UNE LETTRE DE PIERRE MORIN A ML'RKT
nationeni expcctarc non potuissc, duni cssct conimodum. A te summo studio peto, mi Muretc, ut de rehus, de litteris, de consiliis tuis ad me scrihas ; Amiotumne conveneris et quid ei gratum t'eceris de Plutarcho, de \'ictorino ? Hic si etiam in manibus, an jam divulgaris ? Consiliumne sit sacros et ecclesiasticos reliques scriptores studio et opéra simili adjuvare atque \'ictorinum ? Jam enim leviores littenv -a'.o'.ai tibi sunt ; t-ojot. xal o'.a-'or.'-/; sanctiores. Tu illa %j'fjzyirjVjX,v.c. Ad luvc vero, matura jam cVtate, animum studiumque tuum contulisti. In quibus te jam arbitror, ut ait Theognis, Tof ;a.sv •j.fÔTOai, -rà ok rjv.y.-r'j'/'j.'.. à/.),a ok -o'.îlv. Velim item, teque id etiam atque etiam oro, si quando erit otium, si quid homini amicissimo et observantissimo tui cogitationum tuarum impartiendum putas, perscribas ad me, quid de his miserrimis temporibus sentias, qui-
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(oTS'-av et àvav/b.v incidimus. GriL'cum Theologum meis verbis plurimum jubé salvere. \'ale, Cantilii, A. D. IV Kalend. Septembr. (i). »
Cette lettre, on le voit, ne porte pas d'indication d'année; mais la date de 1561 ou plutôt 1562 nous paraît incontestable. L'allusion à Amvot n'est pas, en effet, le seul argument que l'on puisse faire valoir à ce sujet. Il suffit de comparer cette lettre à d'autres lettres de Muret, datées de 1561 ou 1562, pour s'apercevoir qu'il y est question des mêmes événements. Tout
(i^ Edit. Frotscher, II, p. 107 et Edit. Ruhnken, I, p. 496.
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d'abord, il n'est pas douteux que l'auteur de la lettre et le destinataire soient tous deux en France : or, évidemment, on ne peut expliquer les allusions soit aux occupations sérieuses de Muret, soit aux troubles ci\ils qui commencent à déchirer le royaume, si Ton suppose cette lettre écrite durant le premier séjour de Muret en France. Au contraire, l'allusion aux agissements des novateurs se rapporte très exactement à l'agitation politique et religieuse que l'échec moral du colloque de Poissy en 1562 ne ht que raviver (i).
Si la date n'est pas indiquée, la mention du lieu est, en revanche, assez obscure, car la forme Cantiliits ou Cû lit m II m peut cacher bien des localités différentes. Quoique nous ne puissions apporter aucun exemple analogue de Cauliliiiin employé pour Cniililiihiiiii, nous crovons qu'il s'agit ici de Chantilly. Nous avons dit en effet que Muret, pendant son séjour en France, ne s'était jamais beaucoup éloigné de Paris, et que le plus souvent il résidait dans les en\irons de Senlis : or le fait même que Morin lui tait porter une lettre par quelqu'un qui na pas le loisir de l'attendre, proplcr rcdcumJi festinalioiu'iii, indique suflisammentque les deux correspondants sont à une petite distance l'un de lautre. Chantilly satisfait parfaitement à cette condition. — De plus Morhi s'excuse d'avoir été occupé avec son élève, lorsqu'est venu le théologien ami de Muret ; or nous savons que le petit-lils du
(i) Ci. Décrue. Aiim- de Moiilmorciiiy, t. II, cli. \i\- et .w.