III. — Le mot et la phrase
Accentuation.
Le mot n’admet pas, comme la syllabe, une définition phonétique ; en effet la notion de mot n’est pas phonétique, mais morphologique et syntaxique. On peut déterminer avec rigueur où commence et où finit un mot morphologique indo-européen ; mais la limite du mot phonétique peut être différente. Soit le vers d’Homère :
A 82 £tff opowv Tpwwv X£ TlÔXtV y.ix\ vyjaç A^aiwv.
Tpwwv et i£ y sont deux mots indépendants, le premier fléchi, le second invariable, jouant dans la phrase un rôle indépendant, et ils ont chacun leur signification propre ; mais au regard de la phonétique Tpwwv x= ne forme qu’un mot : le mot x£, autonome par le sens et par l’emploi dans la phrase, est atone et lié dans la prononciation au mot précédent ; c’est ce que l’on nomme un mot enclitique. Dans les inscriptions perses achéménides, où il y a une marque de séparation entre les mots, le diviseur n’est pas marqué entre un mot et l’enclitique suivant.
Néanmoins, grâce à la structure morphologique de l’indoeuropéen, le nombre des mots de chaque phrase se laisse déterminer. En français il est difficile de dire combien il y a de mots dans il est venu à Rome , car il est venu n’est en un certain sens qu’une forme une exprimant une certaine idée, et pourtant on peut dire il n'est pas venu ou il y est venu ou il n'y est pas encore venu , et les trois éléments de il est venu sont alors séparés dans la