PHRASES NOMINALES ET VERBALES
Un pronom tel que gr. èyw a en indo-européen la valeur d’un mot isolé, d’une apposition, fr. moi , et non celle d’un simple accessoire du verbe, comme fr. je.
Chacun des noms qui figurent à un titre quelconque dans une phrase nominale ou verbale peut, comme le verbe, être précisé par diverses déterminations ; ainsi, pour prendre des exemples chez Homère, par un nom au génitif :
A 9 Atoç u I6q
par un adjectif ou par un démonstratif :
A 7 Btoç ’A^iXXsùç
A I I TOV XpUOYJV
par un nom en apposition (ce nouveau nom pouvant lui-même être déterminé par un autre nom et par un adjectif) :
A 7 ’AxpetBYjç, T£ (^)ava^ àvBpwv
par un nom de nombre : ,
A 3og àpéxaç sxpivsv êsfxoffw
Les adjectifs admettent également des déterminations :
A 2l5 'TrèSaÇ toXUÇ ’A^lXXe’JÇ
A 122 7tXoy.T£av(ôiax£ ravxwv
A 107 (fCka ÇpSfft
A 1 1 4 où SffXt )(£p£(wv
où oùBè çu^v.
Ces diverses déterminations peuvent s’accumuler autour d’un même mot, et chacun des mots de la phrase en peut être accompagné, si bien que la complexité d’une phrase indo-européenne n’a aucune limite :
A 101 xoïci B’ àvéaxYj
y;pü)ç ’ AxpeCoyj^ eùpuxpefav ’Aya^^vojv
à}(VÙp.£VOÇ.
A. MeILLET. 21
LA PHRASE
A 3i5 (,F)sp£cv S’ ’AftoXXom xeXyjéaaaç £*axo|j.êaç xaüpojv atyaiv rcapà 6ïv’ àXoç âxp’jYixoto.
A 48 1 â[/,çi 8è xu|Aa
axc{py) Trop© jpsov [/.E^aX* ïct-yt virçoç toucYjç.
Enfin chacun des éléments de la phrase peut être multiple ; il peut y avoir deux ou plusieurs « sujets », deux ou plusieurs compléments de chaque espèce, deux ou plusieurs adjectifs (lat. luppiter optumus maxumus ) : on peut alors unir les deux éléments jouant le même rôle par des particules atones signifiant « et », « ou », « comme », etc.
Le mot signifiant « et » est skr. ca , gr. xs, lat. que (cf. p. 3i3); il s’ajoute, soit au premier mot de chacun des groupes qu’il unit, soit au premier mot de chaque groupe, à l’exception du premier :
A 70 xa x’ èévxa xà x’ èaaopisvx Tipô x* Èévxa
0 49 evô * tTüTcouç l'ŒXYjae TcaxYjp àvBpwv XE ÔStoV X£
A 4 ajxo'jç §è '(>E)sXu>pu XEîtye xüvscfœiv
otb>vsia( xe iraat
A i56 p.aXa iroXXà p.£xaÇù
oup£a X£ jy.tc£vxa BaXaaua x£ ( .
Le mot signifiant « ou » est skr. va, gr. lat. ue ; il
s’emploie comme « et » :
lat. dei hominesue ou dm# hominesue.
R. Y., 1, 108, 7 brabmâiû rajani va « chez le brahmane ou chez le roi ».
Æ. V., 1, 6, 10 f/o va sâtîm îmahe
divô va pârthivàd âdhi indrarn viahô va râjasah
« nous nous adressons ( 'îmahe ) à Indra en vue d’une faveur ( sâtîm ) ou bien d’ici, ou bien du ciel terrestre, ou bien du vaste espace ».
On voit combien est variée la phrase indo-européenne. La lecture d’une page d’un texte védique ou grec ancien affermira cette impression.