‹ Horace; tragédie [par] Corneille. Nouv. éd., avec une méthode suivie de lecture expliquée ... suivie d'Horace par l'ImageChapitre 43 sur 265 · CAMILLE, JULIE · texte numérisé non relu

CAMILLE, JULIE

Qu'elle a tort de vouloir que je vous entretienne3 ! Croit-elle ma douleur moins vive que la sienne, Et que 4, plus insensible à de si grands malheurs, A mes tristes discours je mêle moins de pleurs? De pareilles frayeurs mon àme5 est alarmée; Comme elle je perdrai6 dans l'une et l'autre armée Je verrai mon amant, mon plus unique7 bien, Mourir pour son pays8, ou détruire le mien; Et cet objet d'amour devenir, pour ma peine, Digne de mes soupirs, ou digne de ma haine0. Hélas !

sœur de Curiace, si elle a décidé d'abandonner celui-ci.

t. Mot plus fort (cf. v. Il) au 17e siècle qu'aujourd'hui. Suc La vie des mots, cf. y. 214, n. 5.

-2. A = pour. Règle : Au ije siècle la préposition à comme la préposition de tend à remplacer toutes les autres :

A quelle utilité ? (au tien, de : pour [quelle utilité ?).

(La Fontaine, II, 13.)

A raconter (= en racontant) ses maux [souvent on les soulage.

(Corneille, Poly., v. 161.)

Cf. Cuol-zet..., Gr. Fr. § 320.

3. Camille répond ici aux quatre derniers vers de Sabine qui sous-entendaient que le chagrin de Camille devait être moins grand que le sien.

ï. Le verbe croit a deux compléments, un nom et une proposition. Règle : Au i -'■ siècle, un mot pouvait avoir deux compléments d'espèce différente, p.

ex. un nom (ou un pronom) et un infinitif ou une proposition :

« Elle aime fort la conversation et surtout de plaire. » (SÉvigné.) Cf. Crouzet.... Gr. Fr. § 389.

b.Mon âme est = je suis. Règle:

Les poêles remplacent volontiers

le pronom par un mot plus ample

et idus significatif: r r ° J [murmure.

Je vois ces défauts dont votre âme (MOLIÈRE, Misanthrope, v. 173).

6. Perdrai est ici pris absolument. C'est un emploi rare, mais nécessaire ici, parce que des compléments, en précisant les objets perdus, rendraient l'assimilation des deux sorts moins générale.

7. Le superlatif le plus unique ne pourrait être employé aujourd'hui, mais ce superlatif n'étonne pas dans la bouche de la violente Camille, et il était autorisé par L'usage du temps. Règle : Les superlatifs des adjectifs comme excellent, éminent, etc., étaient communément employés au i "e siècle : Le plus excellent mérite. (La Bruyère : Les Caractères — Du Mérite personnel. Ed. Cayrou, p. 119.)

8. Camille va d'instinct à l'alternative qu'au fond elle redoute le plus, comme elle le prouvera, quand cette hypothèse sera justement devenue la réalité.

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