LA RHÉTORIQUE AU XVI'^ SIECLE
tains caractères de la rhétorique française du xvr" siècle, et, en particulier, cette préoccupation de l'euphonie et du r\thnie que nous avons relevée dans la théorie comme dans la pratique.
Sans doute, les contemporains de Foclin et d'Amvot n'ont pas su plier une langue encore mal formée à cette période longue et organisée dont Bossuet nous fournira les plus parfaits modèles (r): ils semblent avoir essavé tout d'abord d'introduire une certaine harmonie, une certaine sonorité dans les groupes qui constituent la phrase, dans ce que les Grecs appellent des Côla{2). Quoique modeste, leur besogne ne tut pas stérile, et c'est pourquoi elle méritait, crovons-nous, de retenir un instant notre attention.
Ci) Des humanistes purement latinisants se seraient plutôt attachés j construire des périodes, telles que nous en rencontrons dans les passages cicéroniens de Rabelais ; mais c'est surtout sous l'influence de la poésie française, peut-être aussi de la poésie italienne, que les prosateurs du xvi*-' siècle rechercheront les qualités musicales, et qu'ils essaieront d'introduire l'euphonie et le rythme dans les éléments de la plirase.
( 2) Ils suivaient, d'ailleurs, en cela, les préceptes de Q.uintilien (ix, 4) : ■ Ut initia clausuhiequc plurimum momenti habeiit, quoties incipit
Msus, aut desinit ; sic in mediis quoque sunt quidam conatus, qui
> iter insistunt, ut currentium pes, etiamsi non moratur, tamen vesiigium facit : itaque non modo membra atquc incisa bene incipere atque cludi decct, sed etiam in iis. quae non dubie contexta sunt, nec respiratione utuntur, illi vel occulti gradus. «
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