INTRODUCTION
La vie des êtres organisés, depuis la plante jusqu'à rhomme, se manifeste par un développement graduel, par un déploiement de forces et de facultés inhérentes à leur nature. Favoriser et diriger, à Taide de règles et de moyens extérieurs, ce déploiement de la vie intérieure des individus, c'est ce qtd s'appelle élever. La nature s'est cliargêe du soin d'élever entièrement les jeunes plantes et la plupart des animaux des classes inférieures, toutefois sans défendre à- Thonmie de lui prêter son concours ou de lui servir d'auxiliaire; c'est ainsi que le Jardinier, que l'agriculteur, que l'éleveur d'abeilles, de bestiaux et d'autres animaux, prêtent à la nature un concours efficace dans un très-grand nombre de cas. Quant aux animaux des classes supérieures, la nature s'est déchargée sur eux d'une partie des soins qu'exigent les petits, et, pour cela, elle leur a donné un instinct qui leur apprend à les aimer, à les nourrir, à les protéger. Qui ne connaît la tendre sollicitude des oiseaux et des quadrupèdes pour leurs petits ! Et l'on peut dire de toutes les espèces qu'elles réussissent parÊdtement dans l'œuvre d'éducation dont les a chargées la Providence : aucune ne dégénère, toutes conservent
fldèloment les traits généraux et particuliers propres à cbacunes d'elles. ,
Si ded ainmaux. le» plus intelligents nous passons à rhomme, nous trouTOiK que la natufê Soi a r^nis une partie considérable de Téducation de son espèce. Aucun animal ne naît aussi faible que rhomme et n'exige autant de soins physiques. Puis il a une âme que la nature peut bien développer jusqu'à un c^tam point, mais non conduire sur la voie du développement indéfini. Pour élever l'homme dans te ^o^o^ine de l'infini auquel il tend, il a besoin de soins multipliés et^méme de l'action directe de l'Esprit de Dieu. Si, à ces considérations sur l'étendue des soins pédagogiques que réclame l'homme, on ajoute encore celle qu'il est une créature déchue et aveuglée par le péché, on comprendra pourquoi l'éducation a été défectueuse dans tous les temps et chez tous les peuples, et pourquoi elle a tant de peine, même sous l'inôuence du christianisme, à trouver la voie la plus en harmonie avec les besoins de Thomme et la volonté immuable du Créateur.
Bans cette Histoire universelle de la pédagogie, nous chercherons, avant toute chose, à nous instruire des moyens d'éducation les plus propres à nous faire atteindre notre haute destinée. Mais ne l'oublions pas, c'est à l'école de l'histoire que nous entrons ; le bien et le mal vont s'étaler à nos yeux; nous devrons apprécier et juger. Puissions-nous tous faire une sage application de œ précepte de l'Apôlre : Eprouvez toutes choses ^ retenez ce qui est bon.
Nous commencerons par les peuples placés en dehors de l'influence de la religion révélée; nous passerons ensuite aux Juifs et aux peuples chrétiens, en nous arrêtant spécialement à la vie et aux principes des hommes qui ont le plus marqué dans le champ de l'éducation*
Mais ce champ est si vaste qu'avant d'y hasarder nos pas, nous devons commencer par le restreindre. En effet, la pédagogie,dans son sens général, embrasse toute la vie des peuples, car tout dans la société influe sur le dôvelop-