‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 175 sur 265 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

VALERE

Tout hors d'haleine il prend pourtant sa place, Et redouble1 bientôt la victoire d'Horace : Son courage sans force est un débile appui ; 1125

Voulant venger son frère, il tombe auprès de lui2. L'air résonne des cris qu'au ciel chacun envoie ; Albe en jette d'angoisse, et les Romains de joie.

Gomme notre héros se voit près d'achever3, C'est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver : 1130 « J'en4 viens d'immoler deux aux mânes de mes frères ; Home aura le dernier de mes trois adversaires, C'est à ses intérêts que je vais l'immoler », Dit-il ; et tout d'un temps5 on le voit y6 voler. La victoire entr'eux deux n'était pas incertaine ; 1135

L'Albain percé de coups ne se traînait qu'à7 peine, Et, comme une victime aux marches de l'autel, Il semblait présenter sa gorge au coup mortel: Aussi le reçoit-il, peu s'en faut, sans défense8, Et son trépas de Rome établit la puissance9. 1 1 40

1. Cette expression est probablement inspirée à Corneille par le mot de Tite-Live : geminata Victoria.

2. « Alors par une clameur telle qu'on en pousse en un triomphe inespéré, les Romains encouragent leur guerrier : il se hâte de terminer le combat ; et avant que le dernier des Curiaces, qui n'était pas éloigné, puisse l'atteindre, il achève le second. » (Tite-Live.)

Corneille a reporté, après la mort du second Curiace, les cris de joie des Romains.

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