A peine = avec peine
8. «Ainsi ils restaient un contre un, égaux en nombre, mais non en espoir, ni en forces. L'un, son corps intact de toute blessure, et sa double victoire, le rendaient ardent pour un troisième combat; l'autre, traînant un corps épuisé par sa blessure, épuisé par sa course, et vaincu d'avance par la mort de ses frères, s'offre à l'ennemi vainqueur. Et ce ne fut point un combat. Le Romain exultant de joie s'écrie :
«. J'en ai immolé deux aux mânes de « mes frères : c'est à la cause de cette «. guerre, afin que Rome soit maîtresse <( d'Albe, que je l'immolerai. »
« L'Albain soutenait à peine ses armes ; il lui plonge son glaive dans la gorge, le terrasse et le dépouille. » (Tite-Live.)
Comme on le voit, Corneille a placé le discours d'Horace avant la comparaison des deux guerriers, au rebours de Tite-Live, et cette comparaison amène, tout naturellement, la défaite facile du dernier Curiace.
* Comparer le récit de Tite- Live et le récit de Corneille.
9. C'est encore ce mot de Rome qui résonne, comme un bref son de fanfare, à la fin du récit de Valère.
Il*
LE VIEIL HORACE
o mou lils ! ô ma joie ! ô L'honneur de nos' jours1'!
O d'un Etat penchant3 L'inespéré secours4 !
Vertu digne de Rome, et sang digne d'Horace!
Appui de ton pays, et gloire de ta race;> !
Quand pourrai-je étouffer dans tes embrassements 6 114λ
L'erreur dont j'ai tonne7 de si faux sentiments?
Quand pourra mon amour baigner avec tendresse
Ton front victorieux de larmes d'allégresse8?
VALÈRE
Vos caresses bientôt pourront se déployer9 :
Le Roi dans un moment vous le va10 renvoyer, 1150
Et remet à demain la pompe qu'il prépare11
D'un sacrifice aux Dieux pour un bonheur si rare ;
Aujourd'hui seulement on s'acquitte vers eux a
Par des chants de victoire et par de simples vœux.
C'est où13 le lloi le mène, et tandis M il m'envoie 1155
l'aire otlice vers vous de douleur et de joie15 ;
Mais cet otlice encor n'est pas assez pour lui ;
l. Remarquer le possessif du pluriel nos. qui agrandit encore
la gloire d'Horace.
i. Explosion de tendresse paternelle d'autant plus forte qu'elle n'a plus lieu de se conl raindre,
et que le vieil Horace a a se reprocher ses soupçons vis-à-vis de -on lil-. En tenanl compte des différences, le vers est coupé par ces trois exclamations de la même façon <pie le vers -2i>7 du Cid :
V mon fil- ! viens mon sang '. viens [réparer ma honte.
3. Penchant = chancelant. Mot lr«s Bimple cl qui l'ail image.
'(. O ii'c-t pas tout a l'ail une
inversion, mais L'habitude de
iiicttrc l'épi thè te avant le nom.
RÈGLE : La grecque beauté, v. 126, n.
Mont rer que dans ces apostrophes de tendresse, il y a toujours le- deux côtés : le pays et i.i famille.