‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 23 sur 129 · II. — Le grec · texte numérisé non relu

II. — Le grec

A. la date où commencent la tradition littéraire et la tradition épigraphique, c’est-à-dire du vne au ve siècle av. J.-C., chacune des cités grecques a son parler propre ; mais ces parlers ne différaient pas assez les uns des autres pour empêcher de sentir l’unité fondamentale de la langue : un Hellène devait pouvoir en gros se faire comprendre en un point quelconque du domaine hellénique. La répartition des groupes dialectaux est la suivante :

i° Ionien- atlique. — a. L’ionien était employé : dans la Dodécapole d’Asie Mineure : Hérodote y distingue quatre dialectes, ceux de Milet, d’Ephèse, de Samos et de Ghios, que les textes actuellement connus ne permettent pas de caractériser, — dans une partie des Cyclades : Paros, Thasos, Naxos, Ceos, — dans l’ile d’Eubée, et en outre dans de nombreuses colonies, jusqu’en Italie ; les inscriptions indiquent peu de particularités propres à chacune des cités. Le dialecte ionien a été écrit dès le vne siècle par des poètes tels que Archiloque de Paros et Gallinos d’Éphèse, dès le vie par des prosateurs, notamment Hérodote (environ 484- 425 av. J.-C.). Gomme l’Ionie a été la première partie du monde grec à développer une forte civilisation, elle présente, dès le début de la tradition, une langue commune qui seule est écrite et qui dissimule la plupart des particularités locales.

{3. L’attique est à beaucoup d’égards proche de l’ionien ; il est connu par de nombreuses inscriptions depuis le vne siècle av. J.-C. ert par une riche littérature en vers et en prose dont les premiers monuments attestent encore une influence ionienne. C’est sous la forme attique que le grec est cité ici suivant l’usage ; l’attique est du reste le seul parler grec qu’on connaisse d’une manière sensiblement complète.

2° Arcadien et cypriote. — Les inscriptions dialectales de Cypre, bien qu’elles ne remontent pas pour la plupart au delà du ive et du ve siècle av. J. -G., sont écrites dans un alphabet syllabique différent de l’alphabet grec ordinaire et présentent par là un intérêt spécial. L’arcadien a quelques traits communs avec l’io-

LES LANGUES INDO-EUROPEENNES

nien. Le pamphylien, dont on a quelques inscriptions, appartient au même groupe que l’arcadien et le cypriote.

3° Parler s du Nord-Est (Béotie, Thessalie, Lesbos et villes éoliennes d’Asie Mineure). — Les poètes lesbiens, Alcéeet Sapho, qui écrivaient à la fin du vne siècle av. J. -G. et au commencement du vie, ont employé le parler de leur île natale, Lesbos : c’est le dialecte littéraire éolien. Corinne a écrit en béotien au ve siècle av. J. -G. Le thessalien et le béotien sont surtout connus par des inscriptions ; les inscriptions béotiennes sont remarquables par le soin avec lequel la prononciation locale y est notée à chaque époque.

4° Groupe occidental. — Les parlers doriens diffèrent notablement entre eux ; l’absence d’un dialecte littéraire constitué de bonne heure a permis à chaque cité de noter la manière locale. Appartiennent au dorien : la Laconie et les colonies laconiennes, Tarente et Héraclée — la Messénie — Argos — Corinthe et ses colonies, Corcyre et Syracuse — Mégare et ses colonies — la Crète dont chaque localité a ses particularités propres — les îles doriennes : Égine, Cos, etc. Le dorien est surtout connu par des inscriptions dont les principales sont la loi de Gortyne (en Crète) et les tables d’Héraciée. Les textes littéraires, peu nombreux, mal conservés, ne donnent qu’une idée trouble du dialecte. La langue de la lyrique chorale est artificielle. Il y a eu en Sicile et en Italie une langue commune dorienne dont les fragments d’Epicharme, quelques idylles de Théocri te et la prose d’Archimède donnent une idée.

Des parlers du Nord-Ouest (Épire, Etolie, Locride, Phocide, etc.) on n’a que des inscriptions ; les mieux connus sont celui de Delphes dont on suit l’histoire depuis le ve siècle av. J.-C. De Yéléen, qui appartient au même groupe, on n’a aussi que des inscriptions, surtout d’Olympie. Ces parlers se distinguent peu du dorien.

Les poèmes homériques, l’Iliade et l’Odyssée, dont les parties essentielles sont antérieures au reste de la littérature grecque, sont rédigés en une langue littéraire qui a au premier abord l’aspect général de l’ionien, mais dont le fonds ancien est éolien ;

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