RACINES DISSYLLABIQUES
Racine *tcrd-} *trê- « frotter, user en frottant » : e/zéro : *terd- : gr. xsps-xpcv, lat. tere-bra,
*ter- : lat. ter-ô.
oj zéro : *tord- : gr. xop-p-oç « trou », v. isl. ftar-mr, v. h. a. darm « intestin ».
*tor- : gr. xcp- bç « perçant ».
zéro/e : *trê- : gr. xp^-ioç, v. h. a. drâ-jan « tornare ». zéro/ô : *fro- : gr. xi-xpto-jxio.
zéro/zéro : */f- : gr. xpâ-vVjç « perçant », y. si. trüti (serbe trtî) « frotter ».
: v. irl. tara-thar « tarière ».
*tar- : v. si. tlr-o « je frotte ».
*tr- : gr. xp-$(o, lat. tr-ïtus.
Racine *pewd- « purifier » :
£/zéro : *pewd- : skr. pavi-tram « ce qui sert à purifier ».
*pew- : skr. pâv-ate « il purifie » .
é/zéro : *pèw- : skr. â-pâv-isuh « ils ont purifié ». oj zéro : : skr. pav-âyati « il purifie », m. h. a. vaeiuen-
zéro/zéro : *pü- : skr. pü-tâh « purifié », lat. pü-rus.
*puw- : skr. pu-puv-uh « ils ont purifié » .
*pu -, dans le verbe à infixe nasal skr. punâti « il purifie ».
Racine *gweyz, *gwyë- « vivre » :
e/zéro : *gv,Tey-: hora. «je vivrai ».
n/zéro : *gwoy- : skr. gày-ah « état de maison », zd gay-ô « vie », serbe gôj « paix ».
zéro/*?: *g'Nyê- : gr. ^-aa> « je vivrai », zd j y à- tus « vie ». zéro jô : *g™iyô- : gr. gua-vai.
Y'J'ê- : gr- ï<o-ôî-
zéro-zéro : *£wî- : skr. jl-vàh « vivant », v. si. %i-vü, lit. gy-vas , lat. ui-uos.
*g™iy- : gr. gf-o*.
Ces racines dissyllabiques se terminent par leur voyelle longue alternant avec d : il y a des racines du type *petz : *ptê -, il n’y en
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a pas du type *petdk- : *ptèk- ou *petts- : *ptës~. Les exemples qu’on pourrait alléguer contre ce principe sont en général limités à une seule langue et peu clairs.
Etant donné que *ü, *è, *ô ont la même valeur que voyelle plus sonante, on doit s’attendre à rencontrer des racines terminées par voyelle plus sonante ; en fait on trouve des racines de la forme : *petu- : *pteu-, par exemple celle du gr. /eXu-xpcv « enveloppe », lat. uolu-ô « je tourne », arm. gelu-m « je tords », et du verbe à infixe nasal correspondant skr. vrnôti « il couvre », c’est-à-dire indo-iran. *vr-na-uti. L élément *-eu- a le caractère d’un élargissement (cf. p. 1 44 et suiv.).
Outre la complication de leurs formes, les racines dissyllabiques présentent cette difficulté que l’usage de leurs degrés vocaliques à voyelle longue finale tels que *ginê- ou *gxnô- dans la morphologie indo-européenne n’est pas encore déterminé d’une manière précise. Ce degré fournit notamment des aoristes tels que =yvü), iS'ào, £tXy; (dor. èxXâ, etc.), des parfaits comme véd. paprâ, paprau « il a empli », hom. tstX Yjxa, xéTAajjtÆv, etc. ; et les cas à vocalisme e et o de noms racines au deuxième terme de composés tels que gr. à-yvwç.
Les alternances qui viennent d’être décrites n’expliquent pas tous les cas qu’on peut rencontrer, mais elles sont les seules qui aient un rôle défini dans la morphologie indo-européenne. On ne saurait par exemple rendre compte ainsi de gr. àv-syx- e?v « porter », skr. ân-âmça « il a atteint », irl. ro-ânaic « il a atteint », v. si. neso «je porte », lit. nesù «je porte », etc., où du reste ne figurent que les formes *enk -, *nek-, *nok -, c’est-à-dire le jeu de e , o, zéro, avec des complications spéciales ; il est impossible d’entrer ici dans le détail de ces faits qui est infini. Quelques oppositions comme celle de gr. ïzep cev (glosé par sséprjsEv), lat. terreô et de skr. trâsati « il tremble », gr. zpém trouveront leur explication dans la théorie des racines : de même que l’on a en principe *gien9- et *ginë-, on a ici *ters - et *tres-, avec un seul e actuellement présent (cf. p . 129).
Une racine à deux voyelles toutes deux au degré plein, comme gr. ksXs-jô-, xoXoj0- dans xlXsuôoç, à-xoXo’jôoç, est chose excep-
VOYELLE A
tionnelle et limitée à une seule langue, contraire à l’usage indoeuropéen : skr. ân-âmça peut être ancien, gr. èvvjvsYpiat a peu de chances de l’être, et l’on sait que èvVjvo^a est une création réalisée par le grec à l’époque historique.
En tenant compte de l’équivalence morphologique de *â, *ë, *ô et de *e plus sonante, établie p. 128 et suiv., on peut poser en principe que toute racine ou tout suffixe comprend au moins une voyelle alternante de la forme : e (ou é), 0 (ou 0), zéro.
La voyelle *a n’apparaît guère que dans certaines conditions spéciales, de même qu’elle ne figure pas dans les alternances (v. p. 123) :
i° Dans le langage enfantin, comme:
gr. axxa « papa », lat. atla, got. atta, v. si. ot-ïcï « père », irl. ai te « père nourricier » ; skr. tata « papa », gr. xàxa, lat. tata, bret. tdd.
et dans des mots expressifs comme :
skr. kakhati, gr. y.ax^aÇo), lat. cachinnô, etc.
20 Dans des mots isolés et, par là même, suspects d’être des emprunts (en partie de date indo-européenne), comme :
lat. faba, v. si. bobü « fève », v. pruss. babo.
lat. barba (le premier b, au lieu de f, par assimilation), v. h. a. bart, lit. barçdà, v. si. brada « barbe ».
lat. far, farina ; got. bari^eins « d’orge » ; v. si. brasïno « nourriture ».
Aucun de ces trois mots n’a de correspondant en indo-iranien, en arménien, ni en grec ; on rencontre pourtant a dans quelques exemples attestés en indo-iranien, ainsi :
skr. hamsâh « sorte d’oiseau aquatique », lit. fysïs « oie », v. h. a. gans, lat. anser (forme rurale au lieu àe*hanser), gr. génit. (de vg-oç).
3° Sans doute dans quelques désinences, notamment celle de irc personne active du parfait au singulier *-a : gr. FotSa, skr. véda « je suis », got. wait ; cf. v. irl. cechan « j’ai chanté », qui suppose *-a, et non une nasale voyelle.
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4° A l’initiale de certains mots :
soit isolément, comme dans :
gr. àypo;, lat. ager, got. akrs , skr. âjrah « champ, campagne »
soit en regard de formes sans a , par exemple :
gr. àaiiqp, ôcorpov et arm. asti « astre » ; zd star- « étoile », véd. stf-bhih « par les étoiles », v. h. a. sterno « étoile », et lat. stèlla.
gr. alôo; cc feu », skr. édhah « bois à brûler », lat. aestàs , gr. tôapoç « clair », skr. idhmâh « bois à brûler ».
got. arms « bras », v. si. ramo « épaule » (dont l’intonation suppose i.-e *arzmo-) : skr. Irmàh « bras », v. pruss. irmo « bras », avec *f initial.
gr. ay^d), lat. angô, angustus, got. aggwus « étroit », v. si. çzîikü, arm. anjuk, skr. amhüh : v. si. (y)e%p « je lie » (qui suppose \gjj-)-
Ce type d’alternances *a : zéro, propre à l’initiale, se rencontre concurremment avec le type normal *e, *o, zéro.
lat. auged, got. aukan « croître », lit. âugu « je croîs », skr. ôjah « force » : skr. ugrâh « fort » ; gr. «(^sqw « je croîs » : skr. vàvâksa « il a crû », got. wahsjan « croître » ; gr. auÇw, lit. âukstas « grand » : skr. üksant - « croissant » ; c’est-à-dire *weg-(weks-)i *wog-(*woks- ), *ug-(*uks- ) : *aweg -, *azvog -, *aug- (* aweks -, etc.).
Lat. aurès , irl. au , ô «oreille », tarent, ara (de *au saxa, cf. ààvÔa • stBoç èvamou rcap’ ’AXx^av., Hesych.), en face de la forme à degré zéro de v. si. usi « les deux oreilles », arm. unkn « oreille », et de la forme à o- de gr. oSora (de *ou<7axa), et à ô de dor.
L’alternance de *a : zéro qui figure à l’initiale sans avoir de rôle morphologique ne se retrouve pas à l’intérieur du mot : le rapprochement de skr. yâjati « il sacrifie », istâh « sacrifié » et de gr. aÇopxt « j’ai un respect religieux pour », qui supposerait un *a alternant avec zéro, est borné à deux langues, ce qui lui ôte a priori toute certitude, et d’ailleurs il est peu satisfaisant pour le sens et n’est pas recommandé par une concordance de formes.
ALTERNANCES CONSONANTIQUES
B. Alternances consonantiques. — Les alternances consonantiques n’ont pas de rôle morphologique ; mais des variations de forme des sonantes et des consonnes apparaissent dans les racines, les suffixes et les désinences.
i° Alternances des sonantes.
En sanskrit védique, la finale du nominatif-accusatif duel masculin a trois formes qui, dans les parties les plus anciennes du j^gveda, se répartissent ainsi : -au à la fin de la phrase ou du vers, -âv devant voyelle initiale d’un mot suivant, -Æ devant consonne ou sonante initiale d’un mot suivant, soit : ubhâv âçvau « les deux chevaux », ubhâ devdu « les deux dieux », ubhâ çyenâu « les deux faucons », ubhâ yamâu « les deux jumeaux ». Cette alternanceest ancienne au moins dans les noms dénombré; si, en effet à véd. -â répondent zd -a, v. si. -a, lit. -u (de *-w), gr. -o), lat. -ô (dans ambô ), l’autre forme -au, -âv a ses correspondants dans v. irl. dâu, v. isl. tuau « deux », en face de véd. d(u)vâ } hom. ouw, v. si. düva ; et de même, si gr. o/.tw et lat. octô sont identiques à véd. astâ « huit », c’est à véd. astâu ( [astâv ) que répond got. ahtau, et le latin a trace de *w dans le dérivé octâuos.
D’autres diphtongues, finales de mots, à premier élément long présentent la même alternance de longue plus sonante : longue simple. Le thème en -i- indo-iranien *sakhai - « compagnon » a pour nominatif skr. sakha, zd haxa ; en grec les nominatifs Ay]tü>{ (écrit Ayjtw) et Ay)tü) du thème Ayjtoi- (vocat. Ayjtcï) semblent coexister. — En regard de gr. lat. mater , arm.
mayr « mère » , le sanskrit a mâtâ et le lituanien môtê ; en regard de gr. y.utov, le sanskrit a çvâ, le lituanien su ; le latin fléchit homôy hominis, etc. L’élément sonantique par lequel se terminent les diphtongues (ou plutôt certaines diphtongues) à premier élément long finales de mots était donc sujet à manquer.
Une sonante second élément de diphtongue à premier élément long est aussi sujette à manquer devant sonante ou consonne finale de mot : les nominatifs skr. dyàuh « ciel, jour », gr. Zeüç (de *Zyjuç) et skr. gàuh « bœuf », gr. gouç (de *(3a)u<;) sont
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accompagnés d’accusatifs skr. dyam , hom. Z *?jv, iat. diem et skr. gam, dor. gwv. Le thème *m-, attesté par le nominatif pluriel skr. rây-ah « richesses », a un accusatif singulier skr. râm , lat. rem (cf. p. 86 et suiv.). — La désinence d’accusatif pluriel qui est *-ns après voyelle brève, ainsi dans le démonstratif crét. to-vç, got. fta-ns, v. pruss. sta-ns « ceux-ci », est seulement *-s dans les thèmes en -à- : skr. -âh, lit. -as (de *-os ) ; de même le sanskrit a mâh « lune, mois » et le slave mès-ecï (même sens) en face de lat. mensis et de gr. \j:r^ (génit. lesb. [jLyjvvo; supposant *|ay5vœoç) ; le sanskrit a mâh « chair » en face de skr. màmsâm « chair », v. si. meso, got. mi ms.
Quelques racines ont une alternance de dy, èi, ôi : è, ô , ï ainsi :
skr. dhây-ati « il tette », v. si. doj-o « je tette », got. daddjan « téter », avec degré zéro car, avant ou après y} en syllabe
initiale, i.-e. *9 est représenté par a en indo-iranien, skr. dhè-nâ « vache » , skr. dhây-ase « pour téter », v. h. a. tâ-anskr. dhâ-rüh « tétant », gr. Ôyj-X u; « femelle », lat. fê-lâre « téter », lit. (pir modelé « primipare » (se dit d’une vache), skr. dhi-tah « tété », lat. fï-lius.
Ou encore :
v. si. poj-o « je fais boire ».
skr. pây-àyati « il fait boire ».
skr. pâ-ti « il boit », pâ-tram « coupe à boire », lat. pô-culum, lit. pü-ta « buverie », éol. « bois ».
skr. pi-tâh « bu », v. si. pi-ti « boire », gr. tcÏ-Gi « bois ».
L’absence de la sonante dans *dhë -, *pô- s’explique par la brévité relative de l’élément sonantique dans une diphtongue à premier élément long (cf. p. 85 et suiv.).
A l’initiale, le groupe consonne plus sonante consonne alterne avec la consonne simple, sans sonante :
skr. locatif tvé « en toi », gr. dat. loc. <soi (de *tFzC) : skr. gén.
ALTERNANCES CONSONANTIQÜES l3g
dat. atone te, v. si. ti ; accusatif skr. tvâm, tvâ « toi », gr. as (de *zfe) : v. si .te (cf. tvoji « ton »), v. h. a. dih.
gr. *Féq « six », gall. chwech (de *sweks ), zd. xswas (de *svaf) : lat. .œx, got. saihs (de *seks), skr. sât (de *saks).
skr. syûtâh « cousu », lit. siütas « cousu », y. si. siti (d e*sjyti) « coudre » : skr. sütram « fil », lat. sûtus.
skr. prâti « contre », gr. xpoit, irpo;, v. si. proti-vü « contre » : y. perse patiy, dor. gr. rcori, tco;, lit. pas (de *pats).
got. brïkan « briser », brukans « brisé », lat. frangô, fragilis (de *bhr°g-), frêgî : skr. bhâjati « il partage », bhanâkti « il brise », arm. bekanem « je brise » (et gr. çx/eiv « manger » ?).
skr. prathimân- « largeur », lit. platüs « large », gr. iuXa- Tajxcov, 7:XaT'jç, (à);jt.o-)TCXaT^, v. si. pleste « épaule » : zd pabana- « étendu », gr. iz sxavvüpu « j’étends », lat. patère « être étendu », lit. petys « épaule ».
Enfin dans les racines qui ont un redoublement intensif (comportant répétition de la sonante radicale), on rencontre des alternances des trois sonantes r, l, n : ainsi à côté de IV de gr. sgpwv, lat. uojâre, lit. gérti (cf. ci-dessus, p. i32), il y a l dans lat.^wrguliô « gosier », v. h. a. querechela (même sens), lit. garguliùju « je fais entendre un bruit du gosier », et n dans gr. yaYYpxiva ; des mots à redoublement, / a passé à des simples : arm. klanem « j’avale », ekul « il a avalé », v. h. a. chela « gosier », v. irl. gelim « je dévore », lat. gula, gr. xa-j&ést'xaxa-TCivsi Hes. Ces alternances proviennent de dissimilations ; par exemple un type schématique *gv,er-g'"er-e- est devenu ^g^er-g^el-e-, et *gwer-gr-eest devenu *gv''en-gr-e- : r second élément de diphtongue a, on le voit, un autre traitement que r consonne, et le passage à n semble indiquer pour ce phonème un relèvement très incomplet du voile du palais; le traitement de la consonne initiale dans irl. gelim, v. h. a. chela, gr. yayypaiva indique que la gutturale était aussi altérée et qu’il s’est produit une dissimilation comparable à celle de lat. quinque dans lat. vulgaire *cïnque (fr. cinq ), soit *ger-gVfel-e-, *gen-gwr-e-, d’où généralisation de g au lieu de g'v dans certains cas. Les alternances de r et / sont nombreuses, et
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on en rencontre là même où le redoublement intensif ne s’est pas conservé, ainsi en regard de skr. çi-çir-âh « froid », v. isl. héla (de *he-hl-an) « geler », on a lit sarnà « givre », arm. safn « le froid », v. isl. hjarn « neige solidifiée », et d’autre part lit. salua , v. si. slana « givre ».
2° Alternances des consonnes.
Une initiale *s plus consonne (ou sonante) alterne souvent avec une consonne (ou sonante) ; ainsi :
*sp-, *p- skr. spàç- « espion », zd spasyeiti « il voit », lat. speciô , v. h. a. spehôn « observer » : skr. pâcyati « il voit ».
*st-, *t- : got. stauta « je heurte » : skr. tudâti « il heurte », lat. tundô.
*sk-, *k~ : v. h. a. skeran « tondre », v. si. skora « peau», lat. scortum : gr. xeipw « je tonds », v. si. kora « écorce », lat. corium.
*sm -, *m- : v. h. a. smelçan « fondre » : v. angl. meltan « fondre », v. h. a. mal% « malt », gr. jjiXcw.
*sw-, *w- : gr. àFeÇ, gall. chwech « six » : arm. veç « six », et, avec la forme à vocalisme zéro, v. pruss. uschts « sixième ».
En tenant compte de l’alternance *sw- : *s- déjà constatée p. 139, il apparaît une alternance : *sweks (gr. '/£>;), *seks (lat. sex), *zveks (arm. veç) ; dans un cas de ce genre, la forme complète peut par hasard ne pas être attestée ; on aperçoit ainsi le moyen de rapprocher gr. Iaxw «je tire » (avec esprit rude, mais sans F initial), lat. sulcus « sillon » (de *solkos) de lit. velkù, v. si. vlèko « je traîne » en supposant un ancien *sw- initial.
On a vu, p. io3, l’alternance du type^ôwv : yap. a(, lat. humus. L’exemple n’est pas isolé ; on retrouve, entre autres, gr. ‘/0é; en face de lat. herï.
A la fin des racines, les occlusives sonores aspirées alternent parfois avec des sourdes aspirées :
*g'vh : *kh: gr. ovuÇ, ovu^o q, lat. unguis, v. irl. ingen « ongle », lit. nâgas « ongle », v. si. nogütï « ongle » : skr. nakhàh, persan nâxun « ongle ».
*dh : *th : skr. âdha: âtha « et, alors ».
ALTERNANCES CONSON ANTIQUES
*bh : *ph : skr. nâbhih « nombril, moyeu de roue », v. pruss. ttafôr « nombril », lat. umbilïcus, irl. imbliu : zd nâfô, pers. nâf « nombril » ; le o de gr. o^çaXoç et le b de y. h. a. nabolo peuvent reposer soit sur *bh, soit sur *ph.
Il y a aussi quelques cas d’alternances de sonores aspirées et sonores simples, ainsi *dh et *d dans skr. budhnâh v fond », gr.
avec dh, et v. angl. botom « fond », avec *d. Dans une série de cas, skr. h répond à un *g des autres langues :
skr. ahâm, zd a%?m « moi (nominatif) » : gr. èyw, lat. ego, got. ik.
skr. maham « grand » (acc. sg.) : arm. mec, gr. [j.iyzç, got. mikils , lat. magnus, magis.
skr. hânuh « menton » : arm. cnawt, gr. yévuç, lat. genuînus ( dens ), got. kinnus
skr. duhita, gâth. dugidâ (a \ec gd issu de *ght, ce qui atteste que la sonore aspirée est indo-iranienne) : gr. OüyâzYjp.
Dans le nom du « cœur » , l’indo-iranien a une sonore aspirée : skr. hfd- et zd %grdd-, skr. hfdayam et zd T^rdlaèm, pers. dil (de *drd -), en regard de la sourde simple des autres langues : arm. sirt, v. si. srüdïce, lit. sirdis, gr. xapStâ et xyjp, lat. cor, v. irl. cride, got. hairto.
Une sonore simple alterne parfois avec sourde, notamment d avec t :
gr. Ssxàà- « dizaine » : skr. daçât-, v. si. deset-, lit. desimt.
v. si. tvrüdü « ferme » : lit. tvïrtas.
skr. pibati « il boit », v. irl. ibid, lat. bibit, thème de présent à redoublement de la racine *pô(i)~ vue ci-dessus, p. i38 (sur le b v. p. 61, et cf. p. io3).
G. La nasale finale. — En fin de mot, on observe souvent une alternance entre des formes terminées par une voyelle simple et des formes terminées par voyelle suivie de nasale. Le cas le plus net de cette alternance est le -v éphelcystique de l’ionienattiquedans des cas tels que : è'çeps, l yepev ; Isti, è'crxtv ; icojf, tcoœi'v ; hom. jâfy©*., gtrjçiv ; etc. La comparaison présente souvent le cas de formes les unes terminées par une voyelle, les autres par
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voyelle suivie de nasale, sans aucune différence de sens. Ainsi au datif instrumental duel l’iranien a -byà, et le sanskrit -bhyâm ; à la 3e personne s g. active secondaire du duel, le sanskrit a -tâm et le grec -xâv, tandis que le slave a -ta ; à la ire personne de pluriel active, l’indo-iranien a -ma, et le grec -^ev. Dans les cas de ce genre, la nasale finale n’est pas organique.