‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 103 sur 129 · ACCORD · texte numérisé non relu

ACCORD

3° Accord.

Chacun des mots de la phrase ayant son autonomie, le lien entre ces mots est marqué par certaines concordances de forme.

Dans la phrase verbale, la concordance entre le verbe et le nom apposé qu’on nomme sujet n’existe que pour une seule catégorie, celle du nombre, puisque c’est la seule qui soit commune au nom et au verbe, et que le verbe indo-européen n’a pas de genre ; et cette concordance ne résulte pas de ce que l’un des éléments serait régi par l’autre, de ce que par exemple le nom apposé déterminerait le nombre du verbe, mais simplement de ce que la notion d’unité, de dualité ou de pluralité considérée est la même pour le nom et pour le verbe. Si on lit chez Homère tw. . . <zvaiYjTY)v, ci... xevov 70, o... 7:poa££iTC£, ce n’est pas que tw, oi, b déterminent le duel, le pluriel, le singulier, mais on a xw et àvgtyjtyjv parce qu’il s’agit de deux personnes, ol et rcévorco parce qu’il s’agit de plusieurs, b et npoaéeuze parce qu’il s’agit d’une. On emploie le duel s’il s’agit de deux personnes nommées séparément, par exemple pour le duel en védique :

R. V., iv. 5i, ii iâd dyaüç ca dhattam prthivî ca dcvî

« que le ciel et la déesse teire posent ( ’dhattâm ) ceci ».

S’il s’agit de deux ou plusieurs choses, le singulier est possible :

Z 328 àux^ T£ TCTOÀEpLOÇ T£

(>F)àffTu toS* àpLtptSIârje.

De même aussi quand il s’agit d’une collection d’objets désignée par le collectif neutre qui tient la place de nominatif pluriel neutre (cf. p. 253), d’où la règle Ta Çtoa xpr/a.

Il n’y a proprement accord qu’entre deux noms, soit dans le cas de la phrase nominale ou nominale et verbale à la fois, soit dans le cas d’un nom servant à en déterminer un autre en qualité d’apposition ou d’épithète.

Dans la phrase nominale, il y a ou il n’y a pas accord suivant

LA PHRASE

le sens à exprimer. L’accord en nombre, cas et genre est de règle dans une phrase, telle que :

T 56 àXXà puXa Tpwsç ce'.cVjp.cvî;

« mais les Troyens sont très craintifs ». L’accord en cas est essentiel dans le type lat. aliquem facio heredem. En revanche, il n’y a aucun accord si le nom indiquant la chose affirmée doit être à un cas autre que le cas où est l’autre nom :

A 63 ovap ex Aloç èsx'.v

R. V. I, 4, 6 syâméd îndrasya çârmani « soyons sous la protection d’Indra. »

et il peut y avoir accord seulement en cas dans une phrase telle que :

T 178 ouxo; y’ ’AipEi^yj;, eùpuxpeuov ’Ayap.ép.vwv,

àp/pÔTepov, (3acîtXsüç x* ayxQoç xpxxepoç x’ ai ^p/rçxïfe- » ... Agamemnon est les deux, roi et ... »

Dans l’apposition, l’accord en cas est nécessaire, mais le genre et le nombre peuvent différer, ainsi dans ce vers :

Soph. , Œd. à Col. 4 7 3 Kpxxrçpé; àv£po; sS^eipoç xe/vYj.

Seul, l’adjectif épithète concorde nécessairement en nombre, en cas et en genre avec le nom qu’il détermine. On a vu, p. 243 et suiv., que c’est même l’adjectif seulement, ou les démonstratifs, qui déterminent si un mot est masculin-neutre ou féminin. Un mot qui ne serait jamais accompagné d’un adjectif et auquel ne renverrait jamais aucun démonstratif n’aurait aucune marque de la distinction des genres masculin-neutre ou féminin. Ici l’accord est de règle absolue, et c’est l’accord qui indique quel nom détermine un adjectif donné, ainsi :

T 200 ’OSüffaeuç,

oç x paçvj èv cv^p/p ’IôaxYjç, xpavayjç iz-p èoéffYjç,

(F)eiBcôç t.x') xofouç xe SoXcuç xal p.r,o£a zuxvx.

Il y a ici le nominatif masculin singulier îrcXupjxiç qui se rap-

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