‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 102 sur 129 · PHRASES NOMINALES ET VERBALES · texte numérisé non relu

PHRASES NOMINALES ET VERBALES

Un pronom tel que gr. èyw a en indo-européen la valeur d’un mot isolé, d’une apposition, fr. moi , et non celle d’un simple accessoire du verbe, comme fr. je.

Chacun des noms qui figurent à un titre quelconque dans une phrase nominale ou verbale peut, comme le verbe, être précisé par diverses déterminations ; ainsi, pour prendre des exemples chez Homère, par un nom au génitif :

A 9 Atoç u I6q

par un adjectif ou par un démonstratif :

A 7 Btoç ’A^iXXsùç

A I I TOV XpUOYJV

par un nom en apposition (ce nouveau nom pouvant lui-même être déterminé par un autre nom et par un adjectif) :

A 7 ’AxpetBYjç, T£ (^)ava^ àvBpwv

par un nom de nombre : ,

A 3og àpéxaç sxpivsv êsfxoffw

Les adjectifs admettent également des déterminations :

A 2l5 'TrèSaÇ toXUÇ ’A^lXXe’JÇ

A 122 7tXoy.T£av(ôiax£ ravxwv

A 107 (fCka ÇpSfft

A 1 1 4 où SffXt )(£p£(wv

où oùBè çu^v.

Ces diverses déterminations peuvent s’accumuler autour d’un même mot, et chacun des mots de la phrase en peut être accompagné, si bien que la complexité d’une phrase indo-européenne n’a aucune limite :

A 101 xoïci B’ àvéaxYj

y;pü)ç ’ AxpeCoyj^ eùpuxpefav ’Aya^^vojv

à}(VÙp.£VOÇ.

A. MeILLET. 21

LA PHRASE

A 3i5 (,F)sp£cv S’ ’AftoXXom xeXyjéaaaç £*axo|j.êaç xaüpojv atyaiv rcapà 6ïv’ àXoç âxp’jYixoto.

A 48 1 â[/,çi 8è xu|Aa

axc{py) Trop© jpsov [/.E^aX* ïct-yt virçoç toucYjç.

Enfin chacun des éléments de la phrase peut être multiple ; il peut y avoir deux ou plusieurs « sujets », deux ou plusieurs compléments de chaque espèce, deux ou plusieurs adjectifs (lat. luppiter optumus maxumus ) : on peut alors unir les deux éléments jouant le même rôle par des particules atones signifiant « et », « ou », « comme », etc.

Le mot signifiant « et » est skr. ca , gr. xs, lat. que (cf. p. 3i3); il s’ajoute, soit au premier mot de chacun des groupes qu’il unit, soit au premier mot de chaque groupe, à l’exception du premier :

A 70 xa x’ èévxa xà x’ èaaopisvx Tipô x* Èévxa

0 49 evô * tTüTcouç l'ŒXYjae TcaxYjp àvBpwv XE ÔStoV X£

A 4 ajxo'jç §è '(>E)sXu>pu XEîtye xüvscfœiv

otb>vsia( xe iraat

A i56 p.aXa iroXXà p.£xaÇù

oup£a X£ jy.tc£vxa BaXaaua x£ ( .

Le mot signifiant « ou » est skr. va, gr. lat. ue ; il

s’emploie comme « et » :

lat. dei hominesue ou dm# hominesue.

R. Y., 1, 108, 7 brabmâiû rajani va « chez le brahmane ou chez le roi ».

Æ. V., 1, 6, 10 f/o va sâtîm îmahe

divô va pârthivàd âdhi indrarn viahô va râjasah

« nous nous adressons ( 'îmahe ) à Indra en vue d’une faveur ( sâtîm ) ou bien d’ici, ou bien du ciel terrestre, ou bien du vaste espace ».

On voit combien est variée la phrase indo-européenne. La lecture d’une page d’un texte védique ou grec ancien affermira cette impression.

Page 1