Soin = souei, préoeeupation
Cette ardeur de l'affection fraternelle chez Sabine, qui suivant quelques critiques fait refroidir l'intérêt de la scène, a son utilité. Il oppose violemment les deux caractères de Sabine et de Camille, celle-ci étant indifférente à tout ce qui n'est pas son amant.
15. Cela ne veut pas dire : « je crains de Camille toutes les ex-
të
Je forme des soupçons d'un trop Léger sujet1 :
Près d'un jour si funeste on change peu d'objet2;
Les âmes rarement sont de nouveau blessées,
Et dans un si grand trouble on a d'autres pensées ; 120
Mais on n'a pas aussi de si doux entretiens,
Ni de contentements qui soient pareils aux siens3.
JULIE
Les causes, comme à vous, m'en semblent fort obscures;
Je ne me satisfais4 d'aucunes conjectures.
C'est assez de constance en un si grand danger 125
Que de le voir5, l'attendre, et ne point s'affliger;
Mais certes c'en est trop d'aller jusqu'à la joie.
SABINE
Voyez qu'un bon génie à propos nous l'envoie.
Essayez sur ce point à6 la faire parler :
Elle vous aime assez pour ne vous rien celer. 130
Je vous laisse. Ma sœur, entretenez Julie :
J'ai bonté de montrer tant de mélancolie7,
trémités ». mais : «je crains les moindres manifestât i<>n> <!<■ la pari de Camille ». tellement j'ai le souci des intérêts de mon frère.
t. Nous dirions : « sur un trop léger sujet ». Règle: Au j~ siècle, la préposition de (comme la préposition à) avait une tendance a remplacer toutes les autres :
Il traitait de (= arec) mépris les dieux. (Corn., Poly., v. 832.)
En particulier, elle remplaçait souvent la préposition par après un verbe passif :
JV sois vaincu du temps. (Malherbe.)
Cf. Ckouzet..., Gr. Fr., § 320.
2. Objet a pour sens primitif ce qui est placé devanl lesyeux
ou devanl l'imaginai ion » (latin objectum). — Le mot blessées, au vers suivant, montre qu'il s'agit tic la personne aimée, sens que le mol objet a souvent, pris absolument, dans < îorneille;et&Zes- 1 1 dire : blessé d'amour ».