‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 125 sur 164 · NOUVKAUX MANUSCRITS CONSULTES )II · texte numérisé non relu

NOUVKAUX MANUSCRITS CONSULTES )II

L'exemplaire de TArsenal mentionne en etî'et (fol. 292 ••°), en lace de ïte ôt. c;i 'yiaaoj, la leçon

L'expression d'Amvot peut désigner des manuscrits ; mais la variante qu'il indique ne se trouve dans aucun de ceux qu'a collationnés Sintenis.

698, F. Texte de 1 5 59 : «... ains me delivrerav des misères

de ce monde, me contentant de la fortune : car

je donnav aux Ides de mars ma vie à mon pais

pour laquelle j'en av depuis vescu une autre libre

et glorieuse. »

L'édition de 1 565 corrige la fin de cette phrase en :

« pour laquelle j'en vivray une autre libre et glorieuse, »

— et elle ajoute en note : a Ce lieu est corrompu au texte

grec. ))

Nous lisons en effet dans l'exemplaire de l'Arsenal, en lace du texte : iXh i-aAAi;0|ia: T-r,v •zCyry iza'.vôjv... iV/v' ov Ë^T.sa, la note suivante d'Am\ot : « locus hic mutilus est et forte legendum a/./.ov ôi Zi^-ji; i ). ..

Parmi ces corrections quelques-unes, nous l'avons vu, sont sans doute des conjectures ; mais la majorité provient de manuscrits. Il serait intéressant de pouvoir déterminer à l'aide de ces variantes, quels sont ceux auxquels Amyot a eu recours entre 1559 et 1 565 ; malheureusement les résultats que nous obtiendrions seraient a priori tort sujets à caution. Tout «l'abord, en effet, il n'est pas impossible qu'Amyot ait adopté seulement dans sa seconde édition une leçon qu'il avait connue et mentionnée sur son exemplaire grec dès 1555; ^^'est même une hypothèse que pour plu-

(i) La traduction de i))9 atteste qu'Ainyot lisait déjà i/.AOv £!^T,3a.

sieurs des corrections ci-dessus, l'inspection seule de l'écriture rend assez vraisemblable. En outre, l'insuffisance des exemples étudiés, l'insuffisance aussi des manuscrits collationnés ne permettent pas de tirer de cet examen sommaire des conclusions bien solides. Pourtant. nous remarquerons qu'une grande partie des leçons empruntées à des manuscrits se retrouve dans le Parisinus 167 1 qui, avons-nous dit, après avoir tait partie de la riche collection de RidoHi passa, par l'intermédiaire de Strozzi, à Catherine de Médicis dès 1558. Il n'est pas invraisemblable qu'Amyot se soit servi de ce volume.

Nous nous sommes reporté également à im manuscrit à peu près négligé par Sintenis, le Parisinus 1675, qui faisait partie depuis le début du siècle de la Librairie royale. Il ne contient, comme on l'a vu plus haut (i), que quelques biographies et nous n'avons pu, par suite, faire porter notre enquête que sur quatre des passages étudiés. Or pour deux de ces passages, (360 et 602) le Parisinus 1675 nous fournit la même leçon que les éditions de l'époque. Quant aux deux autres, ce sont les suivants :

159. Le Parisinus 1675 (fol. 180 v") donne bien la leçon iz'.vvoj; ôi XT.v ;rf,T£pa. signalée par Anu'ot en 136). Mais nous avons vu que cette leçon était fournie par plusieurs autres manuscrits, et en particulier par le Parisinus 1671.

De même, 590. Le Parisinus 167) (loi. 20^ vo) donne la leçon ;iap6ao'.x(, •/.•j'f.'.v.:. mais c'est aussi la leçon de presque tous le.-, manuscrits, (i) Cf. pp. 158, sq.

VALEUR PHII.OLOGIQrE DU TRAVAIL 1) AMYOT yl^

On ne peut donc rien conclure de certain de ces variantes pour l'utilisation des manuscrits qui se trouvaient alors à la Librairie de Fontainebleau (le Parisinus 1678 ne contenait aucun des passages ci-dessus) ; mais cette utilisation, au moins pour le 1671 et pour d'autres manuserits de Ridoltî, n'a rien que de très vraisemblable.

On voit de combien de ressources Amyot a su profiter, non seulement pour établir son texte avant sa première édition, mais encore pour l'amender dans la suite. Manuscrits de toutes provenances, recueils de varia; lectiones, commentaires sur d'autres auteurs, conjectures, personnelles, il mit tout en cvuvre a\ec un zèle et une patience qui ne se relâchèrent jamais, et, si une taible partie seulement de ces leçons a passé dans sa traduction, il ne faut pas oublier que son exemplaire grec nous fournit im appareil critique qu'on aurait tort de négliger et dans lequel, comme le remarquait Graux, on pourrait puiser plus d'une heureuse variante empruntée par lui à des manuscrits qui sont aujourd'hui perdus ou ignorés. Nous espérons que les exemples souvent fastidieux qui ont précédé auront eu du moins l'avantage de mettre ce fait en lumière. Xous citerons pourtant un dernier exem|)le qui nous parait caractéristique à cet égard :

Kdit. aldine, 140 ro. Texte : xal ô cvîoj fovoc.

Notes margiiiales d'Amyot : (1555^ vo'jjxiou, barré postérieurement pour : (ôv r.v -/a'.jiovîcrj sôvo; ut caeteri codiccs scribiinl, puis : oiiiiiiito xa: ô vwv(oj, enfin : laiiicii in hpilonie Livii Ici^'ilur Xiiniii.

Nous pouvons détL-rmincr avec assez de précision la provenance de ces diverses leçons. L'inscription du premier vo-Jiiîo'j doit venir delà traduction variorum qui donne en effet Xiimiiiiii. Cette leçon est d'ailleurs critiquée par Xvlander (cf. sa note, II, 100, ce qui nous explique qu'elle ait été barrée par Amyot. Les deux leçons suivante . sont, la première, celle que donne le manuscrit q de Muret (de la Bibliothèque Grimani au couvent de Saiut- Augustin à Venise) ; la seconde, la correction empruntée par Xvlander aux autres historiens qui ont relaté le même fait, et adoptée auparavant par Amyot dès 1359(1). lînfin la seconde mention de vo-j;jl{o'j avec la référence de Florus, est un retour sur sa première condamnation, et elle provient, croyons-nous, de Cruserius, qui avait adopté celte leçon dans sa traduction et en signalait en note Toriaine.

Excuiplairc de Melmi.

Nous rencontrons encore dans les notes de l'exemplaire de Melim (1583 environ) quelques corrections de texte dont l'origine paraît bien devoir être cherchée dans des observations de Xvlander qu'Amyot avait, volontairement ou non, négligées en 1565. La première d'entre elles se trouvait même déjà signalée en marge de certaines éditions de la traduction latine variorum, par exemple celle de \'ascosan (i 5 58). Mais

(i) On pourrait s'étonner que, d'.iprcs notre hypothèse, l.i leçon vwvio'j eût été adopté par Amyot dans sa traduction avant d'être signalée sur son exemplaire. Mais, d'abord, peut-être est-ce à tort que nous considérons l'écriture des variantes y.a'.j'ovio'j et vdjvio'j comme postérieure à i)S)' *■"'' •'" surplus, il n'est pas impossible que, pour telle ou telle raison, Amyot, en i5)9. ait corrigé son texte, sans le mentionner sur le volume de l'.^rsena! : nous en avons déjà rencontré beaucoup d'autres exemples.

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