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I. — Les phonèmes

Le système phonétique de l’indo-européen comporte trois sortes de « phonèmes » : i° les consonnes proprement dites comprenant deux espèces différentes au point de vue du mode d’articulation : les occlusives et les sifflantes ; 2° les voyelles ; 3° les sonantes.

i. Occlusives et sifflantes.

Occlusives.

Les occlusives — aussi nommées muettes ou momentanées — sont caractérisées par un arrêt du passage de l’air en un point quelconque de la bouche ; au moment où a lieu l’occlusion, l’émission de l’air s’arrête, c’est V implosion ; au moment où cesse l’occlusion, l’émission de l’air reprend brusquement, c’est V explosion.

Si la pression exercée par la langue sur le palais ou par les lèvres pour réaliser l’occlusion est intense, les occlusives sont dites fortes , ainsi pf t, k en français ; si la pression est faible, elles sont dites douces , ainsi b, d} g en français. Si, à un moment quelconque depuis l’implosion jusqu’à l’explosion (comprise), l’occlusion est accompagnée de vibrations glottales, la consonne est sonore , ainsi fr. b , d, g, accompagnés de vibrations dès le com-

PHONÉTIQUE

mencement de l’implosion, ou arm. b, d, g, pourvus de vibrations seulement au moment de l’explosion dans certains dialectes ; s’il n’y a pas de vibrations glottales, l’occlusive est sourde , ainsi fr. p, t , k. Les sonores sont toujours douces et les fortes toujours sourdes, mais l’inverse n’est pas vrai ; les Alsaciens par exemple ont des douces qui ne sont pas sonores. Si l’émission d’air continue après l’explosion, sans vibrations glottales, avant que la voyelle commence, l’occlusive est dite aspirée ; une occlusive aspirée est ordinairement douce.

Si l’occlusion est produite par le rapprochement des lèvres, on a des labiales ; si elle l’est par le contact du bord de la langue et du palais, des dentales ; si enfin elle l’est par le contact de la surface de la langue et du palais, des gutturales. Les occlusions peuvent avoir lieu en divers points du palais : les dentales sont produites à hauteur des alvéoles, au-dessus des alvéoles ou plus loin encore en arrière ; le français a ainsi des dentales proprement dites, l’anglais des cacuminales (dites cérébrales); de même, suivant que le dos de la langue touche la partie antérieure, médiane ou postérieure du palais, on distingue des prépalatales, des médiopalatales et des postpalatales (ordinairement nommées vélaires, parce que le contact se produit au niveau du voile du palais) ; il n’y a pas de limites précises d’une série à l’autre. Par suite de la brusque courbure de la partie antérieure du palais, il est malaisé de réaliser dans cette région une occlusion complète par contact de la surface de la langue : les prépalatales ne comportent que difficilement une occlusion parfaite, elles se mouillent, ce qu’on indique par un accent après la lettre (ainsi k' pour k prépalatal mouillé), et tendent enfin à devenir des mir occlusives, telles que si. c ou c.

Les occlusives sont la partie la plus complète et la plus développée du système phonétique de l’indo-européen. Au point de vue de l’intensité, delà sonorité et de l’aspiration, on y distingue trois séries principales : les sourdes, les sonores, les sonores dites aspirées, et, en outre, une série moins importante de sourdes aspirées, peut-être fortes. A l’égard du point d’articulation, il y a aussi quatre séries : labiales, dentales, prépalatales, vélaires.

OCCLUSIVES

A. Sourdes simples.

Abstraction faite des altérations particulières à certaines situations, les sourdes non aspirées sont définies par ce tableau de correspondances :

SKR.

ZD

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