Son nom, ses murs, ses premières lois, trois choses aux
'i i HORACE
Albe est ton origine : arrête, et considère 55
Que tu portes le 1er dans le sein de ta mère1.
Tourne ailleurs les ef forts de tes bras triomphants ;
Sa joie éclatera dans l'heur8 de ses enfants ;
Et se laissant ravir à3 l'amour maternelle4,
Ses vœux seront pour toi, si tu n'es plus contre elle5. GO
JULIE
Ce discours me surprend, vu que6 depuis le temps
Ou'7 on a contre son peuple armé nos combattants,
Je vous ai vu pour elle autant d'indifférence
Que si d'un sang- romain vous aviez pris naissance8.
J'admirais la vertu qui réduisait9 en vous 65
quelles tout bon Romain tenait beaucoup et dont il était très lier. Ces trois choses sont dues à Albe. parce qu'elles sont dues à Romulus issu des rois d'Albe.
1. • Etudier dans ces deux vers l'effet d'harmonie produit par la fréquence de la voyelle è ouvert, et dans la suite' l'effet des Sonorités éclatantes.
L'image rend concrète et sensible l'idée abstraite d'origine contenue dans le premier vers.
2. Heur = bonheur dans Corneille et Racine. Le mot vient du latin augurium « présage» ; et a été écrit avec un h, parce qu'on le croyait à tort venu de hora « heure ».
« Heur se plaçait où bonheur ne saurait entrer : il a fiait heureux, qui est si français, et il a cessé de L'être ; si quelques poètes s'en sont servis, c'est moins par choix que par la contrainte île La mesure. » (La BRUYÈRE. Les Caractères, éd. Cayrou, p. 662.)
3. A = par. Ici Voltaire voit une taule, parce qu'il ne connaît pas l'usage du 17 siècle. RÈGLE :
Au i y* siècle, un infinitif dépendant des verbes laisser ou faire, employés à la voix pronominale, se construisait avec ta préposition à plutôt qu'avec les prépositions par on de comme aujourd'hui.
Cf. Rac, Iphig., v 50i :
Je me laissai conduire à (=par) [cet aimable guide.