait asseï* d'autres choses dans la tête. Angély, dans sa preHuèse leçon, lui traduisit mot à mot ime petite anecdote allemande, et lui fit répéter cet exercice. Au bout de douze leçons, Hamilton fut en état de lire un ouvrage fiacilfi. c Voilà, dit-il, l'origine de ma nrëthode; mais aloirs je songeais aussi peu à devenir maître de langues que je pense aujourd'hui à apprendre à voler. »

Des revers qu'il essuya dans son commerce engagèrent Hamilton à partir pour l'Amérique. Il arriva à New-Toik en 1815, et se mit tout de suite à donner des leçons de français, qu'il se faisait payer à raison d'un dollar par heure et par élève. La première année, il rassembla déjà

t. Les écoles du âimanche arec groupes d'enfants et moniteiirs (ov toonitrices) sont tout simplement une appHcalioii de la métkode Irienne à l'enseignement rdigieux. Ihots sa méthode», ïtaneastftr une grande importance à Faction que les élèves exercent le& wa» les autres (les moniteurs sur les groupes et les groupes suc le» leurs] et ce principe est encore Tun de ceux qui recommandent le ifists m penseur chrétien Fapplieatîon de la méthode lancastrienne aux da dimancbe»

?0 élèves. Hamilton professa ensuite à Philadelphie, à Baltimore et dans d'autres villes, avec un succès croissant. En 1823, il revint en Angleterre, où il annonça avec grand bruit qu'en quelques semaines il pouvait faire apprendre le grec, le latin, le français, l'italien et l'allemand à det élèves qui n'avaient encore aucune notion de ces langues. Dans l'espace de dix-huit mois, il eut 600 élèves. Sa ré putation devint extraordinaire. Hamilton mourut en 1831, après avoir enseigné dans plusieurs villes de l'Angleterre, de l'Ecosse et de l'Irlande.

Voici maintenant les procédés particuliers de la méthode Hamilton, et les principes sur lesquels elle s'appuyait :

Hamilton mettait d'abord entre les mains de ses élèves un ouvrage écrit dans la langue qu'ils devaient apprendre, ordinairement ÏEvangile selon saint Jean^ afin de les mettre d'emblée en rapport avec cette langue; puis il commençait à leur traduire mot à mot le texte original, exercice qu'ils devaient répéter après lui. C'était un prêter cours. Dans deux autres cours, on traitait de la même manière d'autres livres du Nouveau Testament. Dans le troisième, il passait à la grammaire. Les élèves devaient apprendre à conjuguer les verbes réguliers et une douzaine de verbes irréguliers d'un usage habituel. Enfin, il faisait traduire ÏEvangile selon saint Jean d'anglais (Fidiome de ses élèves) en français, ou dans toute aatre langue qu'il enseignait. Cette traduction, faite de rire voix et par écrit, devait être correcte. Après six ou \sD% exercices, les élèves étaient censés parler et écrire sans fautes, c On continue ainsi, dit Hamilton, à traduire ealrançais le Testament anglais, jusqu'à ce que les élèves n'dent plus besoin du secours du maître. Alors on leur doDne chaque jour une composition, soit une lettre fami' litre, soit une lettre d'affaire, soit une narration, jusqu'à €0 que le style ne renferme plus d'anglicismes, ce qui est le point le plus difficile et qu'on n'obtient que peu à peu par des lectures assidues. »

354 HISTOIHE ^ LA VÈDA6QGIE*

Dans renseignement du latini Hamilton procédait de It manière suivante : Il lisait et traduisait, comme nous lavons dit plus haut, YEvangUt selon sainl Jean. Il consacrait trois heures à la traduction du premier chapitra. Dans la quatrième heure» il traduisait déjà 50 à 70 versets. « Dans la dixième leçon, dit Hamilton, la classe trar duit déjà en entier, et sans peine, ÏEviangiU selon saisA Jean. »

Dans le second cours, qui comprenait aussi dix leçons, il faisait lire un Epitome Historié sacrx^ expliquait les déclinaisons et conjugaisons, et remettait à s^ élèves une grammaire qu'il avait fait imprimer, mais sans la leur faire apprendre par cœur, car il était, comme Ratich, ennemi des exercices purement mnémoniques. Dans le troisième cours, il faisait de la syntaxe en lisant CorneUus Nepos. Dans le quatrième, il faisait lire César; dans le cinquième, Virgile^ et dans le sixième, Horace. Tous ces autairs, Horace excepté, étaient lus avec traduction interlinôaîre. Hamilton faisait lire treize volumes dans Tespace de six mois.

c Cinq à six mois d'attention soutenue de la pari des élèves et du maître, dit Hamilton, sufBsent pour apprendre autant de latin qu*on en apprend en cinq ou six ans par les procédés ordinaires. Arrivés à ce poini, ks élèves peuvent faire des compositions latines, et, en dix leçons, ils ont fait autant de ch^nin que ceux qui écriv^ot des rames de papier en suivant Tandenne méthode. »

Telle est la méthode Hamilton, qui a fait tant delïrmt pendant quelques années, et qui, aujourd'hui, est i ^m près abandonnée. Hamilton, comme beaucoup de ]iavft« teurs, avait une eonfiance sans borne en ses proeMte; et cette confiance, jointe au zèle et à Texaltation qa!!l£a entretenait, a pu produire de grands résultats. Je sidère néanmoins comme mérité, en partie, rout^ lequel eUe est tombée. La méthode Hamilton me pmmtf être un ejqpédient ingénieux pour enseigner en pea de temps à comprendre et à parler plus ou moixis conecta-

PteAGoem ANGLAisB. 355

IDont une langue étrangère. Ce résultat suffisait aa plus grand nombre des élèves d'Hamilton, a^artenant à la dasae des industriels et des marchands. Mais ce qui suffit à un voyageur, à un garçcm d'auberge ou de magasin, à on colon, ne suffit pas à un jeune hmmne qm. fait des études, dans un collège, par emnple. Non-seulement celui* d a besoin de comprendre et de pouvoir faire usage des langues q[u'on lui enseigne, mais il faut encore que son esprit soit cultivé par le moyen de ces langues. Ce second bat est même le plus important quand il s'agit des langues mortes, et en particulier du latin. Voilà ce qu'Hamilton n'a pas compris : il n'a considéré que le côté pratique et Biercantile des langues.

I a. Xm écolM ei l'édncatloM cm Asf lelerre.

Bobert Raikes, né en 1735, mort en 1811, doit être considéré comme le promoteur des écoles primaires en Ânj^eterre. A la vérité, il ne fonda que des écoles du diman* die, d'un caractère exclusivement religi^ix; mais ces écoles flr^it bient^ sentir le besoin d'une instruction plus générale, et préparerait le terrain à Bell ^ à Lancastre, qni parurent à point nommé pour donner satisfaction lai Iiescân qu'elles avaient fait naître.

L'école primaire, préparée par Raikes, organisée par BbQ et Lancastre, ne tarda pas à se développer. En 1833, CBi comptait déjà 1 écolier sur 11 âmes de population. Bt tet ce cbemin avait été parcouru sans la coopération du gpavemement. Jusqu'en 1870, ce sont les diverses églises et les particuliers qui eut fondé et entretenu toutes le ^uHnàê^Le peuple anglais est trop jaloux de ses libertés pour wnettre entre les mains du gouvernement le monopole da Teaseignement. Il craindrait son influence dans un asw ou dans im autre. Néanmoins le gouvernement sMntinsse de plus en plus aux écoles par des subsides et dit lais destinées à répandre l'instruction. Bn 1832 le parlement vota^ pour la première fols, la somme de

500^000 fr. pour encourager Tinstruction primaire. En 1856, il créa le département de l'instruction. Ce département se borna à encourager et à régulariser le travail des sociétés et des particuliers. En 1870 paruf VElementary Education Act^ en vertu duquel un comiU scolaire fut créé daps chaque district, où il n'était pas suf' fisamment satisfait aux besoins de Tinstruction pri-^ maire. Ce comité reçut la qualité de personne civile pour acquérir^ recevoir des donations et gérer des propriétés immobilières ; il fut aussi revêtu d'un droit étendu pour prendre telles résolutions quMl jugerait nécessaires pour ouvrir, organiser et diriger des écoles. Le comité scolaire de Londres avait à pourvoir à l'instruction de 1 50,000 enfants qui ne fréquentaient aucune école. En cinq années il a construit 13i maisons d'école, pouvant contenir environ 110,000 enfants. La même activité ^est produite dans les divers districts où des besoins d'instruction se faisaient sentir. Les écoles fondées par les comités scolaires en vertu de la loi de 1870 sont entretenu?»», gtt une subvention de TEtat, par une contribution scolaire perçue dans les divers districts scolaires et par une finance scolaire payée par les enfants, k Londres les enfants pauvres paient un penny^ environ dix centimes, par semaine. Les autres de deux à six. On tient en Augleterre à la non-gratuité de l'enseignement, parce que Ton apprécie mieux ce que Ton paie que ce qu'on reçois gratuitement. Il est entendu que les enfants qui ne peuvent rien payer sont reçus gratuitement dans Técole publique. Mais les plus pauvres mêmes ont à cœur de payer leur penny.

En 1876, Tact! vite des comités scolaires avait fait asses de progrès pour que dans un temps rapproché tous les enfants pussent fréquenter une école, et une nouvelle lot a rendu l'enseignement primaire obligatoire pour tous les enfants âgés de cinq à quatorze ans. Après l'âge dm dix ans des dispenses de fréquentation peuvent être ao^ cordées aux enfants qui ont suivi les écoles régulier lament jusqu'à cet âge. Les enfants peuvent d'ailleurs

PÉDAQOOnS ANCOJJiB» 357

Mqueiiter Técole gui a la préférenee de leurs parents.

^ loi de 1876 ordonne aussi la création à* écoles industriêUet pour les enfants qui ne sont pas suffisamment occupés à la maison» Dans ces écoles ils trouvent des oocfupaUons nouyeUes à c6t6 de llnstruction. Ils y praintnt aussi un ou jdusieurs repas. Les petits yagabonds sont contraints d'entrer dans ces écoles*

L'enseignemtnt religieux n'est pas exclu des programmes. Toutefois aiicun enfant n'est obligé de le receifir, si les parents demandent qu'il en soit dispensé, c Les Anglais, de toute opinion et de tout parti, dit M. Leroy- Bsirnliea ^ sont beaucoup trop libéraux pour rêver la lÊtebé de l'instruction dans le sens où l'entendent cartmttê ptnoanes chez nous. Il ne viendra jamais à Tes* jsH d'un ^groupe coBsidârable en Angleterre de vouloir former les' écoles religieuses. »

Jusqu'au milieu de ee siëde, l'Angleterre n'a pas eu de cstpe «dseignant primaire. On prenait, peur tenir les éoiies^des hommes ou des femmes sans cidture spéciale, 80QV<^Eit hors d'état d'exercer une autre vocation. J. K. Sefauttleworth et G. Tufbell fondèrent en 1840, à Battsnea^ près de Londres, la première école normale du Boyanme-Uni. Cette institution passa quatre ans plus tud sous la direction de la SocUti nationale (National sckool Society), laquelle ouvrit enc(Hre deux autres étal)ttMementsanaiogues,run pour former des instituteurs, elFautre pour des institutrices. Jusqu'en 1860, 45 écoles nonoales furent fondées par diverses églises et sociétés isiigieases ; 36 en Angleterre et 9 en Ecosse. Dans le piemier de ces pays, elles portent le nom de Training Sriiêoli (écoles pédagogiques), et dans le second, celui de Ihmuil Schoots. Aujourd'hui TAngleterre (avec l'Ecosse el llrlancte) compte de 60 à 70 écoles normales. Toutes libres. Celles qui se soumettent aux lois et règlerelaUfis à la formation des instituteurs reçoivent ue subvention du gouvernement sous forme de bourses aeecffdées aux élèves maîtres,

t. Bt9u$ pédàgogiqm. 1878.

358 HISTOIRI DB LA PÉDAGOGIB.

Les élèves des écoles normales sont ordinairement recrutés parmi les moniteurs ou sous-maltres des diverses écoles primaires. Plusieurs ont en8ei|;né depuis rage de treize jusqu'à Tâge de dix-huit ans avant d'entrer dans Fécole normale. Pendant ce stage Taspirant instituteur porte le nom de Papil Teacher et reçoit déjà une bourse de TEtat.

L'instruction secondaire est très répandue en Angleterre. Elle possède un grand nombre d'écoles professionnelles, scientifiques et littéraires {Grammar Schook). Toutes ces écoles sont indépendantes.

L'Angleterre possède des établissemeats supérieurs pour l'armée et la marine et plusieurs universités* Les plus célèbres sont celles d'Oxford, de Cambridge et de Dublin. Viennent ensuite celles d'Edimbourg, de Londres, de Durham, de Glascow, d'Abcerden, etc. Les universités d'Oxford et de Cambridge se distinguent par leurs Collèges et Halls, grandes pensions où les étudiants nobles et riches sont logés d'après leur rang et leur fortune. Un nobleman, par exemple^ doit avoir toute une série de chambres confortables et de la place pour ses chevaux et ses voitures. Oxford a 19 Collèges et 5 HaUs^ et Cambridge 17 Collèges et Halls. Les autres étudiants sont réunis dans un établissement appelé the Foundation. Les universités sont généralement caractérisées par la prédominance des études théologiques. Les étudiants de toutes les facultés doivent subir un examen sur les saintes Ecritures, la dogmatique, et les litterœ humaniores. Dans Tuniversité anglaise, la culture morale et nationale a le pas sur la culture scientifique.

Ce dernier trait est du reste commun à toutes les éeoles. Eq Angleterre, on tient beaucoup à l'éducation ; Tinstruction ne vient qu'en seconde ligne. On y fait encore un usage fréquent de la verge. Jai lu, par exemple, que sur le Britannia, vaisseau anglais avec un établissemeat pour former des officiers de marine, on couche sur an banc l'élève qui a juré ou menti, et on lui fait donner par un sergent uoe vingtaine de coups de verge. A la réâ*

PÉDAGOGIB ANGLAISE. 359

iive, relève en faute est expulsé. Malgré cette sévérité contre les fautes d'un caractère bas et grossier, les enfants anglais jouissent d'une liberté que^sur le continent, l'on trouverait excessive. Mais par cette liberté qu'on leur accorde, par les égards qu'on leur témoigne, on leur inculque un sentiment profond de dignité personnelle et de responsabilité morale, et l'on forme ces caractères fermes et indépendants qu'on ne rencontre plus guère qu'en Angleterre.

Mais ce qui soutient essentiellement le caractère éducatif des écoles anglaises, ce n'est pas uniquement ce mélange de sévérité et de liberté dont je viens de parler, c'est avant tout la vie de famille. L'Anglais aime sa famille et se tient volontiers au milieu des siens. Les plus tendres affections unissent souvent parents et enfants, et la manière dont ceux-ci sont traités à l'école et dans le public n'est que le reflet de tout ce qui se fait pour eux sous le toit paternel. Cette belle vie de famille, riche en fruits excellents, est protégée et développée par les mœurs, généralement sévères^ et par les institutions nationales et religieuses. Qu'on songe seulement à l'inâoence qu'exerce la sanctification du dimanche. Comme, ce jour-là^ toutes les affaires sont arrêtées et qu'il n'y a pour ainsi dire que les temples d'ouverts^ l'Anglais passe tout son dimanche en famille.

L'instruction et les méthodes d'enseignement sont encore en retard en Angleterre, mais l'éducation y présente des qualités incontestables pour développer le caractère et les bonnes mœurs. On ne doit pas d'ailleurs juger simplement les écoles d'un pays par les résultats scientifiques qu'on y obtient; il faut encore considérer l'impulsion que donne aux jeunes gens le système d'éducation sous lequel ils sont élevés. Or, sous ce rapport, le système anglais, que nous retrouverons aux États-Unis, quoique profondément modifié, pourrait bien appartenir aux plus excellents. Dans aucun pays le jeune homme ne se jette avec plus d'ardeur et de succès dans la carrière qu'il a embrassée^ tandis qu'ailleurs les jeunes gens sem-

blent avoir épolBé leurs forces dans les études et ne fixât plus guère que végéter ensuite dans la profession qu'ils dioisissent. Ce serait, en particulier, le]^nomène qu'offrirait FÂUemagne, à en juger par les paroles suivantes du prince des savants, d'Alexandre de Humboldt, paroles que je crois devoir rapprodier de ce que je viens de dire de Téducation anglaise, — msdssans les prendre soui ma responsabilité.

« n est bien difBlcile aujourd'hui, dit l'auteur du Cos-mos, de faire du jeune homme un individu capable ; Tindépendance de la pensée et la fermeté du caractère sont devenues presque impossibles avec notre système d'études. J'ai souvent entendu se plaindre que, parmi' nos employés ou fonctionnaires, on trouvait bien des travailleurs instruits, mais peu de personnalités bien trempées et proi»*es à la directicm des afCadres. Ce que j'ai lu quelque part, que notre culture scolaire est un lit de Procuste, n'est que trop vrai. On too^ tout ce ^pii est trop long, et Ton étire jusqu'à la longueur voulue œ qui est trop court. L'ancien système d'études avait iàm aussi ses défectuosités, mais il était plus conforme à la nature ; il permettait au moins à i'indiTÎdu de se développer suivant ses aptitudes et ses besoins. A l'âge de 18 ans, je ne savais presque rien et mes maîtres ae pensaient pas qu'on pt!rt fme grand' chose de moi. Et pourtant cela n'a pas trop mal tourné. Si j'étais tendié entre les mains de la culture actuelle, elle n'aurait pas manqué de me ruiner corps et âme.

» On dit proverbialement que trop de cuisiniers gâtent la bouillie. Chaque professeur a sa branche particulière, et il regarde comme son devoir le plus sacré de faire un virtuose de chacun de ses élèves, sans nul égard pour les autres branches; il agit comme si les élèves n'étaient là que pour devenir maîtres dans celle qu*il ^iseigne. L'élève bien doué résiste à ce. régime : il bourre son intelligence, mais aux dépens de son cœur et de son caractère. U s'enorgueillit, il s'enfle de la va-

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peur sdentiflque qu'il aspire ; mais le plus souvent il demeure sans aptitude pour la vie pratique. Onant à l'élève médiocre, il est aussi étourdi de tout ce qu'il entend que si une roue de moulin lui tournait dans la tête. Au lieu de devenir plus intelligent, il devient de jour en jour plus stupide. On pourrait comparer cette méthode d'éducation à celle que l'on suit pour engraisser les oies : il se forme bien de la graisse, mais non une chair ferme et solide. Quant à de l'accroissement, il n'en est pas question. Une grande satisfaction de soi-même, une suffisance qui porte à juger de tout, sont les fruits ordinaires de cette éducation, comme les traits distinctifs de notre jeunesse. La fraîcheur d'esprit absolument nécessaire pour les études universitaires, se perd entièrement dans ce système forcé. Les jeunes intelligences sont comme des boutons de fleurs que l'on aurait plongés dans l'eau bouillante : elles ont perdu leur force vitale dans le chaudron fumant de la moderne éducation. Que de fois j'ai entendu des professeurs d'université se plaindre de cet affaibhssement des forces de l'inteUigence ! Plusieurs fois j'ai entretenu de ce sujet des personnages haut placés, qui auraient pu opérer des changements utiles dans notre système d'études ; tous étaient d'accord avec moi pour déplorer le mal que je signalais; mais jusqu'ici aucun remède n'a encore été employé pour le combattre; on ne peut pas chez nous mentir à ce proverbe que j'ai lu quelque part : En Allemagne, il faut deux siècles pour se défaire d'un« stupidité, savoir, im pour la connaître, et un pour la mettre de côté. »

S 4. £tato-UBls.— ImporlABce de l'école dans PUbIom

amériealn««

Dans aucun pays du monde l'école n'occupe une aussi large place dans les institutions et la vie publique qu'aux Etatg-Unis. L'école est, pour ainsi dire^ la pierre angu-

laire de cette grande r^ubUgue. La première pemtée des colons qui abordèrent en 1619 sur les côtes de laNoureile- Angleterre « fut, dit M. Fisch^, pour les jeunes enfants qu'ils avaient amenés sur cette terre encore peuplée de féroces Indiens. Es comprirent que leur établissement no pouvait échapper aux dangers de toute sorte dont il étant assailli, s'ils n'élevaient pas une génération vigoureuse. Instruite et éclairée. •

Vingt -huit ans plus tard, une loi votée par la Cour générale du Massachussetts porte ce qui suit : « Gomme » le but essentiel de ce vieux trompeur, Satan, est tou- » jours de détourner les hommes de la connaissance des 9 Ecritures. . et comme cette sainte étude ne doit pas, » Dieu aidant, rester ensevelie dans les tombeaux de nos » pères, il est décrété par cette Cour que toute commune » de plus de cinquante feux devra commettre quelqu'un > pour apprendre aux enfants à lire et à écrire. »

« Instruisez le peuple ! fut le premier conseil donné par William Penn, au nouvel Etat qu'il avait organisé, à la Pensylvanie (1681), dont la constitution est devenue le modèle de celle de FUnion. Instruisez le peuple! fut la dernière recommandation de Washington à la république. Instruisez le peuple! était l'incessante recommandation de Jefferson^ »

La sollicitude du peuple américain pour l'école Ta porté aussi à lui assurer des ressources matérielles sufllsantes. Le gouvernement fédéral consacre d'abord aux fonds d'écoles une partie des terrains qui appartiennent ^ rUnion. Les Etats doivent ensuite augmenter ce fonds par des dotations immobilières. Les terres affectées à Tentretien des écoles dépassent en étendue la surface de Ist France. « Le budget de l'enseignement, dît M. Fiflch, passe avant tous les autres. Dans quelques Etats^

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