‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 50 sur 129 · IO · texte numérisé non relu

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réalité même de la phrase, comme ils le sont par l’écriture : au contraire, dans le latin uenit Romani, représentant exactement ici un type indo-européen, la forme grammaticale ne permet aucun doute sur le nombre des mots.

Aussi le mot indo-européen est-il en général limité d’une manière précise même au point de vue phonétique : il est terminé par un phonème qui a une prononciation particulière à cette position, et il ne comporte qu’une seule syllabe tonique.

Fin de mot. — Le caractère particulier de la fin de mot est attesté dès l’abord par la métrique : dans les vers de plus de huit syllabes, le védique, l’avestique et le grec ancien ont d’ordinaire une coupe, qui consiste en une fin de mot obligée, à une place définie ; de même ausssi le saturnien latin ; la coupe des vers antiques diffère essentiellement de la césure de l’alexandrin classique français, laquelle comporte une certaine suspension de sens.

Les occlusives finales sont traitées autrement que les occlusives intérieures. Pour le sanskrit, les définitions des grammairiens montrent qu’elles étaient bornées à l’élément implosif et qu’elles paraissaient « écrasées » ( pidita -) ; elles sont sourdes ou sonores suivant qu’elles sont suivies d’une sourde ou d’une sonore (consonne, sonante ou voyelle), tandis que, sauf devant occlusive sonore, les occlusives de l’intérieur du mot conservent leur qualité propre : le sanskrit oppose donc -at ta -, -ad da -, -ad ra-, -ad a- de la finale à -atna-, -ata-, etc. qui sont licites à l’intérieur du mot. En grec, en slave, en baltique, en germanique, en celtique, en arménien, les occlusives finales ainsi réduites à la simple implosion ne sont plus représentées : à skr. àbharat « il portait » le grec répond par è'çspe (et l’arménien par eber ), à skr. tât « ceci » par to, cf. v. si. to . Dans les cas de ce genre le latin a toujours -d, ainsi istud, v. lat. fèced ; le -t des troisièmes personnes comme uehit (d’o hfècit par analogie) provient de ce que ce sont d’anciennes finales en *-eti (cf. skr. vâhati « il va en char », v. russe ve%etï) dont le *-i final est tombé en latin.

La sifflante finale est traitée d’une manière parallèle aux occlusives. En sanskrit, à la fin d’un mot qui 11’est pas uni dans la

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PHONÉTIQUE

prononciation à un mot suivant, il n’y a pas à proprement parler de -s, mais un simple souffle qu’on désigne par -h ; et tandis que, à l’intérieur, s reste sourde devant les voyelles et les sonantes (indo-iran. *-asa, *-asya-, *-asna-, *-asra-, etc.), à la fin -s est sonore en indo-iranien devant toute sonore, voyelle, sonante ou consonne, et ce *-% final, absolument différent de *-çintérieur, comme *-s finale est différente de *-s- intérieure, subit divers changements et provoque diverses altérations ; *-a% devant consonne donne skr. -o : âçvo « cheval » ; le pâli a généralisé le -o correspondant, et le nominatif ordinaire du même type est en -o : pâli asso ; la chuintante finale qui, après *i et *u, représente i.-e. *-s est en indo-iranien *-£ devant sonore ; ainsi le correspondant de gr. Sua- au premier terme des composés (avec traitement de la finale et non de l’intérieur) est devant toute sonore zd du%-, skr. dur- (avec r représentant \ final) : zd du^-ita- « mal » (« où l’on va mal »), skr. dur-itâ- ; zd du^-vacah- « qui a une mauvaise parole », skr. dur-vacas- ; etc. En slave, *-s finale disparaît en principe, mais s’est conservée après consonne dans quelques prépositions et préverbes monosyllabiques unis dans la prononciation au mot suivant, comme vüs -, vü%- (de *ups} *ub%), et la répartition de s et ^ répond exactement à la répartition indo-iranienne : vüs-xoditi « monter », mais vû^-iti « monter ». Le latin a généralisé la sourde -s, mais avec une prononciation affaiblie : dans les plus anciens textes, la sifflante n’est parfois pas écrite, et les poètes de l’époque républicaine ont pu n’en pas tenir compte au point de vue prosodique ; Ennius écrivait couramment des vers comme celui-ci :

postquam lumina sis oculis bonus Ancu(s) reliquit.

En germanique, la sonore finale, usuelle devant les sonores, a été généralisée au moins dialectalement ; elle est conservée en islandais sous la forme -r et aussi dans les dialectes occidentaux, dans les monosyllabes, par exemple v. h. a. hiver « qui », cf. skr. kàhy et en gotique devant les enclitiques à initiale sonore : hwa^-ei. Sans examiner le détail, on voit que le traitement de -s finale diffère du traitement de *-s- intérieure.

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