NOUVELLES LEÇONS EMPRUNTEES A DES MANUSCRITS
Outre l'utilisation certaine d'ouvrages imprimés, cHitre l'utilisation possible de collections de variantes manuscrites, Amyot semble avoir, même après son retour d'Italie, emprunté directement à des manuscrits un certain nombre de variantes, dont plus d'une a passé soit dans le texte même, soit dans les marges de son édition de 1565. C'est surtout par élimination que nous pourrions déterminer ces sortes de leçons ; mais, les recherches précédentes ayant été nécessairement très incomplètes, cette détermination serait à son tour fort hypothétique. Aussi chercheronsnous, autant que possible, dans les termes mêmes dont se sert Amyot pour présenter ces variantes, la preuve de leur origine manuscrite. Malbieureusement ces termes sont souvent équivoques, et telle expression, très fréquente d'ailleurs, « Autres lisent... », peut s'appliquer également à la leçon d'un manuscrit et à la conjecture d'un érudit.
506 JACdUHS AMYOT
50, D. Texte de 1)59 : " en ce mois on sacrifie pour les
plantfs. » Texte grec des éd. : loï; 'fjxoï; v/-x-fiW->^- ~^>~t.
Xylander traduisait : Moi luis parattaiit, et ajoutait eu note : (I, 168) » Legenduni dico 0-/r,'coï;. »
Mais à cette conjecture Amyot préfère une correction, analogue pour le sens, qu'il tire des manuscrits, et, en 1565, tout en gardant sa précédente traduction, il écrit en marge : « Aucuns vieux exemplaires grecs lisent en ce lieu :p6ÎT0L; qui seroit à dire les trespassez. )> fiiteneffeton lit dans l'exemplaire de l'Arsenal 23 vo, la leçon toï; çOltoï; avec un renvoi à Ovide (2^^ livre des Tristes.)
Cette correction se trouvait déjà mentionnée sur l'exemplaire de Muret d'après deux manuscrits du cardinal Ridolfi, et il n'est pas impossible que ce soit à ce recueil qu'Amvot l'ait empruntée.
159, C. Texte de 15 59 et i)6) : « mais peu après recognoissant sa femme. »
Note ajoutée en 1565 : « Aucuns vieux exemplaires lisent aï,-ï£pa, sa mère. »
Xylander traduit, ainsi que Cruserius : lixor. Ce n'est donc pas chez eux qu'Amvot a pu trouver cette variante, qui est signalée dans son exemplaire de l'Arsenal, fol. 75 r" : en face de à-riyvo-j; ôè tr.v vyva'xa, en marge : ar.Tipa.
Cette variante, si nous en croyons Sintenis, est donnée par le Baroccianus 226 ; elle l'est aussi par plusieurs Parisini, entre autres par le 1671, ainsi que nous avons pu le vérifier.
164, F. Texte de i))9 : « l'aisné en celle ('la maison) des Fabieus, qui fut adopté par Fabius Maximus celuy qui fut par cinq lois consul. »
Texte des éd. : tôv ixèv -psj'v-jTspov i-ô <i-x\\\>.'yj -ixfii'rj ■zo-j TsvTaxi; •JraTs-ja'itv'iOÎ.'''
Xylander : AJterum Fahii Maxiiiii filio... ; et en note (I, 593) : « Quod in Grx-co legitur tôv u3v -rp£5Ç'J-ccpov