KKKAIUM DE I359 — ÉDITION DE I365 EXEMPLAIRE DE MELUN VERS I
Nous avons déterminé dans le 3*^ chapitre de la 1"^ partie la date des remaniements successifs d'Amvot ; rappellons-les sommairement ici :
i" Dans la seconde moitié de 1558 et au début de 1559, Amyot revit sa traduction dont le manuscrit était déjà remis à l'imprimeur. — Les résultats de ■cette première revision sont consignés dans l'Erratum de l'édition originale de 1559.
2'' Entre 1559 et 1565, il continua le même travail, qui aboutit à la 2'' édition, 1565.
3" Vers 1580-83 — sans doute en vue d'une édition projetée chez Eédéric Morel — il annota un -exemplaire de l'édition de 1565, que nous désignerons sous le nom d'exemplaire de Melun.
Pour donner plus d'intérêt à ces corrections en somme assez menues, nous les étudierons par séries :
436 JACaUnS AMVOT
I" Corrections de texte.
2" (Corrections d'interprétation.
3" Corrections taites sans se reporter à l'orii^'inal et uniquement pour donner plus de cohésion et de clarté à la traduction.
4" Corrections de style.
5'' Corrections de langue.
CORRKCTIOXS DR TEXTE
Elles sont de plusieurs sortes. Anivot en effet peut corriger le texte grec qu'il a jusque-là adopté, soit à l'aide de manuscrits non encore utilisés par lui, soit en empruntant des variantes à d'autres érudits (notamment aux éditeurs et traducteurs de Plutarque), soit enfin par des conjectures personnelles. Nous indiquerons, lorsqu'il nous sera possible, la source de ces diverses corrections.
Emit II ni di i)j9.
L'Erratum de 1559 nous présente des corrections de texte — mais en petit nombre. Et cela se comprend aisément, si l'on songe que l'étude du texte grec avait été achevée en i > 5 5 (date inscrite sur l'exemplaire de l'Arsenal), et que, entre la rédaction définitive et l'appaiition de l'édition 1559, Ann'Ot n'avait guère eu le temps de collationner de nouveaux manuscrits. Voici ces variantes :
LES CORRECTIONS DE TEXTE DE I.'eURATL'M 437
25 C. Texte grec des éd. : oiov ;j.ï,ox£Àaoj xal yiiou. Tnid. 1)59 : Comme Marcellus, Gains, lirratum : Comme Marciis, Cneiis, (Jaius.
Si nous nous reportons à l'ex. de 1 Arsenal, nous v lisons en effet d'une écriture postérieure à 1 5 5 5 :
Remarquons à ce propos que Xvlander dans sa traduction, (t. I, p. 85) reproche à Aniyot d'avoir accepté le texte grec, sans essayer de le corriger. Et tirons de ce fait deux conclusions : Tune historique, que Xylander n'avait pas lu l'Erratum d'Amyot; l'autre pratique, qu'il nous faut être très prudents pour déterminer la .source d'une correction d'Amyot ; cai' ici, n'eût été' l'Erratum, nous aurions affirmé sans doute que la note de Xylander (1561) avait suggéré à Amyot la correction que nous lisons en 1)6), dans sa seconde édition. Il n'est pas impossible que le texte ait été corrigé ici par Amyot à l'aide d'un passage de la Me de Camille (xxxiii), où, dans le récit des mêmes cérémonies, on lit và'iiov, 'ji.àoxov, /.ojx'-ov.
266, E. Texte grec des éd. : ô'.v/r.Tiuîvo; si; ôp.aaov
~Ç0VA7.'/xi'.X0 TOV Xc'JX'.OV cl' Tl 'iT.si TWV eîOT.aÉVWV
ar, iAT.OÉ;.
Trad. 1559 : à la fin de .sa narration provoqua Lucius Quintusà s'inscrire à l'encontre de luv s'il vouloit maintenir que ce qu'il luv mettoit sus ne fust veritdble.
Erratum : Il v a double lecture en ce lieu et selon l'une il taudroit dire : il provoqua Quintus ù jurer ; ainsi que nous l'avons rendu en la Vie de Caton le
4^8 JACQUES AMVOT
Censeur ; selon l'autre, il faut dire comme nous l'avons rendu en ce lieu, à la(.]uelle s'accorde l'histoire de Titus I.ivius. (i)
Nous trouvons encore l'indication de cette leçon dans l'exemplaire de l'Arsenal (125, v"). En marge (écriture postérieure à i)))), on lit: « forte c,cy.'.7;ji.ôv sicut in Catone legitur. »
En 1565, Amyot adopte cette variante et traduit sans aucune note : « provoqua Lucius Quintus à jurer publiquement s'il vouloit... »
427, D. Texte des éd. : (ô; yio i^i^z/.ov <,\ iOr.va'o'.... ty.v
Trad. 1)59 • tlar après que les Athéniens eurent
chassé... la garnison.
Erratum : Car aprer ~ ■ "..'s Thebains eurent chassé... la garnisc:
Cette correction a sans doute été suggérée à Amyot par l'histoire et par le contexte même. Elle est notée dans l'ex. de l'Arsenal (écrit, postérieure à 1555) fol. 200, r° : Or.êalo'. — et adoptée en 156). Elle était fournie d'ailleurs, par certains manuscrits, comme C (Parisinus 1673.)
5875 D. 1 exte des éd. : xjOiTrso xal to^; rp<!); '^op;j.;<.)va xal STÉ'f avûv vi 0'; îixÔT(i>; •f/jô;T,5ï, xal yio 'jop|j.i(i)v
(i) Cf. en ctlct Titc-Livc, XXXIX, 45. Mais ni (llareanus (HL-nri I.orit, de (il.tris) dans ses Annotaikmei in Tilinii Liviuiii (1540). ni Sigismundus Cjclenius dans l'ouvr.ige du même titre, que Gripliius publia avec une réimpression du précédent en iSSî. ni Cirlo Sigonio dans ses Scl'olio ijiiil'in T. Livii histciiar rxpliiiiiiiiltir (Raie l>S6) ne rapprochent, pour cette plir.ise, le témoignage de l'iutarquc de celui de 'J'ite-I.ive.