‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 47 sur 129 · SON ANTES · texte numérisé non relu

SON ANTES

skr. yâtà « femme du frère du mari », lat. ianitricès.

lit. ( pa-'ftintas « connu », got. kunfts.

gr. Ôavaxcç « (la) mort », à côté de Ovrçxoç (dor. ôvaToç).

gr. (à-)àà[AaT0ç, à côté de S^yjtoç (dor. BjAâtoç). lit. timsras « couleur alezan brûlé ».

Une forme comme gr. va dans xéôva^ev, à côté de xéÔvYjxa, s’explique par analogie ; cf. laxapiev, à côté de saTYjy.a. De même lat. grauis , qui présente ra issu de *rv, repose sur un féminin *grdwî-, analogique d’une forme telle que *plth9ivî (skr. prthivî, gr. HXaxataQ. Les cas de ce genre sont rares.

Les correspondances notées par *f, *1, *n, *tp,, n’existent pas en dehors des combinaisons *r 9, *l-\-9, etc. On n’en saurait dire autant de *ï et *ü . En effet ces sonantes longues alternent parfois avec *i et *u brefs :

skr. vîrâh « homme », zd virô, lit. vyras, mais lat. mr, v. irl. fer (d e*wïros), got. wair (de *wïra%).

skr. nu « maintenant », gr. vDv, v. si. nynè, mais skr. nti, gr. vu, lat. nu(jdiûs ), v. irl. nu, v. si. nü.

Dans ces mots, l’emploi de *î ou *ï, de *ü ou % était sans doute déterminé par des raisons de rythme ; par exemple, dans les aoristes à redoublement, Vi du redoublement est long devant syllabe brève dans skr. ririsat « il a nui » et bref devant syllabe longue dans skr. didîpat « il a brillé » ; en gr. l’u du nom du « feu » est long dans le nominatif monosyllabique, bref en certains cas : xup, xvpoç. Ces longues résultent d’ailleurs en partie de développements indépendants propres à chaque langue ; on en a la preuve par ceci que, en sanskrit, le i représentant i.-e. *9 est souvent long ; or, cet i est purement indo-iranien.

En aucun cas, ces*£ et *ü ne sont autre chose que des sonantes voyelles ; ainsi le ü de *nu est w dans le mot de même famille skr. nâvah « nouveau », gr. vé(/)oç, lat. nouos, v. si. novü.

PHONÉTIQUE

Remarque sur les sonantes.

Les conditions dans lesquelles apparaissent les diverses formes des sonantes ne pourront être étudiées qu’à propos de la syllabe et, au chapitre iv, à propos des alternances vocaliques. Ce jeu des formes variées des sonantes est l’un des traits caractéristiques de l’indo-européen ; aucune langue attestée ne l’a conservé au complet ; le sanskrit même, qui l’a le mieux gardé, en a déjà perdu quelque chose ; l’aspect archaïque du lituanien est dû en partie à la conservation du système des sonantes, dont, seul de toutes les langues indo-européennes vivantes, cet idiome donne aujourd’hui encore une idée approchée.

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