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Les sonantes

On comprend sous le nom de sortantes l’ensemble des formes variées que prennent, suivant leur position, les phonèmes y, w, r, l, m, n.

SONANTES 77

Les sonantes occupent une situation intermédiaire entre les voyelles et les consonnes.

Gomme les voyelles, les sonantes comportent essentiellement dans la prononciation normale à voix haute une résonance glottaie, modifiée par le résonateur que constituent les organes de la bouche et du nez, et excluent toute occlusion complète : n et m se prononcent avec occlusion de la bouche (dentale ou labiale), mais avec un abaissement du voile du palais qui permet une émission continue de l’air par le nez ; cette occlusion buccale est d’ailleurs la plus faible de toutes, plus faible même que celle de i ou de pour lf la pointe de la langue touche le palais, mais les bords sont abaissés (ou au moins l’un des bords) de manière que l’émission de l’air ne soit pas interrompue ; r des anciennes langues indo-européennes est caractérisé par une vibration de la pointe de la langue, sans arrêt durable de l’émission ; enfin y et w sont les formes consonan tiques de i et u qui sont les plus fermées de toutes les voyelles, mais des voyelles.

Gomme les consonnes, les sonantes y} w , r , J , m, n, introduisent les voyelles proprement dites î, o, â ou des sonantes voyelles, telles que i} n, etc., et peuvent servir à marquer les limites des syllabes : ce sont des phonèmes caractérisés par un resserrement plus grand du passage de l’air que celui employé pour les voyelles proprement dites, t} o, ü, et comportant par suite une articulation plus marquée.

Il résulte de là que les sonantes peuvent jouer le double rôle de voyelles et de consonnes suivant qu’on met en évidence leur résonance et leur continuité ou le mouvement articulatoire de fermeture. Le parti que l’indo-européen a tiré de cette particularité constitue l’un des traits les plus originaux de sa phonétique.

Il y a quatre traitements différents des sonantes suivant la position, et ces quatre traitements indiquent autant de fonctions distinctes des sonantes en indo-européen : i° Consonne: à l’initiale du mot, devant voyelle ou devant sonante ; entre deux voyelles ; et aussi entre consonne proprement dite et voyelle. — 2° Second élément de diphtongue : entre voyelle et consonne

PHONÉTIQUE

(proprement dite ou sonante consonne). — 3° Voyelle devant une autre voyelle. — 4° Voyelle : à l’initiale devant consonne, ou entre deux consonnes. — La racine *pleu- «flotter, naviguer » fournit des exemples des quatre emplois de w :

i° w consonne : skr. plâvate « il flotte », v. si. plovetü gr. 'z'ké(f) si.

20 w second élément de diphtongue : skr. plosyati (de indoiran. *plausyatï) « il flottera », gr. xX suçotai, v. si. pluxü « j’ai navigué » (cf. gr. è'iuXeuaa).

3° w voyelle devant voyelle, noté ici uw : skr. parfait pupluve « il a flotté » (de *pupluiuai).

4° w voyelle, c’est-à-dire : u : skr. plutâh.

A ces quatre traitements il convient d’ajouter le cas important de: sonante suivie de *d , qui offre des complications.

a. — Sonantes consonnes.

Tableau des correspondances :

SKR.

ZD

ARM

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