V. SL
INDO-IRAN
â(üf
ÜyO
Notes. — i° gr. â dans tous les dialectes autres que l’ionienattique, où il est représenté par y] (encore distinct de l’ancien yj à Naxos au vne siècle av. J.-C.).
2° t et â en syllabe intense, £ et ü en syllabe inaccentuée.
Exemples :
skr. ma (négation prohibitive), gr. (panhellénique) arm. mi ;
lat. sèmen , v. si. sème « semence », lit. sèmenys « semence », v. h. a. sâmo (avec â représentant normalement germ. e) ; got. \mana-\sef>s « humanité » , littéralement « semence d’hommes » ; v. irl. sil « semence ».
skr. dânam « don », lat. dônum, gall. dawn ( aw représentant
VOYELLES 75
celt. à, lui-même issu de 0 en syllabe intense) — v. si. daru « don », gr. Sajpov, arm. turkh — lit. duti « donner ».
skr. mata « mère », dor. fjumjp, arm. mayr, lat. mater, v. irl. mâthir, v. isl. môder, v. si. mati, lit. môtè « femme ».
Les voyelles longues manifestent souvent une tendance à se fermer : è et 0 sont des voyelles plus fermées que è et 0 dans les dialectes italiques ; en celtique, è devient i ; en gotique, e et 0, c’est-à-dire ê et ô, sont très fermés ; en lituanien, è et 0 (è et 0) sont aussi fermés ; en arménien, i.-e. *ê et *0 sont représentés par i et u ; I’yj, d’abord ouvert, du grec ancien est devenu i dès avant l’époque byzantine. Ailleurs les voyelles longues sont traitées parallèlement aux brèves correspondantes et peuvent même devenir plus ouvertes : % *ô, *â aboutissent à â en indo-iranien.
Le fait que le timbre è a été connu de l’indo-iranien est attesté par le traitement des gutturales ; les gutturales pures sont employées devant *â : skr. kâsate « il tousse », cf. lit. kosiu « je tousse », v. angl. hwôsta « toux », et devant *0 : accus, skr. gam « bœuf » = dor. (3wv ; mais 1^ mouillure se trouve dans l’ancien *è: skr. jânîh « femme », cf. got. qens « femme ». Les langues qui tendent à confondre ô et â sont les mêmes que celles qui confondent ô et â ; toutefois, l’albanais distingue entre â et ô ; en indo-iranien, en slave, en baltique, en germanique, â et ô ont un même traitement, mais l’un des deux groupes du baltique, le letto-lituanien, représente souvent certains *ô par û alors que *â est toujours représenté par lit. 0, lette â, comme les autres *ô. Ce traitement û de certains *0 en letto-lituanien a conduit à attribuer à l’indo-européen deux sortes de *0 ; mais l’hypothèse ne trouve en dehors du letto-lituanien aucun appui, et il n’est pas impossible d’entrevoir un moyen d’expliquer à l’intérieur du dialecte la différence du letto-lituan. ü et de lit. 0, lette â : lit. 0 est régulier dans la partie radicale des mots toutes les fois qu’il est en alternance avec un è : stegiu « je couvre » : stôgas « toit » ; ü est la forme isolée, ainsi dans duti « donner » , dans les premières personnes en ü de verbes comme *lëkù « je laisse » (représenté par lëku ), en face de gr. Xsi'tuü), et dans d’autres formes
76 PHONÉTIQUE
grammaticales. On n’a donc aucun droit de poser deux sortes de 6 en indo-européen.
En lituaniennes anciennes longues sont représentées en syllabe intérieure par des longues rudes (d’intonation descendante, à un seul sommet) e, o, û ; à la finale, outre ces longues rudes (altérées secondairement en è, à , m), il y a des longues douces (d’intonation montante, à deux sommets) ê, ô, u ; or, on constate que, dans la syllabe finale du mot, aux longues rudes lituaniennes le grec répond par des longues qui sont oxytonées, si elles ont le ton, et aux longues douces par des longues périspomènes (en tant qu’elles sont toniques). Ce contraste est surtout net dans les thèmes féminins en *-à - :
nom. sing. *-â : lit. *(merg-)ô , d’où ( merg-)à , gr. (èxup-)a.
gén. sing. *-âs : lit. ( [merg-^ôs , gr. (èxup-)aç.
Divers faits de quelques autres langues, dont le détail ne saurait être reproduit ici, notamment des faits germaniques, montrent que l’opposition d’intonation de lit. *-6 (- à ) et - ô , de gr. -à et -a remonte à l’indo-européen ; le plus remarquable de ces faits est que les longues de l’indo-iranien qui répondent, dans la syllabe finale du mot, à des longues douces du lituanien et périspomènes du grec, comptent parfois pour deux syllabes dans les vers védiques et avestiques : ceci rappelle l’intonation lituanienne à double sommet et le périspomène grec ; ces longues semblent d’ailleurs être issues, en partie, de contractions indo-européennes; ainsi l’intonation du génitif lit. -ôs, gr. -aç, en face du nominatif lit. *-d, gr. -a, s’expliquerait ' par le fait que *-aç repose sur i.-e. *-âs qui représenterait *-â- du thème plus *-es, désinence du génitif, et non -â- plus la forme *-s de cette désinence (cf. p. 255).