‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 81 sur 129 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

gr. rfî'j-ôz-fe (*\Fâ& u-Arces-) ; skr. svâdu-râtih- « qui a des

dons agréables ».

*srri- dans skr. sa-kft « une fois », gr. à-xXouç, lat. simplex , et *sm-, devant voyelle, dans gr. [j-wvu?.

*n- (en regard de *ne, attesté par skr. nâ « ne... pas », v. si. ne, lat. ne\que\ , etc.), dans skr. à-jnâtah, gr. à-yvwTo-ç, lat. ignôtus (c’est-à-dire innôtus de *en-gnôtos')) got. un-kunfts, arm. ancanawth « inconnu ». Devant voyelle, *°n-, ainsi gr. àv-wv’jpic<;, arm. an-anun « qui n’a pas de nom ».

skr. nr-hàn- « tuant les hommes », v. att. àvSpa-çovoç.

*dus- dans gr. Süu-jjlsv^ç, skr. dur-manâh et gâth. du^-manah-, zd dus-manah - « qui a un mauvais esprit » .

En l’absence d’une sonante, *e subsiste dans les thèmes en *-es-,. ainsi gr. (E)£7ü£<7-(36Xoç, zd vacas-tastis « texte » (littéralement « construction de paroles »).

Un thème thématique a au premier terme d’un composé le vocalisme *-o- : gr. iTUTCc-Sa^oç ; v. si. dobro-dëjï « qui fait le bien » ; lit. gera-dêjis (même sens) ; got. guda-faurhts « qui a la crainte de Dieu » ; gaul. Outvâc-^ayoç, nom propre, signifiant « champ blanc » . Le cas où le second mot commence par une voyelle fait difficulté.

Quand le premier terme est un adjectif, le suffixe de l’adjectif, quel qu’il soit, peut être remplacé par -i-, ainsi gr. xùâdvetpa à côté de oûrêpéç, zd hrd^i-caxra- « aux roues élevées » à côté de tordant- « élevé », cf. skr. brhânt-, v. irl. Brigit (nom propre, litt. la « haute »). On rapprochera de ce fait l’indépendance respective dés formes du masculin et du féminin (v. cidessus p. 245) ; les suffixes secondaires des adjectifs varient de la forme du masculin à celle du féminin ou à celle du premier terme de composé, de même qu’ils varient d’une langue à l’autre ; par exemple, c’est en arménien un thème en -u-, barjr (gén. barju ) « haut » qui répond au thème en *-ent- de l’indo-iranien,. skr. brhânt- et du celtique, v. irl. Brigit.

Au second terme des composés, un vocalisme 0 s’oppose à un vocalisme e du mot isolé. Il subsiste de ce fait plusieurs traces,.

LE NOM

ainsi en latin extorris, médit ullium en face de terra, tellus ; en grec, çuaÇooç en face de Çsa ; l’opposition de gr. lcp.wpcç,

etc., et de got. mers « célèbre » est remarquable (cf. les faits cités p. 264). Pour la théorie de la composition, il importe de noter que le même vocalisme apparaît dans des juxtaposés ; le grec oppose cj-xg) à dor. x^-xoy.x, et, plus curieusemment encore, le latin oppose nôlim (de *ne-wol-, cf. v. angl. nelle « ne veuille pas ») à uelim.

Il est douteux que le premier terme ait jamais été un mot fléchi, notamment un locatif, en indo-européen, comme il l’est par exemple dans gr. fluXoï-yer/j;; « né à Pylos » ou dans skr. agré-gah « qui marche à la tête » ; ces composés dits « syntaxiques » sont des formes nouvelles et représentent des groupes de mots qui se sont fixés.

Les valeurs sémantiques des composés sont diverses :

i° La valeur grammaticale propre du second terme est conservée, le rapport des deux termes pouvant être quelconque : apposition dans gr. lâTpé-jArmç « devin-médecin », skr. râjarsih « prêtre-roi » ; adjectif et substantif : gr. àxpôxoXtç, skr. adhara-hanüh « mâchoire inférieure » ; complément et substantif : gr. xaxp-aSsXçoç, skr. mâtr-svasâ « sœur de la mère » ; c’est de ce dernier cas que relève le type fréquent des composés dont le second terme est un thème à suffixe zéro, portant le ton, athématique, comme dans gr. (SouxXVjÇ, lat. iüdex (* yous-dïk^ ), si. *medv-ëd- (nomin. v. si. medvëdï) « ours », littéralement « mangeur de miel », ce qui est le sens de skr. madh(u)v-âd- , ou thématique, comme dans gr. cxXc-çopoc, lat. armi-ger, russe vodovô^ « porteur d’eau », skr. kumbha-kârâh « faiseur de vases » ; les thèmes qui figurent au second terme de ces composés ne sont souvent pas attestés en dehors de la composition, et plusieurs ont pu ne jamais exister isolément. Ces composés indiquent un agent ; il n’y a pas de composé dont le second terme soit un substantif abstrait conservant sa valeur d’abstrait. Les noms d’agents en *-ter- ne figurent pas au second terme des composés ; ils y sont remplacés par des thèmes en ; le san-

skrit par exemple oppose karta « faiseur » (thème kartâr-') à

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