PHRASES NOMINALES ET PHRASES VERBALES
jAct IxXucv (Théognis), v. p. 3o6 et suiv. ; l’emploi de l’accusatif, du génitif ou du datif dans ces phrases ne dépend pas plus du verbe que l’emploi de l’instrumental (non distingué du datif en grec) dans ouaui xXjw « j’entends avec mes oreilles », ou celui du locatif (devenu adverbe en grec) dans cvaoi xâ’jw « j’entends à la maison ». Les préverbes n’exercent également aucune action sur le cas auquel sont mis les noms ; ils précisent seulement le sens ; ainsi rcpoç dans les exemples cités page 160. Chaque mot a la forme que demande le sens à exprimer, non une forme commandée par un autre mot de la phrase ; il n’y avait pas en indo-européen de « rection » d’un mot par un autre, comme il y en a en latin par exemple, et l’autonomie du mot est ce qui commande la structure de la phrase indo-européenne.
Une phrase nominale et une phrase verbale peuvent être juxtaposées et combinées en une phrase à la fois nominale et verbale, qui a ainsi comme un double prédicat; ainsi lat. uictor uictorum cluet, véd. visa çrnvise « tu es appelé un mâle », gr. xoXay.s; ày.oécyariv « ils sont appelés flatteurs », etc., ou gr. 7ïp7jvr,ç, v. si. pade nicl « il est tombé contre terre », lat. praeceps cadit, etc. Les appositions de ce genre peuvent être moins liées au verbe, comme dans :
Hom. A 43 ùç eçai’ è'j^ôjAsvoç
ou n’indiquer qu’une circonstance accessoire, ainsi :
Hom. A 4^4 ^0lÇoç y.xT à BzXzx « il est allé hier à un
festin ».
C’est dans des phrases de ce genre à la fois nominales et verbales que le verbe *es-, dont la valeur propre est d’affirmer l’existence, a pu prendre le rôle de copule qui a été décrit ci-dessus.
La phrase nominale peut aussi se combiner avec la phrase verbale d’une autre manière, quand l’un de ses composants est un complément, ainsi lat. créât aliquem consulem, gr. tov Myjàov iffiAîv â>,06vTa « nous savons que le Mède est venu », skr. hatâm vrtrâm vidma « nous savons que Yrtra est tué » .
LA PHRASE
Il ressort de ces faits que Y apposition est le procédé qui caractérise d’une manière essentielle la syntaxe indo-européenne.
L’adjectif ne formait pas un groupe avec le substantif qu’il qualifiait; il lui était simplement apposé; ainsi dans Platon, Cratyle 4i4 d: rcav av toxvt( tiç cvop.a TrpocrapjAoaeLEV,
l’ordre des mots suffit à montrer que les adjectifs sont apposés aux mots qu’ils qualifient, ou groupés avec eux. Le caractère appositionnel de la construction de l’adjectif ressort mieux encore d’une phrase de Ménandre, Epitrep. 9
y.pnrvjv xcéiou xtva
j[j.ev iacv
« Nous cherchons pour ceci un arbitre qui soit sans parti pris ». Hérodote écrit II, 17 NeÏAcç piavjv Aivutctov oyjfei.
On conçoit dès lors comment il se fait que les préverbes-prépositions ne sont liés ni au nom ni au verbe (p. i5g et suiv.).
Il y a ainsi une grande variété de types de phrases : phrase nominale pure ou accompagnée du verbe « être », phrase verbale pure ou accompagnée de compléments divers, phrase à la fois nominale et verbale, l’élément nominal étant apposé soit au verbe, soit à un complément.
Comme chacun des éléments de la phrase a son indépendance, un groupe nominal au singulier peut être juxtaposé à un verbe au pluriel se rapportant à un ensemble d’individus, ainsi chez Homère :
I 656 of 8è 'Féy.xvTQj; èXwv Sétu aç ap.ÿixu:îsXXov
crïcefaavTeç zapx vvjaç î'sav rcàXiv.
Quand on veut insister sur la personne ou qu’on doit introduire une personne que le verbe ne suffit pas à indiquer ou une chose qui a besoin d’être nommée, la phrase comprend, outre le prédicat, un second groupe, apposé au verbe et à ces déterminations, celui du « sujet » : ainsi chez Homère :
A 180 aéôsv B’ àyà) oust aXey(Ç(û.
A 178 6eoç zoo aol t ©y* ISüixsv.
A 317 xv(9T] o’ oupavbv IxE.