‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 46 sur 129 · V. SL · texte numérisé non relu

V. SL

LIT

GOT

ARM

LAT

IRL.

dvd

P») ap1

rü

if, uf 2

aur 4

ar

or

ri

Xa, a A1

lï, lu1

il, ul 2

ul

al

ul

e(üf

in, ufi2

un

an

en

(v. note3)

ini, um 2

um

am

em

(v. note3)

Notes.

i° Les conditions dans lesquelles le grec a pa ou ap, A a ou a a ne sont pas exactement déterminées.

2° Les conditions dans lesquelles le vieux slave a lï ou lu (c’est-à-dire / voyelle ou l voyelle), etc., le lituanien il ou ul, etc., sont inconnues.

3° Le traitement de *n et *m en irlandais est trop complexe pour être résumé dans le tableau.

4° Got. aur représente germ. *ur.

Exemples :

skr. diç- « direction, région », lat. die- dans dicis causa ; gr. àooj « droit, justice » ; lat. dïetus (ital. detto ), skr. diftâh « montré » ; v. angl. tigen « montré ».

skr. gen. çünah « du chien », zd sunô (aussi écrit sünô ), gr. xovéç, v. irl. con (de celt. *kunos ), lit. sun(e)s.

skr. prêchât i « il demande », zd pwsaiti, arm. harçi « j’ai interrogé », lat. poscô (de *porcscô) ; v. h. a . for sca « demande » (avec or de germ. *ur)\ lit. pifsti « fiancer ».

SONANTES 91

hom. y,pxoir( (et y.ocpcir,) « cœur », lat. cor } cor dis, v. si. srüdïce, v. irl. cride-

skr. vfkah « loup », zd whrkô (avec notation par h d’une particularité due sans doute au ton), lit. vilkas , v. si. vlïkü, got. wulfs (avec une f due à une influence particulière).

skr. â(jjnâtah) « inconnu », gr. à(~7Vürcoç), lat. ignôtus, c’est-à-dire innôtus , de *in(-gnôtos ), v. irl. in(-gnad ), got. un(-kunfts ), arm- an^-canawth) .

skr. çatâm « cent », zd satdm, gr. (e-)zaT âv, lit. simtas , v. si. suto (avec un traitement ü contesté à tort), got. hund (de *humdan ), lat. centum, gall. cant, v. irl. cêt.

On le voit, *i et *u sont, au point de vue indo-européen, seulement les formes vocaliques des sonantes *y et *w, exactement comme *r, *1, *m, *n , sont les formes vocaliques des sonantes V, % *m, *n : skr. suptâh « endormi », gr. uicvoç, v. si. süml « sommeil » (de *süpnu) sont à skr. svdpnah « sommeil », v. isl. suefn « sommeil », ce que skr. prcchâti « il demande », etc. sont à skr. prâçnah « question », lat. precès, got. fraihna « j’interroge » ; skr. distâh « montré », etc. sont à gr. IBsiÇar « jai montré », lat. dïcô (de deicô ) et ce que skr. baddhâh « lié », got. bundans « lié » sont à skr. bândhuh « allié », got. binda «je lie », lit. bendras « associé ».

Les sonantes voyelles % *u, *r, *1, *n, *m sont brèves au point de vue indo-européen : le sanskrit les représente toutes par des brèves i, u , r, r , a, a; le grec également, sauf *r et */ dont il fait pa (ou ap), Xa (ou aX) : le gr. rcaipaai est, chez Homère, un dactyle, tandis que le locatif pluriel véd. pitfsu « chez les pères » vaut trois brèves suivant l’usage indo-européen ; le traitement si. ü de *n, (par exemple dans süto ) présente aussi une brève ; presque partout ailleurs qu’en indo-iranien, i.-e. *r, *1, *n, *T£i étant représentés par une voyelle suivie de r , l, m, n et devenant par là même des diphtongues, comme gr. ap, aX, ont pris valeur de longues ; mais le r sanskrit et les traitements indo-

PHONÉTIQUE

iranien, hellénique et l’un des traitements slaves de *n et *m indiquent que cette quantité longue résulte d’un développement postérieur à l’époque de l’unité indo-européenne, y On s’est souvent demandé si les brèves i.-e. *f, *1, *m étaient de pures sonantes vocalisées comme i et u, ou si ces articulations comprenaient une voyelle extrêmement brève précédée ou suivie de r, l , m, n consonnes ou seconds éléments de diphtongues. Cette question n’a qu’une importance secondaire, car l’essentiel n’est pas de déterminer si *r, *1, *m , *n se sont prononcés de telle ou telle manière, mais quels en sont les représentants dans les diverses langues et quelle en est la place dans la structure de l’indo-européen. — L’existence d’un élément vocalique très bref, indépendant de la sonante, ne pourrait être solidement établie que par des coïncidences de timbre des représentants de cette voyelle dans les diverses langues ; le fait le plus remarquable à cet égard est le double traitement baltique if et uf , auquel répondent les deux traitements slaves communs *fr et *ür, confondus dans v. si. rü, mais distincts dans russe er et or, et qui ont entraîné des formes différentes des gutturales en slave commun ; ainsi on trouve d’une part v. si. crünü (de *chnü) « noir », russe cèrnyj, v. pruss. kirsnan , lit. kirsna (nom propre de rivière, la « Noire »), cf. skr. krsnâh « noir », mais de l’autre v. si. krüma « poupe » (de *k^rma), russe kormâ , et, à ce dernier mot le grec répond peut-être par icpàpvY] « poupe »,

avec un traitement pu de *r qui rappelle le si. *«r, et qui diffère du traitement ordinaire p«. Les faits de ce genre sont trop isolés pour qu’il soit possible de faire une théorie complète.

Le fait essentiel est celui-ci : % *u, *r, *1, *m, *# sont des éléments parallèles les uns aux autres et jouent dans la langue un seul et même rôle, rôle vocalique.

e. — Sonantes devant *2.

Dans les groupes' de la forme : voyelle -f- sonante -|- *?-f- consonne, soit *enzt- par exemple, la sonante consonne et *9 ont leur traitement normal, et il ne se pose aucune question, c’est le type : skr. janita, g r. veveTwp, lat. genitor

SONANTES

ou, dans une langue à chute de ? intérieur (iranien, arménien, slave, baltique, germanique, v. p. 73), zd %antus de *gienztu-J v. sax. kind « enfant » de *giendtô-.

Dans les groupes de la forme : consonne (ou initiale du mot) sonante -f- 2 -f- consonne, il est difficile de déterminer le traitement. La sonante sera désignée ici par y , w, r, l, m, n, sans que cette graphie implique aucune hypothèse sur son caractère vocalique ou consonan tique.

Pour y et il y a une forme bien établie : *7 et *ù ;

toutes les langues concordent :

skr. krïtâh « acheté », irl. crïthid « emax ». skr. tüyah « fort », lit. Mas « plus d’un, maint », v. pruss. tülan « beaucoup » ; gr. tôXyj « enflure ».

Mais le grec connaît, à côté du traitement ï, ü représentant i.-e. *J, *ü, des formes telles que 12, ua, qui semblent représenter i.-e. *iyd, *uwd, par exemple dans icpfaaOai « acheter », en face de skr. krïtâh « acheté ».

Pour *r, */-}-?, on a en sanskrit ïr ou ür ( r représentant à la fois r et l, cf. p. 83 et suiv.), et pour skr. *n-\-9 devant dentale, â ; le traitement de *m- \-9, en sanskrit est mal connu. On a été conduit ainsi à poser i.-e. *f, *m , *n parallèlement à *7 et *ü.

Dans un certain nombre d’exemples, le grec répond par apa, aXa, a[j.a, ava, c’est-à-dire que tout se passe comme si l’on partait de i.-e. *°rd, *°fo, *°md, *°nz. Mais à côté de ce traitement, on en trouve un autre : pâ, Xà (et peut-être, en certains cas, poj, Xio), [xà, vâ, souvent ambigu parce qu’on ne saurait dire s’il ne s’agit pas de i.-e. *rât *lâ, *mà , *nâ (v. chap. iv), et dont par suite on est tenté de douter ; toutefois, a priori, ce traitement est vraisemblable ; car, à côté de l’indo-européen a dû connaître *ri ; or, le grec ne présente guère p a que dans des cas où l’analogie justifie une forme nouvelle de ce type, créée en grec même.

Le celtique a des formes du type ara , ala, etc., qui correspondent au type gr. apa, aXa, etc., et le latin a de même ari, ali , etc. (le plus souvent avec syncope latine de la voyelle intérieure). A côté, on a celt. râ , lat. râ, et celt. là, lat. là, etc., qui répondent

PHONÉTIQUE

à gr. pâ, Xâ, etc. Il semble donc que les deux traitements grecs 5e retrouvent en celtique et en italique.

Quant aux langues où d intérieur tombe (v. p. 73 et suiv.), les deux traitements distingués par le grec, l’italique et le celtique se confondent entre eux, et de plus se confondent avec le traitement ordinaire de *r, *1, *i}, *rgi ; toutefois le baltique et le slave distinguent par l'intonation *r et *f :

*X : lit. if ou uf serbe f (sous l’accent).

*f : — ïr ou ùr — f —

et de même pour toutes les séries. L’indo-iranien distingue aussi *# et *ri, d’où :

*n : lit. in ou un serbe ê indo-iran. â.

*n : — in ou un — e ou u — â.

On entend ici par *f, *\*m *%, l’ensemble de ces traitements complexes de *r, % *m, *n-+-z.

Les exemples suivants donnent une idée des faits :

skr. glrnàh « avalé », lit. girtas « ivre » et gùrkli (accusatif) « gosier », v. si. grülo (serbe gflo) « gosier » ; gr. gàpaôpcv (l’a) de Igpwv représente i.-e. *0).

v. si. ( sü‘)trütü « usé, frotté », serbe tfti « frotter, user », gr. Tpâvrçç « pénétrant » (l’exemple parait sûr) ; v. irl. taralhar « tarière ».

skr. sphürjati « il éclate, il se montre, il fait du bruit », gr. c^apa-feti), lit. spùrgas « bouton, pousse », lat. spargd (de *sparagô ?) .

skr. dirghâh « long », zd dar^ô (dissyllabique), v. si. dlïgü (serbe düg) ; lit. ilgas (sans d initial).

gr. '3Ta7.dqj.Tq, lat. palma (de *palama?), v. irl. lâm « main », v. angl. folfn (de germ. *fulma) « plat de la main ».

skr. pürnàh « plein », v. si. plünü (serbe pûn ), lit. pilnas, got. fulls (de germ. *fulna ^), v. irl. lân.

skr. jâtàh « né », zd %âtô, lat. (g)nâtus, gaul. ( Cintu -)gnâtus ; got. ( guma-)kunds « mâle » (litt. « né homme »).

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