COMPOSITION
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pathi-kf-t « faiseur de chemin » ; le latin oppose factor (refait sur la forme faciô ) à sacer-dôs (gén. sacerdôtis ), où -dô-t- représente *-dhô-t -, de la racine *-dhè- (de /æczô, fiel), cf. sacrificïum ; le grec a élargi \-e)t- au moyen de *-â-, d’où le contraste de gw- Twp, fcTYjp et de a uftœrrjg, (J'j|3oty)ç, par exemple.
2° Le composé a la valeur d’un adjectif indiquant que le second terme est tel ou tel homme, ou telle ou telle chose : gr. gaOuxsAtuo; « qui a un sein profond », lat. magn-animus « qui a une grande âme », skr. hîranya-keçah « qui a une chevelure d’or », v. si. crüno-vlasü « qui a des cheveux noirs » ; gr. skr. dur-manâh « qui a un mauvais esprit », etc. Ce sont les composés dits possessifs. Le ton est le plus souvent sur le premier terme, et ceci permet parfois de marquer la différence des composés possessifs et des autres : gr. xoX’j-Tpoxoç est un composé possessif, mais xav-ipoxoç signifie « qui tourne tout » ; skr. râjaputrâh signifie « fils de roi » mais râja-putrah « dont le fils est roi, qui a pour fils un roi » est un composé possessif. Le second terme du composé possessif garde au fond sa valeur de substantif et par suite ne prend pas la marque du féminin : skr. su-mânâh « bienveillant », gr. eù-pisvïfc servent à la fois pour le masculin et féminin, de même gr. poos-àxxiuXcç, cf. Artaxerxés longuemain.
3° Un troisième type renferme des mots dont le premier terme a le caractère d’un thème verbal ; ainsi gr. ocpyi-Y.oLY.oq « qui commence le mal, auteur du mal », cf. ap^stv, avec voyelle *e à la fin du premier terme, çuyo-iutôXsimç « qui fuit la guerre », cf. çuyeîv, avec voyelle *o à la fin du premier terme ; v. si. vë-glasü « celui qui sait » (littéralement « connaissant la voix »), de vëd- (thème de vèdé « je sais ») et glasü « voix » ; en indo-iranien, le premier terme est d’ordinaire remplacé par un thème de participe : skr. vidâd-vasuh « qui trouve le bien », zd frâdat-gaèOô a qui fait prospérer le monde ». Le déterminant suit donc le déterminé dans les composés où intervient un thème verbal, tandis qu’il le précède dans les composés de deux termes nominaux ; cette place du déterminant après le verbe, mais avant le nom, se retrouve dans plusieurs langues où les relations gram-
LE NOM
maticales ne sont indiquées dans la phrase que par l’ordre des mots, comme c’est le cas dans un simple groupe de noms pour les composés indo-européens.
Des suffixes secondaires peuvent être ajoutés à la fin des thèmes de composés, comme à la fin de tous les autres, ainsi *-yo- dans gr. èvvsa-gctoç (*s vv s/a- (3 o/-y o-) « qui vaut neuf bœufs ».
Moins encore que des thèmes obtenus à l’aide de suffixes (v. p. 217), des composés nouveaux ne sont librement formés par la langue courante. En grec, par exemple, la composition est surtout le fait de la langue religieuse, des langues techniques, des langues littéraires, notamment de la langue épique et de la lyrique chorale. Envieux slave, presque tous les composés connus sont savants et servent à traduire des composés grecs; et un composé de la langue ordinaire comme medvèdi, cité p. 25o, doit l’usage courant qui en est fait à quelque ancienne interdiction de prononcer le nom propre de l’ours : c’était un artifice employé pour éviter le mot propre défendu. Mais dans les langues spéciales, et surtout dans la langue religieuse, la composition a joué un rôle capital ; telle est l’origine du fait que les composés sont d’autant plus fréquents dans les textes littéraires que ceux-ci appartiennent à un genre plus artificiel. Cette observation ne s’applique pas aux composés dont le premier terme est *#-, et à quelques autres composés usuels de ce genre.
La grande importance de la composition en indo-européen ressort de ce que les noms propres solennels d’hommes étaient ordinairement des composés tels que gr. 'Itttco-ixéBwv skr. Açvamedhah (qui a [fait] le sacrifice du cheval), gaul. Epo-pennus (tête de cheval), v. angl. Eô-mœr (célèbre par ses chevaux), v. perse Aspa-canah - (qui désire des chevaux). Dans l’usage familier ces composés étaient sans doute remplacés par des formes brèves (ou hypocoristiques) qui les accompagnent parfois, formes telles que gr. 'ItutïLcç, '/17ît:uç, ''ItutuuXXoç, etc. Ces formations expressives à consonnes géminées ont sans doute eu, d’une manière générale, une grande importance dans les formes familières et populaires de l’indo-européen qui sont mal connues (v. p. 102).
FLEXION
b. Flexion.
La flexion des substantifs et adjectifs se présente sous trois aspects suivant que le thème se termine: i° par consonne ou sonante ; 2° par *-â- (*-£-) ; 3° par *-£/(?-.
Le genre neutre est caractérisé par la flexion ; mais la forme est la même que celle du masculin-féminin à tous les cas autres que le nominatif, le vocatif et l’accusatif. Pour ces trois cas, il n’y a à chaque nombre qu’une seule forme neutre, ainsi en védique yugâm « joug » et yugcl, en grec nom.-voc.-acc. sing. Çüycv, pluriel Çoydc; en latin iugum et iuga, etc.
La forme qui tient lieu de nominatif-vocatif-accusatif pluriel neutre est celle d’un ancien collectif neutre thème en -a- (-?-) ; la flexion d’un neutre au pluriel se compose de ce collectif en -à- au nominatif-vocatif-accusatif singulier, et de formes pareilles à celles du masculin-féminin pluriel pour les autres cas ; de là vient que, en indo-européen, le verbe qui avait un sujet au pluriel neutre se mettait au singulier ; la règle subsiste en grec (xà Çwa apsysi), dans les gâthâs de l’Avesta et dans quelques exemples védiques ; en baltique, elle a eu pour conséquence que la 3e personne du pluriel des verbes a disparu : la forme de singulier en usage avec le collectif neutre a été généralisée. Ce collectif neutre est du reste indépendant du singulier neutre : un nom qui a au singulier la forme neutre du nominatif-accusatif n’a pas d’autre pluriel que ce collectif ; mais un nom dont le nominatif et l’accusatif singuliers sont masculins féminins peut être accompagné d’un collectif neutre ; ainsi le latin a en face de locus , non seulement loci, locôs, mais aussi loca ; l’attique a en face de aTaôp.é; ; fois araôjxouç et axa6p.dc; la langue homérique
a, près de p.yjpoç, le masculin p.Yjpot, papoue, et le collectif p.vjpa ; le russe a pour pluriel de gôrod « ville » le neutre gorodâ ; etc. Il n’y a pas lieu de s’étonner que le thème neutre en -à- de véd. yuga « jougs » et de gr. Çuyà ait seulement le nominatif-accusatif singulier qui sert de collectif : beaucoup de thèmes neutres n’ont que lé nominatif-accusatif, ainsi gr. vjxocp (thème en -r-)
LE NOM
en face du thème en -n- qui fournit le reste de la flexion , Yjicaxoç, etc., ou véd. hardi « cœur » (thème en -/-) en face du thème à suffixe zéro qui fournit le génitif-ablatif hrd-âh, etc.