ITAL0-CELT1QUE
b. De l’osque on n’a aussi que des inscriptions trouvées dans le Bruttium, en Lucanie, en Campanie (notamment à Pompéi, Abella, Gapoue), et au Nord jusque dans le Samnium.
L’osque et l’ombrien diffèrent profondément du latin, tout en présentant avec lui beaucoup d’innovations communes ; ils se ressemblent entre eux dans une large mesure. Les divers parlers italiques ont tous cédé la place au latin au commencement de l’ère chrétienne.
On rapproche souvent le latin du grec, mais au point de vue linguistique, le latin n’est pas particulièrement proche du grec, sauf dans la mesure où il est une langue de civilisation, calquée sur le grec. Et, s’il est un groupe de dialectes que sa préhistoire donne lieu de rapprocher de ceux de l’Italie, ce sont les dialectes celtiques.
2° Dialectes celtiques.
Les parlers celtiques sont connus en partie d’une manière incomplète, en partie à une date tardive. On distingue trois groupes :
i° Le gaulois, que des expéditions militaires ont répandu sur la Gaule et l’Italie du Nord et jusqu’en Asie Mineure, a été éliminé partout dès les premiers siècles de l’ère chrétienne ; il n’en subsiste aucun texte étendu ; les noms propres conservés dans les textes grecs et latins permettent cependant d’avoir quelque idée de sa phonétique dont l’aspect est archaïque ; les inscriptions, dont la principale est le calendrier trouvé à Coligny (dans le département de l’Ain), sont trop rares et trop obscures pour qu’on pénètre la morphologie et la syntaxe.
2° Le brittonique, langue de la Grande-Bretagne, a été refoulé par le germanique et n’est plus représenté que sous trois formes relativement récentes, représentant un stade de développement analogue à celui des langues romanes :
a. Le gallois, dans le pays de Galles, attesté par des textes littéraires depuis le xie siècle ; très vivace ;
LES LANGUES INDO-EUROPEENNES
b. Le comique, en Cornouaille, connu par un glossaire du xine siècle et quelques textes à partir du xve ; mort depuis le xvme siècle ;
c. Le breton connu par quelques gloses dès le vme siècle, par des textes littéraires depuis le xive, encore parlé dans les parties rurales de l’Armorique française. Le breton n’est pas un reste du gaulois ; c’est la langue d’émigrants venus de Grande- Bretagne, surtout au moment de la conquête saxonne.
3° Le gaélique, attesté depuis le ive siècle ap. J.-C. environ par des inscriptions dites ogamiques, brèves et qui apprennent peu de choses, puis par de nombreuses gloses irlandaises dès le viie siècle après J.-C. et ensuite par une littérature abondante en Irlande ; parlé aujourd’hui encore dans une partie de l’Irlande et de l’Ecosse nt dans l’île de Man. L’irlandais est la seule langue celtique qui, sous ses formes les plus anciennes, ait conservé une flexion riche et archaïque. Mais les plus anciens textes étaient de simples gloses ne résultant pas d’une véritable fixation littéraire ; ils ont du reste été notés à un moment où la langue se transformait rapidement, et où l’état ancien s’altérait. Ils sont difficiles à utiliser.