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Voyelles proprement dites

Les deux voyelles essentielles de l’indo-européen sont les brèves *e et *0 ; leur importance en morphologie ressortira des alternances exposées au chapitre iv ; leur fréquence révèle du reste à elle seule l’étendue du rôle qu’elles jouent. Elles sont définies par les correspondances suivantes :

i.-e. *e : gr. s, ital. e, celt. e, germ. e (=got. if occidental et Scandinave e ou i suivant des règles compliquées), balt. e, si. e, arm. e, alb. e, indo-iranien a.

i.-e. *0 : gr. 0, ital. 0, celt. 0, arm. 0, germ. a, balt. a, si. 0, alb. a, indo-iran. a.

VOYELLES

Exemples :

*e : skr. sâcate « il suit » =r gr. eTcsxai (avec % d’après £7uo[j.ai), lit. sekù « je suis », lat. sequitur, v. irl. -sechetar « ils suivent ».

* o : lat. rota, v. irl. roth, v. h. a. rad (de germ. *raftan ), lit. râfatf « roue », skr. râthah « char », zd raüô.

gr. cÇoç « branche » (de i.-e. *ô%dos), arm. ost, got. asts.

Le seul idiome où ë et ô ne soient plus distincts est l’indoiranien ; mais l’existence antérieure de la distinction y est attestée par le fait que i.-e. *kwo y a donné skr. ka, zd ka, et i.-e. *kwe skr. ca, zd ca :

skr. katarâh « lequel des deux », zd katârô, en regard de gr. •Koxepoq, got. hzvafiar, lit. katràs, v. si. kotoryjï et koteryjï ;

skr. ca, zd ca « et », en regard de gr. te, lat. que.

Au parfait où la voyelle du redoublement est e et la voyelle de la racine o au singulier, type gr. p.£p,ova, SéBopxa, etc., l’indoiranien a donc une opposition de la gutturale pure devant Va radical représentant o et de la gutturale mouillée devant Va du redoublement représentant e : véd. cakâra « j’ai fait », jagâra « j’ai avalé », jaghâna (de *jhaghana) « j’ai frappé ».

Outre *e et *o, l’indo-européen avait une troisième voyelle brève, plus rare, et qui ne joue pas de rôle dans les alternances employées en morphologie, à savoir *a, défini par les correspondances :

gr. a, ital. a, celt. a, germ. a, lit. a, si. o, arm. a , alb. a, indo-iran. a,

c’est-à-dire distinct de *o seulement en grec, en italique, en celtique et en arménien (il faut ajouter le tokharien) : la confusion de *a et de *o dans une grande partie des langues indique que le * o indo-européen était très ouvert.

Exemples :

skr. âjâmi « je conduis », zd açâmi, arm. acem, gr. ayco, lat. agô ; v. irl. agat (subjonctif) « agant » ; v. isl. aka « conduire » ;

skr. tatâh « papa », gr. Taxa, lat. taia, moy. bret. tat « père » ; le même mot du langage enfantin a une autre forme dans gr. àxia, lat. atta , v. irl. aite « père nourricier », got. atta « père », v. si. ottcï « père » (avec un suffixe de dérivation) ; cf. skr. atta « maman » •

PHONÉTIQUE

En ce qui concerne les brèves, le vocalisme peut donc être résumé par le tableau suivant de correspondances :

Os

La voyelle *a, telle qu’elle vient d’être définie, n’est pas toujours aisée à distinguer de deux autres phonèmes indo-européens : *2 et *°.

i° Dans beaucoup de mots, skr. i, zd i répondent à gr. a, lat. a, celt. a, germ. a (en syllabe initiale), arm. a , lit. a , v. si. o ; on désigne par *? le phonème indo-européen. que suppose cette correspondance ; exemple :

skr. pitâ « père », zd pita , en regard de gr. 7uaTY;p, lat. pater, v. irl. athir, got. fadar, arm. hayr.

En grec ce phonème peut être aussi représenté par e ou o sous l’influence d’un yj ou d’un w avec lequel il est en alternance régulière ; de là trois cas :

GTotToç = skr. sthitâh, cf. dor. tara pu

= skr. hitâh (altéré de *dhitâ h), cf. dor. TiÔY]p.t oox6ç=:lat. dâtus, cf. o{oa){/.i.

Cette particularité met en relief le trait caractéristique de i.-e. *2, qui autorise à distinguer ce phonème de la voyelle *ci, bien qu’il ne soit distinct de a qu’en indo-iranien : *2 est en alternance régulière avec *à, *è, *ô, tandis que *a est isolé, comme on le verra dans la théorie des alternances (chap. iv) ; là même où il s’agit d’un mot non attesté en indo-iranien, l’alternance avec une voyelle longue indique donc en principe qu’on est en présence de * 2 , ainsi dans lat. sâtus « semé », moyen breton hat

GR

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