ORDRE DES MOTS
porte à ’Oo'jffaE’jç et Fetôiùq à oq (qui renvoie à ’OBucrcreüç), les génitifs féminins singuliers èo'jmjç et xpavxïjç qui se rapportent à ’lGaw ;ç, et le nominatif-accusatif pluriel neutre tcu xvi qui se rapporte à
Qu’elles soient, suivant le cas, partielles ou totales, ces concordances sont le principal mode d’articulation des membres de la phrase indo-européenne.
4° Ordre des mots et emploi du ton.
Les rapports entre les diverses parties de la phrase étaient suffisamment indiqués par la flexion et par l’accord ; l’ordre des mots ne servait donc pas à indiquer ces rapports comme il le fait dans la plupart des langues modernes de l’Europe ; les mots étaient placés de manière à attirer l’attention sur les parties de la phrase essentielles pour le sens. Ainsi l’ordre des mots avait une valeur expressive, et non syntaxique ; il relevait de la rhétorique, non de la grammaire. Ceci n’exclut naturellement pas l’existence d’ordres habituels dans certains tours : dans les phrases exactement comparables d’une même langue, l’ordre des mots usuel est à peu près constant ; mais ce ne sont pas ces ordres qui expriment le rôle grammatical, et l’on peut toujours recourir à un autre ordre.
Aucun mot n’avait dans la phrase indo-européenne une place définie et constante. La plupart des langues indo-européennes ont tendu à fixer plus ou moins l’ordre des mots, et la prose sanskrite par exemple offre presque un ordre fixe. Mais cet ordre varie d’une langue à l’autre, et presque partout il subsiste des traces importantes de la liberté ancienne. Le verbe se trouve normalement à la fin de la phrase dans la prose sanskrite ancienne et normalement au début en vieil irlandais ; mais il peut occuper toutes les places en grec, en latin, en vieux slave ou en ancien arménien par exemple, et aussi dans les plus anciens textes indoiraniens.
C’est le grec qui garde le mieux l’usage indo-européen de
LA PHRASE
mettre d’abord le mot principal. On en peut citer des exemples â l’infini ; ainsi chez Homère :
A 200 ï^XOov syù Tuaùîoucra xb aov pivoç
le verbe yjXôcv est en tête de la phrase, parce que Athènè insiste sur sa venue ; dans la phrase suivante, c’est le préverbe qui est en tète :
A 208 xpo oé p.’ y}7.£ Osa Xeu xwXsvoç 'Hpv;
Athènè interdit alors à Achille de tirer l’épée :
A 210 prrçM çiço; sXxeo yjn pi
et le complément £{<pcç est mis en évidence ; puis elle dit que c’est « ceci » qui doit être accompli :
A 212 X0 bè xal XEXsX.EO'p.évOV atJTOCl
c’est donc le « sujet » xo qui est le premier mot.
Des mots unis par le sens peuvent être séparés ; ainsi chez Platon :
Phédon, 178 c p.syi'!jxü)V àyaôwv ifjpuv atxto; èjxlv
où les mots essentiels p.sy{(7xa>v àyaôwv sont mis en tête, précédant vjp.Tv qui est important pour le sens, tandis que les mots nécessaires pour la structure de la phrase, mais dénués de valeur expressive, afxiô; sxxiv restent à la fin ; et, plus nettement encore :
ib . , 1 84 b pia br, Xsù:sxat xw Y)p.sxspa) vsp.a) obcç
où l’adjectif pia, sur lequel doit être attirée l’attention, est séparé de son substantif bbbç par tout le reste de la phrase : la disjonction est un moyen d’expression, et souvent un moyen puissant. Mais sauf les cas de ce genre, les mots qui se déterminent les uns les autres sont d’habitude rapprochés.
Lorsque plusieurs mots forment ainsi un groupe, le déterminant se place ordinairement avant le déterminé : lat. très hominès, gr. àyaO bç àrrjp, skr. devanâm dïk « région des dieux », etc. En renversant cet ordre, qui est le plus habituel, on attire l’atten-