EXAMEN
(Edition de 1660, revue en ltix>)
C'est une croyance assez générale « pi«- cri te pièce pourrait passer pour la plus belle des miennes, si les derniers actes répondaienl aux premiers. Tous veulent que la mort de Camille en gâte la lin. et j'en demeure d'accord ; mais je ne ^,iU >i tous en savent la raison. On L'attribue communément ;'i ce qu'on voit cette mort sur la scène; ce qui serait plutôt la l'aule de L'actrice que la mienne, parce que, quand elle voit son frère mettre L'épée à la main, la frayeur, si naturelle au sexe1, lui doit faire prendre la fuite, et recevoir le coup derrière Le théâtre, comme je le marque dans cette impression2. D'ailleurs, si c'est une règle de ne le point ensanglanter, elle n'est pas du temps d'Aristote, qui nous apprend que pour émouvoir puissamment il faut de grands déplaisir.^1, des blessures et des morts en spectacle. Horace ne \eiil pas que nous y hasardions les événements trop dénaturés, comme de Médée, qui tue ses enfant.-. ' ; mais je ne vois pas qu'il en fasse une règle générale pour toutes sortes «le morts, ni que L'emportement d'un homme passionne pour sa patrie, contre une sœur qui la maudit en sa présence avec des imprécations horribles, soit de même nature que la cruauté de cette unie. Sénèque 1 5 expose aux yeux du peuple, en dépit d'Horace; et chez Sophocle. Ajax ne se cache point au spectateur Lorsqu'il se Lue. L'adoucissement (pic j'apporte dans Le second de ces discours pour rectifier la mort de Clytemnestre6 ne peut être propre ici a clic de Camille. Quand elle s'enferrerait d'elle-même par désespoir en voyant son frère l'épée à la main, ce frère ne laisserait pas d'être criminel de l'avoir tirée contre elle,