IÔ
LE NOM
a. Formation des thèmes.
Les thèmes primaires nominaux se rattachent à la racine au< même titre que les thèmes primaires verbaux ; aussi leur rôle est-il à peu près pareil à celui des noms verbaux dans les langues plus modernes. Par exemple en sanskrit un nom d’agent en -tarpeut se construire avec l’accusatif comme le verbe correspondant : data vâsu « il est le donneur de bien » ; le lat. dator est également primaire, quoique influencé par le vocalisme du verbe dare ; sur le modèle de "ces noms primaires ont été formés des noms verbaux comme pugnâtor de pugnâre, etc. : la formation de noms verbaux de cette sorte est un des traits caractéristiques de presque toutes les langues indo-européennes historiquement connues ; ainsi au lieu du nom primaire en *-tei- attesté par skr. iüstib « faveur, satisfaction », got. ( ga-)Jmsts « épreuve », qui serait *vuaT iç, le grec a Refais, dérivé de ye-jo^ac ; ces noms verbaux ont d’ailleurs hérité des propriétés des thèmes primaires.
Le nombre des types de formations nominales est grand. La seule racine *men- « penser », qui n’offre, il est vrai, aucune forme radicale sans suffixe, présente les thèmes suivants attestés par l’accord d’au moins deux langues :
*mén-es- : skr. mânah (génit. mânasah) « pensée », zd manô, gr. I^vo; (gén. yÂizoï).
*mén-men- : skr. mânma (génit. mânmanaJp) « pensée, prière »y v. irl. menme « esprit » ; cf. lette mima « énigme ».
*m°n-ei- : skr. münih « personnage inspiré », got. muns (acc. plur. munins') « pensée ».
*men-ter-: skr. manta « celui qui pense », gr. Mévxwp, lat. mentor , commentor.
*mén-tro-, *mên-tlo- : skr. mcintrah « formule religieuse », zd maftrc (même sens), lit. ( pa-^menklas « monument ».
*migrtô- : skr. matâh « pensé », zd matô, lit. militas , got. munds, lat. ( çom-)mentus , peut-être gr. (a’jT6-)[j.aToç.
*mri-tei- : skr. matih, mâtih « pensée », lat. mens, v. si. ( pa-)metï « souvenir », lit. (at-)mintïs (même sens), got. (ga-)munds (même sens).
THÈMES NOMINAUX
C’est sans doute par hasard que le thème *mén-teu- de skr. mântuh « acte de penser » n’est pas attesté dans deux langues.
Toutefois il importe de constater que la langue courante ne forme pas librement des termes nouveaux. Les thèmes employés sont d’ordinaire déjà dans l’usage, et il est assez rare qu’un sujet parlant ait occasion d’en former un qu’il n’ait pas encore entendu ; seuls les mots les moins usuels sont analysés et ramenés mentalement à leurs éléments constitutifs. La formation de thèmes nouveaux n’a guère lieu que lorsqu’il s’introduit des notions nouvelles, des techniques inconnues (et elle est alors le fait de langues spéciales), ou lorsqu’on doit remplacer un mot frappé de quelque interdiction, ou enfin, notamment dans la langue religieuse, lorsqu’on veut s’exprimer avec intensité. Il s’agit donc de circonstances définies.
Il suffira de donner un aperçu des principaux types de formation, à titre d’exemples.
i° Thèmes à suffixe zéro; type athématique. — L’élément prédésinentiel soumis aux alternances vocaliques de la flexion est la racine, et il en résulte que ces mots se présentent parfois sous des aspects différents dans les diverses langues :
*ped- « pied » : skr. pat , nom. plur. pâdah, gén. abl. sing. padâh ; gr. dor. tuwç, tcoSsç, xooé; (prédésinentielle s dans l’adverbe lesb. Ttébx « après » et le composé TuéXAuipcv, de *^£c- Xuipov, « sandale ») ; arm. otn (nominatif- accusatif, issu de l’accusatif), nom. plur. otkh ; lat. pês, pedês , pedis ; got. fotus fait sur l’acc. sing. fotu, pourvu lui-même de l’ô du nominatif. Flexion indo-européenne : nom. sing. *pdts, nom. plur. *pôd-es , gén. abl. sing. * ped-e/o-s .
*zvekw - « parole » : skr. vàk, zd vâxs (instr. vaca) ; lat. uôx ; hom. gén. bziç, acc. cira.
*weik r « clan, village » : skr. acc. sing. vîçam, v. pers. viO-, v. si. vïsï ; le gr. Foiv.x-bz signifie « à la maison » (avec mouvement) ; lit. ves(-pats>) « seigneur» (littéralement « chef de clan »), v. pruss. wais(-pattin) « maîtresse ».
*rëgi~ « roi » : skr. râj- (nom. sing. rat) ; lat. rëx, régis
LE NOM
v. irl. ri , rïg; gaul. -rig- par exemple dans Dumno-rix, c’est-àdire sans doute « roi du monde ».
* sneigh w- «neige» : gr. acc. sing. visx (Hésiode); lat. nix, niuem. *leuk - « lumière » : skr. ruk-, dat. sing. ruc-é ; lat. lüx, lùcis. gr. y.yjp, arm. sirt,v. pruss. sïran « cœur », lat. cor, cor dis ; v. lit. génit. plur. sir du.
skr. ksâh « terre », acc. sing. ksam, loc. sing. ksâmi, gén. jmâh (de indo-iranien *g\hmas) ; gr. yôwv, y9ova ; zd %â, gén. sing. gdmô (*%mô, monosyllabique), loc. sing. garni (*g ami , dissyllabique), cf. gr. yx\>.xi. Sur l’alternance gr. y9-(= skr. ks-): y- (— zd g-) y. ci-dessus, p. io3.
skr. gâuh « bœuf, vache », acc. sing. gam, loc. sing. gâvi; gr. (3o3;,acc. sing. dor. gwv, dat. loc. sing. $o(F)[; lat. (emprunté •à un dialecte rural non latin, sans doute sabin) bôs, bonis; v. irl. bô ; v. sax. kô ; arm. kov « vache ».
skr. mûh « souris », nom. plur. musah; gr. pue, p.ubq; lat. mus, mûris; v. h. a. mus ; v. si. mysï (ancien accusatif). Aucune alternance vocalique n’est attestée dans ce mot, pas plus que dans le suivant ; cet emploi du seul degré zéro est fréquent dans le cas des sonantes longues.
skr. bhrüh « sourcil », gén. bhruvâh ; gr. copüç, bopôcg; v. si. brüvï (ancien accusatif sing.).
gr. ôv^o (éol. çrçp), ÔYjpoç ; lit. acc. sing. gvêri ; cf. la forme thématique lat .férus.
Les thèmes à suffixe zéro sont fréquents en indo-iranien ; le grec en présente encore nombre d’exemples, comme Trctoc, TiTwy.éç « craintif » et zzzxq^ Trxaxoç (issus d’une ancienne flexion 7üt(o;, xz axé;) en regard de t.z^g^; xXcoffi, xXwTré; « voleur », en regard de x/.stutü) ; Xfffi, Xt6oç « ce qui goutte, source » en regard de ke(6a) ; ou, isolés de tout verbe, yity, yüizbq ; xTç, xiéç ; etc. On en trouve surtout au deuxième terme des composés, ainsi gr. yépvi^, y ép-viêo;, en face de v{Ço>, futur vuk», cf. skr. nir-nij- « ornement » ; ïzd-z^q (avec un accusatif èict-roxa chez Hérodote et ailleurs) « qui est sur le point d’accoucher », en face de isxstv ; lat. tubi-cen, en face de canô; au-spex « qui examine les oiseaux », en face de speciô, cf. skr. spâç- « qui voit » ; etc. Souvent le
THÈMES NOMINAUX
thème indo-européen à suffixe zéro n’est attesté qu’indirectement par la présence de thèmes à suffixes secondaires, ainsi un thème i.-e. *meus- « mouche » est supposé par les dérivés : lat. mus-ca ; lit. mus-l, gr. (de *puh-yx)y v. si. müs-ica (de *mus-ï-kâ) ; arm. mun (de *mus-no~) ; v. si. müxa (de *mous-â) ; par exemple le v. si. muxa « mouche » est tiré de *mous-, comme v. si . juxa « ragoût de viande, soupe » d’une forme à vocalisme 0 du thème à suffixe zéro attesté par lat. iüs, skr. yûh « ragoût, sauce de viande », et dont on a aussi les dérivés lit. jüs-c « soupe », v. pruss. jus-e.
Les thèmes à suffixe zéro du type athématique sont d’autant mieux représentés dans une langue que celle-ci est attestée sous une forme plus ancienne, et ils disparaissent rapidement à l’époque historique. Ils existaient sans doute normalement près des racines qui fournissaient un présent radical athématique. Ils occupaient parmi les formations nominales de l’indo-européen l’une des places les plus importantes.
2. Thèmes caractérisés par la voyelle thématique. — Ce type ne diffère du précédent que par la présence de la voyelle thématique à la suite de la racine : cette voyelle change d’ailleurs tout l’aspect de la formation, car elle entraîne fixité du vocalisme de la racine et delà place du ton dans la flexion.
Le cas le plus important est celui des thèmes à vocalisme radical 0 et ton sur la racine, indiquant l’action ; fréquents en indo-iranien, en slave, en baltique et en grec, ces noms sont peu représentés dans les dialectes occidentaux : germanique, italique, celtique. Ils apparaissent, comme on l’attend, surtout en face de présents radicaux thématiques. Exemples :
v. si. snègü « neige » (gér. russe snêga ), lit. snegas , got. snaiws, en face de lit. snëga « il neige », etc. (cf. *sneig'yh- dans un autre groupe dialectal, p. 218).
zd takô « courant », v. si. tokü « courant » (génitif sing. russe tckri ), cf. v. si. tekç il « court ». lit. tèka , irl. techid « il fuit », zd. tacaiti « il court ».
C’est le type de gr. oépcz, oipw ; Aoyo;, AÉyw ; -\6(F)oçy
LE NOM
xa é(/’)a) ; axofyoç, ai ei'/o) ; etc. Assez souvent, il sert à nommer des objets, ainsi skr. jàmbhah « dent », v. si. %çbü (génitif russe %uba), lit. gambas « angle de deux poutres », gr. yo^o;, v. h. a. kamb « peigne », en regard de skr. jâmbhate , v. si. çebetü « déchire », ou v. si. vo%u « voiture » (génit. russe vô%a), gr. (/^ô'/cç, en regard de v. si. veçp « je conduis en voiture ».
Les mêmes thèmes, avec le ton sur la voyelle thématique, indiquent l’agent de l’action, le résultat de l’action, et ont souvent le caractère d’adjectifs : gr. icp.ôç « coupant », à côté de « coupure », cf. T£[j.va) ; Tpoyoç « roue », à côté de Tpo yoq « course », cf. xps^o) ; XgituÔç « reste », cf. XetTro) ; œxctuoç « guetteur, surveillant », à côté de axéTuxop.ai ; oXxcç « ce qui est tiré, trace », cf. EXy.w ; skr. varâh « prétendant », à côté de vârah « choix » ; çokâh « brillant », à côté de çôkah « éclat » ; skr. ghanàh « massue », à côté de gr. oovoç « meurtre », russe gon (génit. gôna) « chasse », etc. (cf. ci-dessus, p. iio). Lelat. procus « prétendant » (cf. precès ) repose sur un thème indo-européen oxyton de cette forme; mais le latin n’en laisse rien entrevoir. La place du ton sur la fin du mot semble d’ailleurs caractériser d’une manière générale la valeur adjective, concrète, par opposition aux abstraits qui ont le ton sur la racine, c’est-à-dire sur le commencement du mot.
Les thèmes qui ont le ton sur la voyelle thématique admettent le vocalisme ô, ainsi : gr. c-wpéç « monceau », à côté de acpéç (cf. pour ô le féminin lit. tvorà « clôture » ; la racine *twerdsignifie « saisir, embrasser ») ; wp.oç, skr. àmâh, arm. ( Jj)um « cru » (à côté de irl. om, avec Ô) ; v. si. nagü « nu » (russe nomin. féminin nagci ), lit. nugas ; got. frofts (dat. frodamma) « sage », à côté defraftjan « comprendre » ; skr. nâyàh « conducteur » , à côté de nâyah « conduite » ; bhârâh « fardeau » , à côté de bhârah « action de porter », gr. çopcç « tribut ».
Des thèmes à vocalisme radical zéro se rencontrent notamment au second terme des composés, comme gr. v£0-yv6-; « nouveauné » ; i.-e. *ni^-dô (skr. nïdâh, arm. nist « lieu où l’on est établi », lat. nidus, v. h. a. nesf) delà racine*#*/- « être assis».
Beaucoup de mots thématiques ne rentrent dans aucune caté-
THÈMES NOMINAUX
gorie définie, ainsi skr. vfkah « loup », zd vdhrkô, v. si. vlïkü (génit. sing. russe vôlka ), lit. vilkas. Il y a une petite catégorie d’adjectifs à vocalisme radical t \ le plus remarquable est skr. sànah « vieux », lit. senas, v. irl. sen, arm. Un, gr. evoç ; le gr. Xeuxoç, à côté de Xoüaaov « point blanc du bois du sapin » et à(A?i-XéxY), a ce même vocalisme. Il y a aussi des neutres à vocalisme radical e comme gr. /epyov, v. h. a. werc\ o dans arm. gorc « œuvre » (cf. gr. SyjpuoupYoç de *§â[j.io-f’opyoç), zéro dans got. waurk sont dus à des influences particulières. Mais on observe le vocalisme radical zéro dans l’adjectif skr. dïrghâh « long », v. si. dlügü , etc. et dans le substantif neutre skr. yugâm « joug», gr. Çuyov, lat. iugum , got. juk. Il y a une brève, de timbre inconnu, dans skr. çaphâh « sabot (de cheval) » et zd safô, une longue dans v. isl. hôfr et v. h. a. huof ( même sens).
Souvent les noms thématiques semblent dérivés de noms athématiques, ainsi skr. padâm « pas, trace », zd pahm « trace », gr. TuéSov « sol », v. isl .Jet « pas», arm. het « trace de pas », de *ped- « pied » ; skr. himâh « hiver », lat. bïmus (de *bi-himos) « de deux ans », de *gihmen-, attesté par lat. hiems, zd %yâ (génit. gïmo) « hiver» ; gr. Tuïspo;, tu ïapoç, skr. pïvarâh « gras », à côté de gr. uutap ; skr. udraJp, zd udrô « sorte d’animal aquatique », gr. uSpo;, v. isl. otr « loutre », à côté de gr. O'owp, v. h. a. waggar « eau » ; etc. Les langues orientales ont des dérivés de noms de nombre employés notamment avec les noms qui n’ont pas de singulier (type latin : bina castra') : skr. trayàh, v. si. troji , lit. trejï «trois », aussi collectifs neutres v. si. troje, russe trôje «groupe de trois » ; v. si. cetvori « quatre », russe cétvero « groupe de quatre », skr. catvarâm « place quadrangulaire ». Dans ces dérivés, le vocalisme présufïixal et la place du ton sont mal définis : les désaccords entre les langues sont fréquents. — L’indo-iranien a largement développé les dérivés de ce genre à vocalisme long (qu’on nomme en sanskrit vrddhi) de l’élément initial du mot : skr. mânasâh » qui a rapport à l’esprit » de mânah « esprit » , saindhavàh « qui a rapport à l’Indus » , de sindhuh « fleuve, Indus ». En dehors de l’indo-iranien, l’allongement de l’élément initial est peu attesté ; néanmoins il y en a,
LE NOM
des exemples, notamment en grec (type hom. ^vopsyj en face de àvrjp), en baltique et en slave.
3° Suffixe *-es~. — Le suffixe *-es- fournit des noms primaires abstraits, de genre neutre, à vocalisme e de la racine, ton sur l’élément présuffixal :
*kjeu- : skr. çrâvah « gloire » (génit. sing. çrâvasah ), gr. vXi~ (f)oç ; zd sravah - « mot », v. si. slovo « parole » (avec o issu de e devant w), russe slovo.
*gxend- : skr. jânah « race », gr. yévo;, lat. genus.
Et de même, là où la racine est moins nette :
skr. nâbhah « nuée », gr. véyoq, v. si. nebo « ciel », russe nébo.
skr. rajah « espace sombre », gr. ipeocq, got. riqis « ténèbres », arm. erek « soir » (passé aux thèmes en -o-).
Le vocalisme zéro d’un mot comme gr. Opaacç est dû à
l’influence de l’adjectif 0pa?ùç et 0pàjuvoç, et le nom propre éolien ’Itctuo-ôépcyjç conserve le vocalismes ancien ; le vocalisme o de hom. oyex, cyz<jQW est dû à ( F)6yoq , et Hesychius atteste la forme attendue, ë^esœiv, dans une glose ; l’o de lat. pondus (cf. le verbe pendô ) provient de *pondo-} conservé dans l’ablatif pondô ; etc.
A côté des abstraits neutres ayant le ton sur la racine, il y avait des adjectifs ayant le ton sur le suffixe, ce qui rappelle le contraste de « coupure » et to|j.6ç « coupant » (p. 220),
ainsi skr. apah « actif » à côté de àpah « œuvre », gr.
« menteur » à côté de ; le type apparaît surtout en com-
position, où l’adjectif en *-es- s’oppose à un adjectif non composé, d’autre formation, ainsi :
skr. cétah « éclat »
prâthah « largeur »
gr. rXtxzoq (d’après i:\yr. u ç) zd dràjô « longueur »
citrâh « éclatant »
prthüh « large »
luXaié;
dardyô « long »
acetah « qui n’a pas d’éclat »
saprâthàh « pourvu de largeur »
à“Xa”Yjç
%ânu-drâja « qui a la longueur du genou »
THÈMES NOMINAUX
Quand la notion désignée par le thème en *-es- est conçue comme agissant, le mot est du genre « animé » (masculin ou féminin) ; alors le suffixe est tonique et a, au nominatif et à quelques autres formes, le vocalisme de timbre o :
skr. usah « aurore », hom. yjtéç, att. ëojç (de *âusos) ; cf. le dérivé lat. aurôra ; en tant que phénomène naturel, 1’ « aurore » est animée et divinisée.
gr. acc. a ?ô de *x\(F)ohz ; loc. a!(/")=ç et al (f)e{ (de ai Fehi) « toujours ».
gr. aiowr, cf. l’adjectif àv-ai&fc et le verbe dérivé afôsopat, futur hom. àfëicraopiai.
lat. angor (et angus-tus ), en regard du neutre skr. âmhah, zd qgp « angoisse » et de lit. ank-s-tas « étroit » .
Les formes de genre « animé » et de genre « inanimé » (neutre) ont pu exister concurremment, suivant la conception, ainsi qu’en témoignent lat. decus et décor , tenus et ténor.
4e Suffixe *-èu-. — Avec *-eu- sont formés de nombreux adjectifs, ayant le ton sur le suffixe ; le vocalisme radical ordinaire est zéro, ainsi :
skr. gur-üh « lourd », gr. (iap-u-ç, got. kaur-u-s ; cf. lat. grauis (de *g"'rd-w-is ; v. p. g 5).
skr. trs-ü-h « assoiffé », got. fcaursns « sec » (avec s d’après lu forme verbale -ftairsan ; le ancien, représenté par r> est conservé dans v. isl. fyurr, v. h. a. durri).
gr. (3aô-u-ç, en regard de (SévGoç.
Le vocalisme radical est o dans d’autres cas, ainsi :
gr. 7uoX-u-ç, v. angl. feal-a « beaucoup », en regard de skr. pur-ü-h « abondant », et du vocalisme e imprévu de got. fil-u « beaucoup », v. irl. il.
Les substantifs en *-eu- ne forment une catégorie une ni pour le sens ni pour la forme (plusieurs appartiennent du reste à des racines qui ne sont pas connues par ailleurs) :
skr. paçüh (masc.) et pâçu (neutre) « troupeau », got. faihu « possession, argent », lat. pecus et pecu.
skr. hânuh « mâchoire » (sur h initial, v. p. i4i), gr. ylv u;,.
LE NOM
got. kinnus, v. irl. gin (génit. geno), lat. genu-(înus) « de la mâchoire ».
skr. ketüh « apparition, signe », avec vocalisme o de la racine et ton sur le suffixe, comme got. haidus « manière ».
v. si. domü gén. domu « maison », lat. domus gén. domüs sont suspects de devoir leur vocalisme à *dômo- (skr. dâmah « maison », gr. 3opt,oç), avec lequel ils sont contaminés.
Le suffixe *-eu- semble secondaire dans une partie de ses emplois ; ainsi skr. manyüh « colère » = zd mainyus « esprit » a l’air d’un dérivé du thème *m°nei- attesté par got. muns « pensée » ; les mots grecs en -yju- du type oopeuç, <popïj(,F)oç (att. çcp £o)ç) sont en principe des dérivés de noms thématiques, cf. gr. oipcç.
5° Suffixe *-yo- (?-iyo). — Le suffixe *-yo- (*-2 yo-\ secondaire, fournit des adjectifs et des abstraits dérivés de noms.
*g"'ow- « bœuf » : skr. gâv-ya-h « de bœuf », zd gao-ya-, arm. kog-i « beurre » : gr. (âvv£a-)6otoç (de *-$of-yo-ç).
La voyelle qui termine un thème de forme thématique n’est pas conservée devant ce suffixe :
skr. svâpn-(j)ya-m « songe » de svâpna-h « sommeil », lat. somn-iu-m de somnu-s, v. si. sün-ïje « songe » de sünü « sommeil », gr. (èv-)uirviov de utuvo-ç.
skr. âçv-iya-h « de cheval » de âçva-h « cheval », gr. zq de tiüTw-ç.
Le suffixe *-yo- (*-zyo-) a continué de fournir des mots à l’indoiranien, au grec, au slave, au latin, etc., ainsi gr. tsXsioç (*tsXs< 7yz-z) de téXoç, GsXttTrjp-tc-v de GsXxttqp, etc.
Là où il semble fournir des thèmes primaires, comme gr. ruuy- 10-ç « haïssable », v. si. lùgi « menteur » il s’agit en
réalité de dérivés de thèmes à suffixe zéro *stug-, *lugh-, qui peuvent par hasard n’être pas attestés. Du reste œtu; existe peutêtre, et est supposé par oruyo-, cjTuyvoç, aTuyepôç.
Le suffixe *-yo- ( *-iyo- ) marque l’opposition entre plusieurs personnes ou plusieurs choses, tandis que *-ero -, *-tero- marquent une opposition de deux, ainsi :
THÈMES NOMINAUX
*al-yo- « autre » dans g r. âXXoç, lat. alius, got. aljis, v. irl. aile (et *an-yo- dans skr. anyâh « autre », zd anyô), en regard de got. anfiar, lit. ah-tra-s « autre » (en parlant de deux), « l’un (des deux) » et de lat. alter, fait sur alius.
Le gr. et le lat. dex-ter ont donc tous deux des suf-
fixes marquant opposition, mais avec une nuance de sens originairement différente dans les deux cas. — Dans skr. nâv-ya-h « nouveau », lit. naü-ja-s, got. niu-ji-s, gaul. nov-io-, le suffixe *-yosert à marquer la « nouveauté » en l’opposant à tout ce qui n’est plus neuf ; il y a en regard un suffixe en - er - dans gr. vcapoç, lat. nouer -ca y arm. nor « nouveau ».
6° Suffixe *-en- — Comme le précédent, le suffixe *-en- est secondaire ; ainsi dans got. guma génit. gumins « homme », lat. homôy hominiSy dérivé du thème *gihem- de zd « terre », gr.
yy.\)-a{, lit. %êm-ê « terre », lat. hum-u-s : l’homme est l’être « terrestre » par opposition aux dieux « célestes » ; dans skr. raj-an- « roi » (nom. sing. rcljâ, génit. rajnah ) dérivé de rajcf. lat. rëx. Toute la déclinaison faible du germanique renferme ce suffixe secondaire, ainsi v. h. a. (heri-\ogo génit. (heri-\ogen « chef (d’armée) », en regard de lat. duc- (nom. dux). Contracté avec la voyelle finale d’une forme thématique, le suffixe donne une voyelle longue dans axpaêwv génit. azp aêôvoç, de cxpaSôç, dans zd ma^ran- « celui qui dit la parole sainte » dérivé de mabra- « formule sainte », etc. (type qui s’est du reste étendu hors de ses limites anciennes).
Quelques mots isolés, sans doute dérivés d’anciens thèmes à suffixe zéro, ont ce même suffixe, ainsi :
skr. tâks-an- « charpentier », zd tas-an-, gr. xf/.x-ov-.
skr. uks-ân- « taureau », got. auhs-in-.
zd ar s-an- « mâle », hom. àpa-ev-, epa-ev-, arm. arn « bélier sauvage ».
skr. yùv-an- « jeune », zd y(u)v-an, lat. iuu-en-(is') .
7° Suffixe *-«0-. — Un emploi secondaire est attesté par des A. Meillet. i5
formations comme lat. aènus Ç*ayes-no-s) de aes, ebur-nu-s de ebur-, gr. àXyeivcç (*aXy£a-vc-ç) de à'Xyoç ; aeXVjvYj, dor. asXavâ, lesb. aeXavvà (VeXaa-vâ) « lune » (littéralement « pourvue d’éclat ») de séXaç, etc. ; un exemple indo-européen est :
zd raoxs-na « brillant », v. pruss. laux-nos « astres », lat. /zZm* ( losna à Prénesle), v. irl. lüan, v. si. te# « lune », c’està-dire un thème *louks-no- ; gr. Xu^voç représente *luks-no-s\ dans les deux formes, on a affaire à un dérivé d’un thème *leuk-es-} qui est attesté par zd raocah- « lumière ».
Souvent aussi le suffixe *-no -, portant le ton, s’ajoute à la forme sans e de la racine et fournit des adjectifs synonymes des adjectifs en *-to- du type skr. çru-tâ-h « entendu », gr. y,X’j-TC-ç, lat. ( in-^cli-tus , qui seront étudiés p. 23o, ainsi :
skr. pûr-nâ-h « plein » ; v. si. plü-nü, lit. pïl-na-s, got. fulls (de *ful-na-% ), v. irl. lân ; cf. lat. plè-nu-s, avec un autre vocalisme (v. p. i3i).
Ce type est fréquent en sanskrit : tïr-nd-h « traversé », bhinnà-h « fendu », etc.
Le même suffixe ajouté à la racine (ou plutôt à un thème à suffixe zéro) portant le ton et avec des degrés vocaliques mal définis, mais notamment avec le vocalisme o, fournit des noms d’action :
*swôp-no -, dans lit. sap-na-s , arm. khun, skr. svâp-na-h « sommeil », lat. som-nu-s (les deux derniers pouvant aussi représenter *sivép-no , comme v. isl. suef-n « sommeil ») ; le vocalisme de *sup-no-, dans gr. fiiu-v-oç, v. si. sü-nü, v. irl. süan, gall. hûn « sommeil », s’explique peut-être par l’influence d’un dérivé *supniyo- (v. p. 224 et 238).
skr. dâ-na-m « don », lat. dd-nu-m.
skr. stha-na-m « lieu de repos », lit. stô-na-s « situation ».
Ou, avec *-nâ- :
^k^oi-nâ : zd kaë-na « vengeance », v. si. cè-na « prix », gr.
7U0l-Vïp
Le vocalisme 0 de la racine est normal dans le type grec : yb(F)~ avc-ç, cf. ^é(f)-ü) ; Fôpy-x)o-v, cf. (F^îpyc't ; etc.
Le suffixe d’adjectif admet aussi la forme *-eno- dans got -fulg-
THÈMES NOMINAUX
in- s « caché » à côté de filha « je cache » et dans le type des participes slaves tels que v. si. vlïc-énü « tiré » à côté de vlëkç « je tire », lit. velkù, et la forme *-ono- dans le type des participes germaniques tels que got. bit-an-s « mordu » à côté de beita « je mords » (cf. skr. bhin-nâ-h cité ci-dessus), v. h. a. ( gi)wort-an « devenu ». — La forme *-ono- a aussi fourni des substantifs sur le type desquels repose l’infinitif germanique : got. itan « manger », cf. skr. âda-nam ; le grec a *-onâ-, .ainsi yjBovvL en regard de
8° Suffixe *-mo-. — Avec le suffixe *-mo- sont formés des adjectifs secondaires, comme gr. (3aa i-jjlo-? « où l’on peut passer », £T'j"[j.O“Ç (cf. âT£(/)oç), lit. ârty-ma-s « proche », skr. ruk-mâ-b 0 brillant » (du thème à suffixe zéro *leuk- : lat. lüx, skr. rwc-); dans quelques-uns, comme gr. 0sp-p,o-ç, arm. jer-m « chaud » (et zd gard-ma- « chaud », lat. for-mu-s , irl. gorm « bleu », avec vocalisme 0 de la racine), le thème primaire d’où est dérivé l’adjectif en *-mo- n’est par hasard pas attesté. — Gomme *-yo-, ce suffixe marque une opposition entre plus de deux objets, ainsi lit. pïr-ma-s « premier », got. f ruina, lat. prïmus (cf. prior en parlant de deux), gr. 'jïpop.oç.
En outre, le même suffixe fournit des substantifs, les uns nettement secondaires, comme :
skr. dru-mâ-h « arbre », gr. Spu-pta « forêt » ; cf. skr. dâru, génit. drünah « arbre », et gr. Sopu,. 5puç, les autres difficiles à analyser précisément, comme :
skr. dhü-mâ-h « fumée », lit. dü-mai (au pluriel), v. si. dy-mü « fumée », lat. fü-mu-s (et sans doute gr. Güpiç).
skr. ïr-mâ-h « bras », zd ard-ma-, got. ar-m-s, v. si. ramo « épaule » (de *ordmo, à en juger par l’intonation de serbe ràmo ), v. pruss. irma « bras ».
v. isl. halmr « paille », lat. culmus, lette salms, v. si. slama, russe solôma, serbe slàma (le suffixe slave est ici *-mâ -), avec vocalisme 0 du premier élément de la racine dissyllabique, soit *kiobmo-, et le dérivé à suffixe -à- gr. xaXàp/r,, avec un vocalisme radical zéro (v. p. 287), qui s’est étendu à xa>a^oç, tandis que le mot slave a reçu le vocalisme du masculin.
LE NOM
Enfin, un type d’abstraits en *-smo-, sans doute à vocalisme présuffixal o et ton sur *-smo-, est attesté par les mots lituaniens tels que lahk-sma s « action de plier », cf. lenkiù « je plie », valksma-s « action de tirer », cf. velkù «je tire », et grecs, tels que 'Khoyy.iq (de *tcXo/.-ï[xo-ç), cf. KkévM ; (de ’V/t^-ap.o-ç), cf.
ayiÇtô ; oXjacç « mortier » de *ol-smo-s, en face de àXiw ; etc. Le suffixe est plus rare sous la forme *-mo- ; mais on l’observe dans quelques cas, comme gr. avspo;, lat. animus , anima, en regard de skr. âniti « il souffle », ânilah « vent », got. anan « souffler », v. irl. anal et gall. anadl « respiration ».
g0 Suffixe *-er. — Ce suffixe n’était sans doute plus productif dès une date ancienne. Il fournit :
a. Des noms de parenté non analysables, comme : skr. svâsà « sœur » (thème svâsar -), zd xvanhar-, arm. khoyr (de *swesôr, donnant *khehur , kheur, d’où khoyr), lit. sesù (gén. sesefs), lat. soror, v. irl. siur, got. swistar.
skr. deva « frère du mari » (thème devar-'), gr. oâ^p, arm. taygr, lit. dëveris, v. si. dëverï.
[5. Des nominatifs-accusatifs neutres singuliers de noms dont le reste de la flexion a le suffixe -en- :
skr. ûdhar « sein », génit. üdhnah ; gr. ouôap, cuGaioç ; lat. über ; v. h. a. ûtar.
Les dérivés de ces mots ont aussi *-r-, ainsi : gr. 7c?(,F)ap (à côté de mwv, skr. pivâ « gras ») : T:î(F)zpoq, skr. pivarâh « gras », et féminin : gr. Ta{f)z ipot, skr. pîvarl.
y. Des adverbes indiquant opposition de deux choses : skr. up-âr-i « au-dessus », gr. Gt u-ep, et lat. sup-er, en regard de skr. upamàh « supérieur », et lat. summus. Il est remarquable que ces formes pourvues de suffixes marquant opposition signifient « sur », tandis que les formes simples, skr. üpa, gr. utuo, et lat. sub, signifient « sous » (mais non pas v. h. a. tlf « sur », v. si. vüs-, marquant mouvement de bas en haut).
zd al-air-i « en bas », got. undar « sous », en regard de skr. adhamâh, lat. (d’origine dialectale) infimus.
THÈMES NOMINAUX 2 2Q
De là sont dérivés des adjectifs en *-ero-, *-ro- marquant opposition de deux objets (cf. *-tero-, p. 233) :
gr. Ou -epo-ç « pilon », et lat. sup-eru-s.
skr. âdh-ara-b « inférieur », lat. (dialectal) inf-eru-s.
On a vu, p. 225, gr. vsapoç, etc.
io° Suffixe *-ro-. — Le suffixe *-ro- (ou *-ero~) sert à former des adjectifs synonymes de ceux en *-eu-, ainsi gr. y .pxz-ô-ç etxpa*:epô-ç « fort » ; il est souvent secondaire, ainsi dans gr. Xtyu -p6-ç, yoêz-pô-ç, etc. ; mais il s’attache aussi à des racines d’une manière immédiate, et alors le vocalisme radical est o ou zéro : got. bailr-s « amer » (littéralement « mordant »), de *bhoid-rô-s , et v. h. a. bittar « amer » de *bhid-rô-s ; v. h. a. heitar « brillant », de *k"roit-rô-, et skr. cit-râb « brillant » ; le vocalisme zéro est le plus fréquent : skr. çürâb « fort », zd sü-rô-, gr. (a-)xû-po-ç ; cf. skr. çâv-ab « force ».
ii° Suffixe — Le suffixe *-lo- ne fait guère qu’élargir le mot dont il est dérivé dans skr. babu-lâ-b « abondant », gr. Tua^u- X6; de skr. babüb, gr. Tzxyùq ; skr. nâbhî-la-m « nombril », gr. cjjLça-Xo-ç, lat. umbi-l-(ïcus ), v. h. a. nabolo, etc. Un mot tel que got. sit-l-s « siège » (cf. lat. sella , laconien èXXà) peut être tenu pour dérivé d’un thème à suffixe zéro *sed-, cf. véd.* accus, sing. sâd-am, dat. sâd-e « pour s’asseoir » et le composé latin (prae-^ses, comme gr. 6p.y.Xo; sort de o;jlgç, et lat. similis , irl. samail « ressemblance » de *sem- « un, pareil » (gr. slç, £v).
Le suffixe *-lo- a fourni des noms d’agents comme lat. bib-ulus , crèd-ulus, trem-ulus, d’où les participes slaves et arméniens en *-lo~f tels que v. si. neslü ( jesmï ) « j’ai porté » et arm. gereal ( [em ) « j’ai pris » et l’infinitif arménien, gerel « prendre » ; le tokharien a aussi beaucoup développé les participés en -/-.
Enfin il a donné des diminutifs : lat. agel-lu-s de ager ; porculu-s, lit. parsè-l-(is\ v. h. a . far bel i « petit porc ».
12. Suffixe *-et- (*-&/-). — Le suffixe *-et- a surtout pour rôle d’élargir des thèmes, très souvent des thèmes à suffixe zéro, dans
LE NOM
skr. stü-t- « louange », zd stü-t- « celui qui loue » ; skr. sravât- « courant » ; gr. Gy)-t- ; skr. ( bhâra -) bhf-t- « porteur de fardeau » ; gr. (à-)yvw- x- ; ou d’autres thèmes : skr. daçâ-t- « dizaine », y. si. dese-t-, lit. desim-t-, ou, avec - d -, gr. 8sxa-&-; gr. gapu-x-âx- (gapuTYjç) en regard de skr. gurutâ « lourdeur » ; skr. sarvât-â-t -, zd haurva-t-â-t- « intégrité », gr. or(F)c-':5i-~- (ôXoty;ç), dérivé d’un thème *solzuo-tâ-, etc., etc. Le -t- est un élément de formation à peu près dénué de sens propre : skr. yâkr-t- « foie » a -t en face de zd yàkard (même sens) ; le thème neutre en *-n- a reçu en grec une dentale, qui est peutêtre partie de la forme de nominatif-accusatif singulier, ainsi gr. cvo[j.aioç (d’après *ovop.ax), en face de gr. ovop.a(vo), et de lat. nomen , etc. Le gr. xXstctyjs et le got. hliftus « voleur » sont deux élargissements différents d’un thème *klep-t -, lui-même élargi de *khp-, qu’atteste gr. yJkiù'b.
Il est difficile d’analyser :
lat. noc-t- ( [nox , noclis)', gr. vér, vuz.tc; ; got. nahts « nuit », v. lit. génit. plur. nakt-u.
* skr. nâp-àt « petit-fils » ; lat. nepôs, nepôtis ; v. lit. nepotis ; v. irl. niae génit. niath « neveu ».
i3. Suffixe ( *-do -). — Le suffixe portant le ton,
s’ajoute à la racine au degré zéro pour former des adjectifs :
skr. çru-tâ-h- « entendu », zd srutô, gr. y.kuTÔç, lat. (in-) clitus , v. h. a. Hlot-(hari ), nom propre (<c dont l’armée est célèbre », arm. lu « connu ».
skr. syü-tâ-h « cousu », lit. siü-ta-s, v. si. si- tu (de *sjy-lü ), lat. sü-tu-s.
Ce type est représenté par un nombre indéfini d’exemples.
Le même suffixe donne des dérivés de noms, indiquant la possession de telle ou telle chose : lat. sceles-tu-s, de scelus ; barbâ’tu-s, de barbay cf. v. si. brada-tü « barbu », de brada et' lit. bar^dô-ta-s « barbu », de bar^dà; gr. y.svr w-tô-ç, de y.sv-co; ; lit. kalnu-ta-s « qui a des collines », de kâlnas « colline » ; got. (un-)qeni-ft-s « non marié », etc.
THÈMES NOMINAUX
Ces deux emplois sont identiques à ceux de *-no- (v. p. 225) ; par exemple lat. fissus (de i.-e. *bhit-to-s ) se comporte comme skr. bhinnàh, et lat. scelestus comme g r. à a ysivgç.
11 y a aussi des substantifs en *-to- à vocalisme radical o et ton sur la racine: gr. ©ip-xc-ç « fardeau », à côté de çépa) ; v6(7-to-ç « retour », à côté de violai (thème * nese -) ; xsï-xc-ç « couche », à côté de y,eï-[jui ; v. pruss. dalp-ta-n, v. si. dla-to « ciseau » ; v. pruss. pan-to « entrave » (féminin), v. si. pç-to (serbe pàto), à côté de v. si. peti, etc. Quelques-uns ont d’autres vocalismes, ainsi gr. xxp.a-xc-ç et v. sax. morth « meurtre » ; ces derniers noms peuvent d’ailleurs répondre à des noms en *-thade l’indo-iranien, du type skr. uk-thâ-m, zd ux-la-m « parole », Les substantifs en *-/o- (ou *-tho -) sont parallèles, pour le sens et pour la forme, au type *swôp-no -, cité p. 226. — L’emploi secondaire existe aussi pour les substantifs : v. si. xivo-tü « vie », gr. gic-xc-ç ; au féminin : lit. gyva-tà «vie», lat. ui-ta (de *uîuo-tâ), gr. gic-TYj.
Une forme *-eto- est attestée par divers mots, comme gr. épx- £to-v; gaul. nem-eto-n, v. irl. nem-ed « sanctuaire » ; et *-oto par got. naq-aft-s « nu ».
Parallèlement à l’alternance -t- : - d - de skr. daçàt- : gr. ccxdcB-, on observe une alternance de *-to- et *-do-, ainsi lit. tvïr-ta-s « ferme » et v. si. tvrü-dü (même sens) ; got. naq-afc-s « nu », et lat. nüdus (de *nog™-e/0dos) ; le - do - de lat. for-da se retrouve dans le dérivé v. si. bré^da (de *bheri-d-ya) « pleine, grosse » Le latin a toute une série : calidus, horridus y etc.
i4- Suffixe *-ko-. — Le suffixe *-ko- est la forme thématique de *-ek- : skr. marya-kâ-h « petit homme » est à rapprocher de gr. p.sîpa; ; v. si. novakü de gr. vé(>F)à5 ; skr. ânta-ka-h « qui est à la fin » est dérivé de àntah « fin » , v. si. jino-kü, got. ainah-s, lat. ûni-cu-s , de i.-e. *oino- « seul » ; v. si. kratû-kü « court » (russe korotkô « brièvement »), d’un thème *kortu-, cf. lit. kartùs « amer », et skr. katüh « piquant (au goût » [mot pris par le sanskrit au prâkrit et représentant *krtûh\ ) avec le dérivé Mtu-ka-h (même sens); gr. Ô^Xu-xi-ç, ©uffi-yi-ç etc., s’analysent
LE NOM
d’eux-mêmes ; on notera en particulier *-sko- dans gr. Tuarâf-crxc-ç,. got. ftiudi-sk-s « payen » etc.
i5. Suffixes *-yes- (*-ïyes~) et *-istho-. — Ce sont les suffixes primaires qui servent à la formation des comparatifs et superlatifs ; la racine a le vocalisme e et le ton : skr. vâs-yas-, zd van'h-yah- « meilleur » ; att. accus. oXsiTw (-o> de -oa, ancien *-osn ), v. si. gorfisï « pire » ; skr. svad-iyas- « plus doux », att. accus. -fjS-uo ; -iôr- de lat. suâu-ior, sen-ior , etc. peut représenter '*-yôs- ou *-ïyôs-. Le germanique a le suffixe *-yes- sous la forme sans e, suivie d’un suffixe secondaire *-e/0w- : got. hard-i%-an- « plus dur » , comparable pour la forme au thème ionien fjî-i-ov- ; l’opposition attique du type en *-ïyos- de l’accus. sing. et du nom. plur. ffiouq et du type en *-is-on- des autres cas, gén. sing. yjSiovoç, etc. ('avec ï d’après yjSuo, rfîto uç) représente sans doute l’état indo-européen.
Le vocalisme et la place du ton ressortent des exemples :
skr.
ur-ü - « large »
• vâr-ïyas- « plus large »
dü-râ- « éloigné »
dâv-iyas- « plus éloigné »
tig-mâ- « aigu »
téj-ïyas- « plus aigu »
nâv-a- « neuf »
nâv-yas- « plus neuf »
zd
asnât « de près »
(de *n%d-na-)
na^d-yah- « plus proche »
Sr-
oXfyoç
oXetÇwv
ttpaïuç, xpaTepoç
ion. xpéaawv (de *xp£T-ya)v).
Ces mots ne sont pas dérivés des adjectifs correspondants, mais se rattachent immédiatement aux racines ; ce ne sont pas des comparatifs, mais des sortes d’intensifs : véd. yâj-iyassignifie « qui sacrifie particulièrement bien ». On trouve en védique aussi bien vâsiyah « ce qui est très large » que urôr vâriyah « très large relativement au large » , c’est-à-dire « ce qui est plus large que le large » .
Ces intensifs avaient sans doute d’abord le caractère de substantifs plus que d’adjectifs : sans doute, en indo-européen oriental, tant en indo-iranien qu’en slave, ils ont une formation de fémi-
THÈMES NOMINAUX
nin, ainsi skr. vâriyasî en face de vàrïyân ; mais le grec et l’italoceltique conservent un état ancien où il n’y avait pas de thème propre au féminin : gr. vjài'wv et lat. suâuior sont féminins aussi bien que masculins. Or, on le verra p. 244, la formation d’un féminin est ce qui caractérise l’adjectif indo-européen.
Le suffixe de superlatif *-istho- est dérivé de -yes- par addition de *-tho- : skr. svad-istha-h « le plus doux », gr. y^-iœto-ç, v. h. a. suo^-isto. — La différence de vocalisme radical entre gr. xpicjcrwv et le dérivé Kponiazoq peut être ancienne (v. p. 238).
1 6 . Suffixe *-tero-, *-toro- , *-tr(h . — Le suffixe secondaire *- ^remarque une opposition de deux objets, ainsi :
thème *kwo- : skr. ka-tarâ-h « lequel des deux », gr. tuc-t epo-ç, got. hwa-f>ar, v. si. ko-teryji, ko-toryji, lit. ka-trà-s, lat. u-ter.
gr. oezepoç (et avec une altération d’après e!ç et sv, Ixepoç), got. anfcar, skr. ântarah, lit. antras , probablement v. si. vütorü « autre (en parlant de deux), second », tandis que le mot pour « autre » (en parlant de plus de deux) est gr. àXXoç, got. aljis,. lat. alius (opposé à alter ), v. p. 225. — skr. anyâh — v. û.jinü.
skr. ân-tara-h « intérieur », gr. I v-xepo-v, lat. interior (avec addition de -ior, qui est devenu la caractéristique de tous les comparatifs en latin), à côté de skr. antâr « à l’intérieur »r lat. inter.
La valeur ancienne du suffixe est conservée par exemple dans ces mots d’une inscription éléenne : p.ais gparsva ixepav ÔYjA'jxspav « ni mâle ni femelle » ; gr. o péa-zspo-ç ne signifie pas « plus montagneux », mais « de la montagne », par opposition à « de la plaine » ; le skr. açva-tarâ-h « mulet » désigne une sorte d’animal, analogue au cheval, et qui s’oppose au cheval ; le lat. mater -fera « sœur de la mère » une personne proche de la mère et qu’on oppose à celle-ci ; etc. Grâce à ce sens, *-teroest devenu suffixe secondaire de comparatif en grec, w;jio-Tepo-ç de et en indo-iranien, skr. âmà-tara-h « plus cru » de âmàh « cru » ; en irlandais, il marque l’égalité ; le sens ancien n’était pas « plus cru », mais « cru » par comparaison avec autre chose ; jjisXavTspov yjjts (A 272).
LE NOM
Le suffixe *-tero- se compose de deux suffixes : et *-ero-
(cf. p. 229) ; un suffixe correspondant qui marque opposition de plusieurs objets a pour premier élément *-^(0)-, comme celui-ci, et pour second élément *-mo- (cf. p. 227) :
skr. ka-tamâ-h « lequel (de plusieurs) », lat. quo-tumu-s.
skr. ân-tama-h « qui est à l’intérieur », lat. in-timu-s .
Le lat. ul-timu-s signifie ainsi le « dernier » (de tous), et fïnitimu-s « qui est tout au bout ».
17. Suffixe *-ter- (et *-tel- ). — Le suffixe des noms d’agent se présente en grec — presque uniquement hors de l’ionien-attique — sous deux formes : -top- (nom. -'xwp, gén. -'zcpcz) et -xyjp- (nom. -tyjp, gén. -x rjpog), au féminin -xeipa (de *-ztp-yâ ) ; en latin sous la forme -tôr-, fémin. -tr-ï-c- ; en slave, au contraire, sous la forme -tel- (élargie par -je- aux cas du singulier) ; r de indoiranien -tar- (skr. nom. -ta, acc. -târam, dat. - tr-e ) peut représenter soit i.-e. *r, soit i.-e. */. La racine avait le vocalisme e\ dans les racines dissyllabiques, c’est la première partie du vocalisme, qui est au degré e ; la place du ton est incertaine et variait sans doute au cours de la flexion :
skr. jani-tà « celui qui engendre », gr. ysvc-T^p (yevexy jpoç), Yeve-tü >p (yevExopoc), lat. geni-tor.
skr. bôddhâ « qui observe », g r. *7C£DaTYîp (dans Tte’jsiyjpicç), v. si. bljusteljï « observateur ».
L’opposition du vocalisme radical plein et du vocalisme sans e dans hom. ca ixtop, wp, ÈTU-Sr^wp et gottqp, poiYjp et vqp n’est pas fortuite, car on retrouve un contraste pareil entre Xeip.wv et Xi jJL*qv , cc£~[Ky. et à’jxp/^v.
18. Suffixes *-tro- (’ *-tlo -) et *-dhro-, *-dhlo~. — Les deux formes *-tro- et *-tlo-, désignant l’instrument de l’action, sont attestées et apparaissent comme les formes thématiques des suffixes précédents : skr. mân-tra-h, zd ma-§rô « formule religieuse, prière », et lit. ( pa-)men-klas « monument » ne peuvent être séparés de skr. manta (thème man-târ-) ; le vocalisme radical e est le même, le ton est sur la racine ; ainsi skr. çrô-tra-m
THÈMES NOMINAUX
« oreille », à côté de çrô-tâ « celui qui entend » (thème çrô-tar-) ; le grec n’a que -ipo-: X£y-xpc-v, vix-xpo-v, etc. ; le slave a trace de -tro- dans vë-trü « vent » ; le lituanien a i.-e. repré-
senté phonétiquement par -kla- : ^én-kla-s « signe » (racine dissyllabique, v. ci-dessus p. i32) ; le latin a les deux formes, ainsi rôs-tru-m et pô-culu-m (cf. skr. pâ-tra-m « vase à boire ») ; de même l’irlandais : crïa-thar « crible », et cë-tal « chant » (de *kantlo-), et le germanique: got. smair-ftr « graisse » et v. h. a. sta-dal « grange » (de germ. *sta-ftla~). On conçoit dès lors que, pour un même mot, on rencontre les deux formes du suffixe, ainsi :
gr. apo-ipo-v, irl. arathar* charrue », arm. arawr(de *arà-tro~) « charrue », lat. cirâ-tru-m, mais lit. âr-kla-s « charrue ».
Un autre suffixe, synonyme et parallèle, *-dhro-, *-dhlo-, est représenté par des mots comme lat. crï-bru-m et sta-bulu-m (en regard de irl. criathar « crible » et dev. h. a. stadal ), etc. ; gr. véve-ÔAc-v, yu-xXo-v, (de *yu9Xo-v, par dissimilation), etc. ; tchèque râ-dlo (v. si. raid) « charrue », en face de gr. àpo-xpov, etc.
19. Suffixe *-tei~. — » Le suffixe *-tei- sert à former des noms d’action, à vocalisme zéro de la racine ; la place du ton variait sans doute au cours de la flexion :
skr. gâ-ti-h et ga-ti-h <c venue », got. (jga)qum-ft-s , gr. (Sa-o-t-ç ; peut-être lit. ( pri-)gimtis « qualité innée » (cf. lit. gim-ti « naître », littéralement « venir » ?).
skr. bhr-üh « action de porter », got. (ga-baur-fc-s) « naissance » (de *bhf-tei- ), v. h. a. (gi-)bur-t « naissance » (de *bhr-téi -), v. irl. bri-th (infinitif) « porter ».
En italique, ce suffixe n’est plus représenté que par des mots isolés et d’aspect altéré, tels que mens en regard de skr. màtih, matih « pensée » : dans l’usage ordinaire, c’est une forme élargie par -ôn- qui est employée, ainsi lat. mentiô, mentiônis ; (con-) uentiô, en regard de skr. gâtih, gatih ; etc. ; de même en irlandais et en arménien.
Le même suffixe est souvent secondaire, ainsi dans skr. pank-ti-h, v. si. petï « groupe de cinq » ; lat. sêmen-ti-s ; v. si.
LE NOM
ozps-tï, v. h. a. angus-t « angoisse », en face de thèmes en *-s-, shr. àmhah et lat. angor, angus-(tus).
20. Suffixe *-teu~. — Le suffixe *-teu- donne aussi des noms d’action, mais où l’idée de l’acte est plus en évidence ; skr. gântu-h indique « l’acte de marcher », plutôt que la « venue » ; de là vient que ce sont les mots ainsi formés qui ont fourni le supin en latin : it cubitum, en lituanien: éïks vâlgytii « va manger », en slave : ceso ji^idete vidètü « qu’êtes-vous allés voir? », et en sanskrit des infinitifs en -tum (identiques pour la forme aux supins précédents), -toh (génitif-ablatif), -tave (datif), -tavaî. A en juger par l’indo-iranien, le vocalisme radical est e (ou 0), et le ton est sur la racine. Mais quelques mots isolés ont le vocalisme zéro :
zd pdsu-s « gué », pdrd-tu-s « pont » (les deux formes représentent *prtus ), lat. por-tu-s, v. h. a. fur-t (germ. *fur-du- de pr-tü -), gaul. Ritu-(magus), nom de lieu (aujourd’hui Radepont ) qui signifie « (champ du) gué », v. breton rit, glosant lat. uadum, v. irl. -rith « gué ».
lat. gus-tu-s, got. kus-tu-s « essai ».
21. Suffixe *-men-. — Le suffixe *-men - sert à former des noms d’action neutres ou masculins ; les neutres sont fréquents ; ils ont le vocalisme e de la racine (et le degré e du premier élément des racines dissyllabiques) et le ton sur l’élément prédésinentiel. Ainsi :
skr. bhâr-ma « action de porter », g r. yép-\xx] ou, avec une forme dissyllabique de la racine, skr. bhârl-man- « action de porter », v. si. brème (russe berémja, serbe brème) « fardeau ».
La forme masculine a souvent le même vocalisme et la même place du ton, ainsi, à côté de skr. tàrma « extrémité du pilier de sacrifice », gr. zip-^x, lat. ter-men, on a gr. xsp-^wv, lat. ter-mô ; à côté de lat. lumen (de *leuksmn ), on a v. sax. lio-mo (de *lioh-mo) « rayon de lumière », etc. Mais le vocalisme zéro de la racine et le ton sur le suffixe se trouvent aussi dans : gr. âux^v à côté de <xzz[x a; tuuO-^v ; 6-p.yjv . Le même suffixe donne également des noms d’agent, comme gr. iS-jjlwv « qui sait », skr.
THÈMES NOMINAUX
dhar-mâ « qui tient » ; le skr. brâhma (neutre) signifie « prière » et brahmâ (masculin) « prêtre, brahmane ».
Les noms de ce type semblent avoir été souvent élargis par le suffixe secondaire ainsi skr. çrô-ma-ta-m « réputation »,
v. h. a. (Ji)liu-mun-t, en regard de zd sraoman- « ouie », got. hliuma ; en latin, ce fait est fréquent : augmen et augmentant , etc., d’où le type en -mentum de monumentum, etc.
De même que Ton a *-smo- à côté de *-mo-, on trouve *-smenà côté de *-men- : g r. vpdbpia « écriture » (à Argos) de *ypou[>g p.a, v. si. cisme « nombre » en face de cïto « je compte », lat. lumen de *leuk-smn, etc.
22. Suffixe *-zuent~. — Le suffixe secondaire *-went- est attesté par l’accord de indo-iran. *-want- et de gr. -(/)êvt- : skr. putrâvant -, zd puüra-vant- « qui a un fils », gr. yy.pi-(F)vn- « qui a de la grâce » .
Remarques générales. — I. L’énumération précédente ne comprend que des suffixes simples ou qui fonctionnent comme tels : un suffixe *-wen- n’y figure pas, parce qu’il peut être conçu comme un suffixe -u- (forme à vocalisme zéro) élargi par -en-, ainsi : gr. œ-F-h, en regard de lat. ae-uo-my got. ai-w-s « durée, éternité » et de skr. ayu-s- « durée ». Mais certains des suffixes qu’elle comprend et qui apparaissent comme simples résultent sans doute de l’accumulation de suffixes secondaires ; c’est notamment le cas du dernier suffixe indiqué, *-went- (*-zu-en-t-?).
Et les accumulations de suffixes ont joué de bonne heure un grand rôle ; ainsi un groupe *-i-ko -, féminin *-i-kà- se rencontre à la fois en sanskrit et en slave dans le dérivé diminutif du mot i.-e. mus « souris » et « muscle du bras » : skr. mus-ikâ « souris », v. si. mys-tca « bras »,pol. myska « souris », russe myska « aisselle » ; le latin a de même son suffixe complexe de diminutif -c-ulus dans le dérivé du même mot müsculus, à côté de müs. Les faits de ce genre sont innombrables.