‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 115 sur 164 · AMYOT KT TURNÈBE · texte numérisé non relu

AMYOT KT TURNÈBE

traduction d'Ainvot pour les Morales n'a pas prét^édé la publication d'Estienne); et en outre il nous semble que le mot cxcmphiria doit s'entendre dans ce passage, comme dans beaucoup d'autres, des manuscrits qui ont été consultés parles deux hellénistes, en particulier des manuscrits italiens.

Beaucoup plus probant, à notre avis, serait l'argument tiré de ce tait(i) que les lacunes des S\niposiiica sont remplies dans la traduction d'Amyot et dans l'édition d'Estienne comme elles l'avaient été par Turnèbe sur son exemplaire : en effet, si nous consultons les éditeurs de Plutarque, W'yttcnbach et Bernardakis, nous constatons que ces lacunes ne sont jxis comblées dans les manuscrits collationnés par eux.

11 semble donc, au premier abord, qu'il en faille tirer cette conclusion qu'Amyot, comme Estienne, a eu communication de l'exemplaire de Turnèbe. Mais seule, croyons-nous, une étude minutieuse de ces tiifférents textes, et la collation d'un plus grand nombre de manuscrits permettrait de résoudre cette question. Xous nous contenterons, pour le moment, — en laissant de côté l'édition d'Estienne — de présenter quelques remarques au sujet du problème suivant : Amyot a-t-il emprunté à Turnèbe les compléments grâce auxquels il complète le texte des Symposiaca ? Tout d'abord il n'est pas impossible à priori que ces corrections, que nous lisons dans l'exemplaire de Turnèbe et dans celui d'Amvot, au

(OCf. ;i ce sujet J. Jx-ger, op. cit., pp. 27-58. et R. Dezehtiéns, cf. cit., p. 22 (note).

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lieu d'ctrc le résultat de conjectures, proviennent d'une source comnuuie, d'un manuscrit qu'on n'a pas encore collationné. Par exemple, à propos d'un passage pour lequel tous les textes utilisés par W'vttenbach contiennent les mêmes lacunes (Hn de la y question du i"' livre), Hstienne donne à peu près littéralement le texte, tel qu'il est corrigé par Anivot et par Turnèbe, et il déclare l'avoir trouvé dans un ancien manuscrit : « A vetere codice atîertur. » Si le fait est certain pour ce passage en particulier, il est possible pour tous les autres.

Mais, alors même qu'on rejetterait cette hypothèse d'une source commune, en vertu de quoi prétendrions-nous donner aux corrections de Turnèbe l'antériorité sur celles d'Amyot ? La comparaison des deux exemplaires pourrait bien plutôt suggérer l'hypothèse contraire. En effet, la grande majorité des notes du volume de Turnèbe, dont nous trouvons l'équivalent dans celui d'Amyot sont écrites dans le premier de 1 écriture grosse que nous avons supposée plus haut postérieure à celle du célèbre helléniste (i). — Nous ne présentons là, encore une fois, que des conjectures ; mais nous tenions à faire remarquer que cette question des rapports de Turnèbe et d'Amyot, aussi bien que la question de l'établissement au xvi"^^ siècle du texte des Syiiiposinai ne sont pas encore ctimplètement élucidées (2).

(1) Ajoutons uiilin que l'idcutitc est loin J'ctrc .ibsoluc entre les corrections correspondantes des deux exemphiires.

(2) Reconnaissons, d'ailleurs, qu"en dehors même du traité des Syiiipcisincii, on trouve assez souvent dans les deux volumes annotés, des

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Mais, pourrait-on objecter, AmyotciteTiirnèbe dans le volume de l'Arsenal : M. jiii^er en effet a relevé dix renvois à Turnèbe (il aurait pu encore en relever au moins deux autres, aux folios 521 et 522), et il en conclut qu'Amvot s'est servi de l'exemplaire de Turnèbe. Pourtant, à propos de l'une de ces notes, (fol. 5 26) dans laquelle, en face du texte ojaotîoov -ty., Amvot écrit « vidchir lotisse Titrnch. c'/'otîcov -rzrzh. », M. Jiiger, averti par les termes mêmes dont se sert Amyot, V reconnaît une allusion à la traduction latine que Turnèbe avait donnée de ce traité. Mais ce n'est pas un exemple isolé que l'on peut et que l'on doit ainsi expliquer ; sur les douze mentions de Turnèbe, que nous offre l'exemplaire de l'Arsenal, onze, vérihcation faite, se rapportent à des éditions grecques ou à des traductions latines de traités dePlutarque publiés par Turnèbe en 1 5 52 et en 1 5 56 (i). Il est vrai qu'il reste une correction, attribuée par Amyot à Turnèbe,

levons que ne nous l'ournissent pas les manuscrits collationncs jusqu'ici, et que Turnèbe lui-même, ou du moins l'un des annotateurs de son exemplaire, présente comme des conjectures : nous en citerons seulement deux exemples : 1" Kx. de Turnèbe 812

texte O'j YWSTÔa; en marge i-p;btz'shvi:

puis r^to; î-'Yivï^Oa; Hx. d'Aniyot 680

texte oj Y'vïjOa'. en marge i'^yiwîzUy.:

'Bernardakis (édit. des Moralia, I\', p. 87), adopte ÈY-'vvsïOai mais écrit en note o'J yîveïOa'. iiifi.] 2" Kx. de Turnèbe 815

texte ô|jL07iTO'j; en marge "510; o'joC'.o'j: s//

Hx. d'.\niyot 681

texte 6;jL05{Toy; en marge oaciÇiou;

[La variante ôaoSio-j; n'est pas signalée par Bernardakis, IV, p. 90.] (i) Ce sont le De primo frigido 1552 (texte grec) et, même date, traduction latine, 2 vol. in-4'^ publiés chez Turnèbe ;

Le De Procrealione animi in Tiiii.ro Philoiiis 1552 (texte grec) public

qu'il n'a pas pu puiser, croyons-nous, dans les œuvres imprimées de celui-ci. A la page 67^, en effet, dans le premier problème du deuxième livre des Syniposidùi nous lisons, en face du texte àvT'.c-Toi'La;, la note » Tornel'iis legebat àvOoTuiav opi-La; (i). » Nous lisons aussi dans l'exemplaire de Turnèbe (p. 803) àvOoTu'.av oci-^aç; mais ces mots sont de la troisième main, par conséquent postérieurs à la mort de Turnèbe. Ici encore on peut faire plusieurs hvpothèses : il convient en effet de remarquer qu'Amvot qui, dans les onze autres notes se rapportant à une publication de Turnèbe, emploie le présent legil, piital, videtnr, ou une sorte de parfait videlur legisse, se sert ici de l'imparfiiit legehai. Turnèbe était-il mort dans rinter\-alle ? Cette supposition n'est pas nécessaire : les premiers présents ou parfaits se justifient fort bien pour alléguer l'opinion d'un érudit déjà mort, lorsqu'elle est fixée dans un ouvrage. iMais l'impartait désigne-t-il une opi-

chez Cjiiillauiiic Morcl, iu-4".

[Ces trois ouvrau;es se trouvent reliés en un volume sous la cote R 1 542-1 549, à la Bibl. Nat.]

Le Dt' Procréât ioiii' aiiiiiii... (traduction latine) publié à la même date chez Turnèbe, in-4° (Bibl. .\1azarine, 1470, 4 .\).

Le De dcfi'ctii oracidorum (traduction latine) publié en 1556 chez Vascosan (Bibl. Nat., J 61 12).

Turnèbe traduisit aussi le De falo et le Coiivivitiin Se/'tnn Sijpieitliiiin, qui furent publiés, senible-t-il, en i>66.

Tous CCS traités, du moins les traductions latines, sont réunis dans l'édition des (7:»rr('v de Turnèbe publiée en 5 vol. in-t'olio, à Strasbourg, chez Zetzner, 1600.

(Cf. sur Turnèbe, entre autres ouvrages, l'intéressante thèse latine de M. h- Clément. Paris, 1899, in-8").

Sur la traduction du De fluvioruw et iiio:,tiniii iioniinibits, attribuée à Turnèbe, cf. C^lément, cp. fit., p., 1 56.

(i) Cette variante, adoptée par Hstienne, ne se trouve, si nous en croyons les éditeurs, dans aucun manuscrit (cl. V\'vttenbach, t. lll, j." partie, p. 491, note).

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