CORRECTIONS DL'ES A XYLANDER
in specic expressit, idque Amiotus ctiain habct (in P0111pcio aliter describiturpeculatus : diserte enim dicitur xAOTrr, ']t,|jio5;(.)v yor.ixJTtov) : ego nialui relir.qucre in génère. »
1565 : « d'avoir pareillement nialversé en son estai et forfait contre la chose publique. >
466, K. 1559 : (' il voulut aussi avoir l'Iliade d'Homère de
la correction d'Aristote, que l'on appelle encore
la corrigée. »
Texte grec : x'ty './.{aoa [~r^; T:oA£;j.'.xf,; iocT?,; i^o-
oiov xa: vo(jl{!Jo)v xa: ôvojxâl^ojv], ï/.afiïv ;ièv ào'.TTO-
~i\o-Ji ô'.opOoJTivTo;, P.v ix toC vipOT,xci; xiao-j5:v.
Xylander : r,h Aiistolele conectaui iiccepil, cui à Wir-
thecio cogrioweu ftictuin l'sl ; et en note (II, 610) : « Id
est quod Iliadis librum a Xarthecio in quo reconderetur,
Iliadem narthecianam appellarunt. Sic enim intelligen-
dum hune locum judico. Guarinus hic quoquefecit, quod
sa;pe solebant hujus autoris interprètes : etenim totuni
hoc f.v ix vîoOt.xo; xa/.oû^iv, omisit, cum forte non
intelligeret. Amiotus minime locum intellexit : itaque
scripsit etiam nunc eam correctam vocari. Narthecium
esse vas unguentarium vel medicamentarium apparet ex
Ciceronis libro de Finibus secundo... '>
La correction d'Amvot en i)6) est curieuse, parce qu'elle nous montre : 1° le traducteur voulant se justifier de l'accusation de <' minime locum intellexisse « et expliquant son interprétation; — 2" ce même traducteur signalant l'interprétation qu'on lui oppose, en omettant, .selon son habitude, d'eu indiquer l'auteur.
Voici, en effet, ce que nous lisons dans l'édition de 156) : " ... de la correction d'Aristote, que Ton appelle la correcte, coiiniie axiiiit passé soiih~ la riv<,v. » Et en note : « Èx To-j v2pfir,xo; : aulcuns veulent que ce passage s'entende du riche coffret qui fut trouvé entri' les bagues ' ■<'= bagages' du rov Darius, dedans lequel Alexandre voulut que l'on gardast les livres d'Homère. •>
704, I. i))9 : « cognoist on aussi qu'il cstoit grand mangeur et grand bcuveur. »
La traduction est maintenue en 156), mais Amvot ajoute en note : « axaçiov : aultres le prennent en ce lieu pour une marre, connue voulant dire qu'il sentoit son marreur. <>
(Cf. exemplaire de l'Arsenal, fol. 527 v>^ .
Xxlander en effet, qui traduit tanicn voi\icildlis atlilcticiV et ligonii viilctur iisiiin nee^are..., signale les deux sens du mot : <• xal ih ïxasiov. Lapus scapham vertit : siquidem hoc est vertere. Txa'fîov apud Gnvrcos duo significat, tonsunt genus, et ligonem seu sarculum. Cum tonsunv genus est, iv -/w significat, id est, cum novacula crines raduntur : cique opponitur xf,zo;. quod esttonsune
genus ad ornatum formit magis facicns De ligone
autem svta-ivr, etiam dicitur, (hoc quoque : -api to ff-z-iTTO), fodio) intcrpres ait vocari ôîy.EVAav ïzaçiov. Solitos autem athletas. pugiles prajsertim, se eo exercere et fodiendo superioribus cnrpnris partibus robur quivrere. »
Outre CCS corrections de sens, Aniyot emprunte aussi à Xylander des éclaircissements et des notes explicatives. En voici quelques exemples tirés de sa seconde édition :
150, H. Texte de i))9-])<">) : " Aussi i\nposent il/ bien souvent des surnoms pris de quelque marque et accident du corps, connne S\lla, c'est-à-dire couperosé. »
Note ajoutée en 1)65 : <■ Toutefois Sex, Pompeius escrit que les honmies bruns s'appelloient SuUae. » K\cn dans l'exemplaire de l'Arsenal, f" 70 v"). Xvlander avait en effet ct)nsacré une longue note à ce sujet ( I .
(i) Nous reviendrons sur une correction an.ilou;ue à propos des notes de rHxeniplairc de Melun. Signalons pour le moment cette note latine
NOTKS MARGINALKS DUHS A XVLANDER 529
523, K. Texte de 1559-1)65 : « les rideaux dont on environnoit tout à l'entour les saints licts ni\stiques. >>
Note ajoutée en 1565 : « ou les bandes dont on lie alentour les berceaux mystiques de Bacchus. ->
Le texte est Ti; |i.yTx;xà; xoi-a;.
(Rien dans l'exemplaire de l'Arsenal, fol. 246 r").
Xylander traduit : fiiscia- quibiis viysticx cistiv iiivol- ■vmiiiir, et ajoute une longue note qui commence ainsi : « xoïxa'. : sicGuarinus xoîtt.v atticevocari -z-ty jj/.xpàvxÎTXT.v et haud scio an idem sint quod >>ry.vo->. de quo annotavi in Alexandrum. Lapus victimas imperite. ■>
529, 1^. I exte de 15 59- 1565 : <i puisqu'il n'aggreoit pas à la déesse \'enus. »
Xote ajoutée en 1565 : « C'estoit pour ce que le sort se tiroit avec des osselets, lesquels quand ilz se trouvoient avec le VI dessus, le ject s'appeloit Venus. »
Rien dans l'exemplaire de l'Arsenal, fol. 108 r"). Xylander qui traduit iuvild vaiere, remarque en note : ■< qui est fortunatissimus talorum jactus, solebant auteni in conviviis archiposiam, id est magisterium bibendi talis sortiri. Cujus rei mentio cum apud alios fit crebra, tuni apud Horatium... ->
Peut-être doit-on attribuer aussi à Xylander la manchette suivante :
^97' ^- Texte de 1559-1565 : « prés d'un lieu que l'on nomme S\mbolon ».
Xote ajoutée en 1565 : « C'est le nom d'un port
écrite par Amyot sur son exemplaire grec des Mondia à propos d'un p.issage analogue du —pi iv}\iT/[TL-, p. 421 : .< Quoniam Sylia fusco erat colore cujusmodi homines Suilx- dicuiitur authorc Sexto Ponipeio. ex cute efflorcscebant albii pituitit excrcmenta ut lit in psora unde ctiam phtiriasi obiit, vide cjus vitam. «
tic mer. Voicz Strabon, livre Vil. >< On lit en effet dans l'exemplaire de l'Arsenal, fol. 525 v° (écriture postérieure à i))5), une longue citation de Strabon lib. VI], puis une longue citation de Dion lib, 47, et après ces citations, d'une écriture, semble-t-il, postérieure : I' Sunt autcm angustia Chaerronesi Tauricae. » Xylander, il est vrai, n'avait pas cité Strabon, mais il avait cité Dion dans la note qu'il consacre à ce passage : « mons est apud Philippos Pangaeo nionti occurrens. Locorum descriptio est satis perspicua apud Dioneni, in hujus historix' narratione, libro 47 (i). >>
Mais, entre 1559 et 1565, Aniyot ne se contenta pas de mettre à profit l'érudition de Xylander, il revit lui-même sa propre traduction, et il corrigea certaines de ses interprétations qui lui paraissaient erronées ou obscures.
C'est ainsi qu'il fit disparaître tout d'abord quelques inadvertances de sa première édition ; par exemple :
224, I. 1 ) 59 : <i trois cents. »
Texte grec : Tp'.ixovTa jjLUfi'.iôaî.
1565 : « trois cens mille »
La première traduction que n'explique pas la traduction latine de Fr. Barbarus est peut-être simplement le résultat d'une omission tvpographique.
437, B. 1)59 : " le frère de sa femme, Memmius. » Texte grec : taoïjLjxiov xôv à'vSpa tt,; àScXsf,;. 156) : « le marv de sa sœur, Memmius. » Ici encore la première interprétation n'est pas expliquée par le latin d'Antonius Tudertinus, mais doit être attribuée à une inadvertance d'Amyot, que Xylander a du reste rele\'ée dans sa note.
(i) Sii traduction ét.iit : « ... t'.iucibus, quas in angustiis (qu.e Stena «licuntur) apud Symbolum castris occupavcrat... »
INADVKRTANCES CORRIGEES 5:51
A côté de ces corrections qui ont pour but de rectifier un faux sens, Amvot a souvent en 1565 modifié sa traduction, — en général de lui-même et par un retour spontané au texte, — pour la rendre seulement plus exacte. Pour certaines même de ces retouches, l'hypothèse d'une confrontation avec le grec n'est pas absolument nécessaire :
2)0, C. i))9 : <■ ii^cc les cliarticrs à la charrue. » Texte grec : ^OT.AaToGijiv.
1565 : « avec les laboureurs à la charrue. » Il n"v a peut-être ici qu'une correction de st\le. — Dans le ms., il avait mis << bouviers ».
2)0, I. 1)59 : " une cotte d'armes. .. Texte grec : 'ioiv./:;.
1565 : « une cotte d'armes rouge. »
Le ms. donnait : « une cotte d'armes de pourpre ».
2)8, F. 1559 :" ses compétiteurs et adversaires au prochas d'honneur. »
Texte grec : à'z-zir.i'ko-^i.
1565 : « .ses compétiteurs et concurrensau prochas d'honneur. »
413, A. 1)59 :" tt qiiilz teissent reposer leurs chevaux. »
Texte grec : /a: toT; ït:to'.î /'.ao/ £|j.62A0v:a;.
1565 :« et qu'il/, feissent repaistre leurs chevaux. »
622, I. 1)59 : "' ^>J ^^ voulu premièrement me faire
Et maintenant par feu me veux desfaire. » Texte grec : au toi ;j.e è'ïusa;. <sù \iz xatTaîbe'.v •j.o:
ôoxeîç.
1565 : " Tu as voulu premièrement me faire
Et il semble orque tu me veux desfairc. »
Mais, si l'idée de ooxsï; est avec raison rétablie, celle de brûler, conteiuie dans y.aTaiOî'.v, a disparu.
623, D. i))9; " avoit tousjours curieusement la teste
bandée d'un diadesme large à doubles liens. »
1 cxte grec : O'.aoo'jusvov zso'.ttô»; y.a-jTta'.; O'.ijifTpot;.
1565 : « avoit tousjours curieusement la teste
couverte d'un grand chapeau à larges rebras et
doubles cordons. ■•
La traduction du manuscrit était la suivante : « estoit
tousjours exquisement tocqué d'ung chapeau roval, le
chef bandé d'ung bandeau ou diadesme double ».
C'est sans doute d'après un dictionnaire qu'a été faite la correction de 1565. Chéradame, p. ex., définit ainsi xaujia : tegmen capitis calori aptum. Est pileus expasi.os margines habens, ad arcendum aestum, quo messores utuntur. »
Enfin, en 156), Amyot éclaircit parfois sa première interprétation par une note marginale. Ces éclaircissements sont (Je deux sortes : les uns sont historiques et consistent, en général, à rapprocher du passage en question le témoignage d'un autre auteur ancien ; les autres ne font guère que développer et expliquer la traduction française. \'oici des exemples des premières :
381, F. Texte de 15 59- 1565 : « il n'estimoit ny n'appeloit point homme riche celuv qui ne pouvoit de son bien soudover et entretenir une armée. » Note ajoutée en 156) : « C'iceron met de son iTvemi. » l'Rien dans l'exemplaire de l'Arsenal, fol. 178 v"). Le texte était : i-6 rr,ç oùiia; ; Xvlander et Cruserius traduisent \xu- fnuiibiis suis ou pcniniiv fntctihiis, ce qui signifie bien h' l'cvcnu ; mais aucun des deux n'allègue Cicéron.
\OTES HMPRLNTÉES A DHS COMPIl.ATIOKS 533
Nous croyons, d'ailleurs, qu'Amyot n'a pas emprunté ce détail à Ciccron kii-mènic, dont il ne cite pas la référence, qu'il ne mentionne même pas sur son exemplaire grec, et qui, comme on va le voir, ne parle pas de revenus, mais de fortune. Cette note doit être un souvenir assez inexact de quelque rapprochement qu'Amyot avait lu sans doute dans un recueil d\-}pophtlh\i; imita. On sait que ces ouvrages, trop peu étudiés jusqu'ici, ont dispensé un bon nombre de nos écrivains au xvie et au xvii<-" siècle, de la lecture des auteurs anciens (i). Pour la question qui nous occupe, la plupart de ces recueils mentionnent bien l'opinion de Crassus sur la richesse d'un particulier ; mais c'est à Plutarque qu'ils l'empruntent : « Negabat quemquam pro divite habendum, qui non posset privatis facultatibus exercitum alere (2). » — jMais nous avons trouvé, dans un au moins de ces recueils, l'indication des divergences auxquelles Amyot fait allusion : c'est celui de Conrad Lycosthene (Wolf- Ihardt) qui eut de très nombreuses éditions dans la seconde moitié du xvie siècle (3). Voici en effet ce que nous y lisons : « M. Crassus dicebat, neminem divitem esse dicendum, nisi eum qui reditu annuo legionem tueri posset. Plin. lib. 33. Cicero autem in Officiis lib. i. paulo aliter récitât, qui ait, Crassum neminem divitem judicasse, nisi qui prius facultatibus exercitum alere posset. Utrumque récitât Brusonius, Contursinus, libro 2, capit. 26(4). — Il semble qu'une confusion se soit faite dans l'esprit d'Amvot entre ces deux témoignages latins, et qu'il ait,
(1) M. René R.adou.iiit a montre par exemple le parti que les avocats Je cette époque avaient tiré de ces recueils de sentences et de lieux communs. (Ct. l'appendice à son édition du Tiiiitè de I'cIoijuciky fniiiitiisf de du \'air. )
(2) (^t'. p. ex. les Apophtkfgmnta d'iirasme, liv. 5. éd. 1541, p. 587. (5) Cf. Mémoires et documents scolaires publiés par le Musée pédago-
j;ique ; fasc. 5. Paris, 1886, pp. 408-409.
(4) Ce Domitius Brusonius Contursinus, Lucanus, avait fait un recueil de facetiae et exempta, dont Lvcosthène donna lui-même une -dition souvent réimprimée. Cf. éd. i>62 (Lyon, 8"), p. 112.
dans sa note, attriliué à Ciccron la tradition que rapportait Pline.
C'est également à un ouvrage de seconde main qu'Amyot semble avoir puisé le renseignement qu'il a consigné dans la note suivante.
388, B. "l'exte de 15)9-1)65 : <■ du Roy des Parthes Arsaces. )i
Note ajoutée en 1565 : ^ Ce nom d'Arsaces ou Arsacides estoit commun à tous les Rovs des Parthes. »
(Rien dans l'exemplaire de l'Arsenal.)
Ni Xvlander ni Cruserius ne donnaient à Amvot cette indication.
Mais il pouvait la trouver dans certains dictionnaireshistoriques de l'époque. \'oici, par exemple, l'article que consacre à ce mot Arsaces un ouvrage de ce genre publié à L\on en 1 5 5 1 ( i ) :
« Arsaces (ip7i--t-r,;) nomen proprium Parthorum régis, cujus memoria hune honorem Parthi tribuerunt propter xjuaesitum, constitutumque ab eo regnum, ut omneis- <leinde reges suos Ar.saces appellaverint, quemadmodum ^'Egyptii reges suos vocaverunt Ptolemaeos. Qiiin et Parthi ipsi ab eo dicti sunt Arsacidae. Lucan. lib. i.
Plus illa vobis acie, quam creditis, actum est,
Arsacidae. »
414, F. Texte de 1559-156) : <■ en receut aussi d'autres de Polvperchon et du Rov Philippus. »
Note ajoutée en 1565 : ■< (^estoit Aridaeus fils de Philippus père d'Alexandre que l'on avoit surnonnné Philippus. Diod. lib. 18. "
(Rien dans l'exemplaire de l'Arsenal, fol. 189 r^).
Ce renseignement n'était l'ourni à Amyot ni par
(l) Dictioiiiii iiitii portii-inn, ofnii j'ioisiis tiorian li ah iis oiiinihiii, (]uar Inuleinii eodcin siiiuliir titulo circiivilata f'urniiit, Itnigf diversuin... Lyon, thcz (iodcfrov et Marcel Bcrint^. .MDI.I, 8".