‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 133 sur 164 · AMYOT ET LES LEXIQ.UES GRECS · texte numérisé non relu

AMYOT ET LES LEXIQ.UES GRECS

Lapus : vjiia atquc indocta.

Cruscrius : mcras esse pracstigias atquc inccrtitudine plcnas.

XvlaïKicr : luigas esse lias ociosoruni et ad garriendiini convenientiimi hominuni.

(^e dernier ajoutait en note : <• Q.uid sit -r-jXa'.xôv : fateor mihi non satis coustare. Apud portas ociosos homines convenire nugandi et garriendi causa consuevisse notum et adliuc usitatum est. Inde toaï'.xt.v o/Xa-'ioyi'iv arbitrer diu inanes et vulgares fabulas, tantarlin, quibus rudes et inepti honiiues ocioque abutentes delectentur atque teneantur. »

Les Dictionnaires grecs de Chéradame 1 542, et de Toussaint 1552, pas plus que les Coinnientaires sur la langue grecque de Budé, ou les Adages d'Erasme ne fournissaient aucune autre explication à Amyot. Mais le Lexicou Septetiivirale (ijTôS, Bâle, in-fol. , donne l'article suivant pour le mot r.-j\-x'.-x\ « -'j/iarï et -v/.a'.xr, o/Aaywvîa pro triviali loquacitate ponitur quod ad Thermopvlas hominum coUuvies conflueret quos -rrjAaiaïTà; vocabant... Plut, in Pj'rrho TaJTi ijlîv iz-z'. ■7:u a a ■.•/.?,; oyAstyf.jyîa;. Ikvc Thermopylarum ineptias rcdolent. n

En 1572, Henrv Estienne, dans son Thésaurus (t. III, col. 613), a repris et quelque peu développé cette interprétation. Je crois qu'en tous cas ou peut affirmer que c'est dans un de ces deux dictionnaires qu'Amvot a puisé sa correction (i).

Outre CCS corrections dont nous pouvons déterminer l'origine, l'exemplaire de Melun, comme les revisions antérieures, nous offre également des corrections faites par un retour spontané au texte grec.

(I) Amyot ne possédait sans doute pas le Thésaurus d'Henry Ksticnne, mais l'inventaire — incomplet d'ailleurs — de sa bibliothèque nous indique un « I.exicon grec-latin in-4", de Lyon, couvert de parchemin » et un (' Lexicon grec-latin in-fol., couvert de parchemin. »

Aniyot iivait d'abord à rectifier des faux sens auxquels la traduction varioruni l'avait autrefois entraîné. Xous Tavons noté plus haut à propos de Kov/,. Kn voici d'autres exemples.

4, A. : « lequel punissoit les tyrans de la mcsme peine qu'ilz avoient faict souffrir à d'autres. » (Xous avons montré plus haut, 11^ partie, I" ciiap., que Filelfo était la cause de cette erreur.

Corr. de Melun : « lequel combattoit ceulx qui Tassailloient des mesmes morts dont ils l'espioient. « 9, F. : " les sépultures de celles » (Cf. également, Ile partie, ch. If'', !e passage de Lape.) Corr. de .Melun : » les sépultures de ceux. »

54, C. " Excestides »

Texte grec : i:T//sst;oT,ç ; Lapo : Excestides). Corr. de Melun : « Excecestides. »

11 est d'ailleurs possible que ces corrections lui -aient été suggérées par la lecture d'une traduction de Cruserius ou de X5'-lander ; celui-ci relève notamment la dernière erreur de Lapo.

Mais Amyot n'effitce pas seulement les erreurs qu'il devait à d'autres ; il corrige aussi celles dont il était seul coupable :

4, E. 1559-65-67 : Theseus encore l'occupast. Texte grec : Ôt'iTE'jî £i:/,au; lùv xai ^évo;. Corr. : « Theseus encore un forain estranger l'occupast. »

(Cf. le cntaloguc- f;iit à propos de l'estimation après décès des livres d'Aniyot par Si' Denys Perronct — publié par Grésj', dans sa réimpression lie la r/c d'Ainwt par Tabbc Lebeuf, suivie de notes et documents inédits, Melun, 1848, pp. 79, sq.). — J'ai eu l'occasion, en étudiant la traduction d'Aniyot, de noter l'utilisation manifeste de ces lexiques de l'époque — ce qui en somme était évident ii priori — et en particulier Je celui de Toussaint qui, comme on sait, avait été le miitrc d'.\myot.

INKXACTITUDhS CORRIGEES 545

Remarquons qu'ici Morol a siniplciucm ajoute >< cstrangcr ". Peut-être a-t il cru qu'Anivot se réservait de choisir entre ces deux expressions.

Cf. dans la l'ic de Démet 1 tus, toi. 55 recto : «' Un homme forain et estranger... », maintenu dans les éditions.

Par contre, Vie ifEuiiieiies, ms., fol. 56 verso : « luv homme estranger et forain... », maintenu en 1359, mais corrigé en 1 565, fol. 412, C, en « luv homme estranger ».

9, E. " Kt furent, dit-il, les Athéniens en cest endroict repoulsez par les Amazones jusques là où sont... »

Texte : xai TaÛTi;, aèv £y.6;2aOf|V3t'. xai |J-£'/.?'- '^''^

£Û(XEvt&(j)v xai ÛTO/tupf.aat Taï; Y'jva'.^tv. Corr. : « ... par les Amazones, et cédèrent à ces femmes jusques là où sont... »

L'omission de 15 59 est sans doute une inadvertance, car nous lisons dans le manuscrit : « furent repoulsez jusques au temple des Eumenides, c'est-à-dire des furies, et cédèrent à ces femmes » — ce qui d'ailleurs e.st plus exactque la correction de Melun, puisque aÉ/pi tôjv zi,\xtviôtov ne s'v rapporte pas .1 Ir.^j/ioy'r^fx:.

10, B. 1)59-65-67 : « et que pour sa vaillance vint en usage le proverbe que l'on dit cestui cy est un aultre Theseus. »

Corr. : « et que ce commun dire cestuy ci est un aultre Hercules vient en usage de lui. » Le texte grec, qui ne présente aucune variante, est fort clair :

•/al Tov aAAo; outo; f,pixAr,; \<Ww ir.' êxeivov xpaTf.ja:.

De plus, les interprètes latins ont tous bien traduit cette phrase.

Mais on peut, je crois, expliquer de la façon suivante l'erreur d'.\myot qui remonte au ms. de dédicace ;

cette erreur provient de l'habitude, que nous avons déj.i relevée chez lui, de se préoccuper moins de rendre exactement les termes du grec que d'établir l'enchaînement et la symétrie des idées. Or il venait de traduire plus haut " dont est venu ce propos )io)i .v.j;;.ç Theseus... », et l'idée préconçue que la seconde citation devait être, elle aussi, un proverbe tiré postérieurement des exploits de Thésée, lui a fait arbitrairement modifier le texte grec, qui indiquait simplement le sentiment exprimé par les contemporains de Thésée en le comparant à Hercule. On peut remarquer d'ailleurs que la correction ellemême n'est pas complète et qu'il fallait dire, comme ont en général compris les traducteurs latins, non pas <( vint en usage de lui... », mais « eut cours à son sujet » — (peut-être " de son temps » ?). Mais Amvot était encore trop préoccupé de sa première svmétrie entre les deux k proverbes ».

10, H. 15)9-65-77 : (' la vouloit avoir.

Texte grec : î-z'.vt-.'.Tt oiJTav |ïa5'.l^ô|xîvov tt.v îA£-/t,v

Corr. de Melun : « la voulut avoir estant encore enfant. »

Bonne correction qu'il est inutile d'expliquer.

23, F. 1)59-65-67 : « robbe de pourpre ». Texte grec : èv Tcp'.-op-f ôpo).

Corr. de Melun : « robe bordée de pourpre .>. Si la première traduction est explicable, soit par la traduction de Lapo « purpura indutus », soit par l'explication qu'en donnent les Lexiques (Toussaint : purpura indutus), la correction est aussi toute naturelle, tant au point de vue historique qu'au point de vue philologique. Lazare de Baïf ( 1 ~i écrit : « Idga prétexta, vel prx"-

(i) De te vcstiarùr, cdition .ibrcgéc. Joiuicl' p.ir Cl). Hsticniie, i)i5, p. 44-

INFXACTITUDES CORRIGÉES )f5

text.i absolutc dicebatur ca toga cujus onv et circuitus purpura pnvtcxtus crat. Hac de rc -ep'.-noptfj&oî a Plutarchi in Publicola dicta, quasi iiabens in circuitu purpuram intcxtani et cujus limbus erat purpureus. » Du reste Amyot avait, dés 1544, traduit dans la Vie de Sertorius i< £v Tsp'.-o&fvpo'.; " par « robbes longues bordées de pourpre. •> La correction peut donc ici être personnelle.

^1, D. I ) 59-65-67 :« excellents ouvriers». Texte grec : Çt,ijl'.oOpyi.)v.

Corr. de Melun : « potagers ».

La première traduction, inspirée peut-être par le mot opijices de l'interprète latin, était trop générale, car il était évident par le contexte que Tauteur grec avait en vue les cuisiniers.

Quant à l'expression qu'Amvot lui substitue, elle est, au contraire, très précise, et il suffit d'ouvrir un compte de quelque maison princière du xvic siècle pour v voir figurer les /'O/iii.'/t'/^ entre les (jui'ii.x ou ntaistres queux, et les Ihisti'urs ( I ).

48, D. 1559-65-67 : « de ne fendre point le l'eu avec l'espée ".

Texte grec : T:ùp ixa/aipa jxr, axaAe'Jî'.v. Corr. de Melun : « de n'attizer point le feu avec l'espée )'.

Les traducteurs latins ainsi que les dictionnaires ('l'oussaint, p. ex.") rendent cette phrase par « non fodiendum ignem gladio. » Erasme consacre un anicle à ceirt(/i;i,v(2') qu'il traduit « ignem ne gladio fodito » ; il cite la phrase de Plutarque, et la rend par " ne gladio ignem diverberaret ('3) ».

(ï) i'mir les exemples littéraires de ce mot, surtout .tu xv° s., cL (iodefroy.

(2) Edit. I5î8, ciiez R. Hsticnne, iii-fol. col. i;.

(5) CA. l'illustration de ce proverbe dans Lis dnius, ou ciiiblciiu-s heroiijdfs rt morales, inventin jmr le S. Gabriel Syineou, à Lyon, par (juillaume Roville, n6i. in-4". p. 2?^.

546 JACQUES AMVOT

Toutes ces traductions s'accommodent bien du français K ne fendre point le feu avec l'espée ». — Mais l'inter- - , prétation de ce proverbe que donne Erasme « hoc est : ira percitum ne lacessas ; quin niagis concedere convenis, et blandis verbis tumidum animuni placare », est mieux exprimée par la correction >< attizer ». Cette traduction semble, d'ailleurs, être le résultat d'une variante proposée par Estienne et inscrite dans l'exemplaire de l'Arsenal saAî-jciv. Ce mot est traduit dans le Lexicoii Septciiiviralc par « quatio, agito, moveo ».

51, C. : « il se feit luv mesme mourir de regret ».

La correction ajoute : k en s'abstenant de manger. » Le grec à-£xapTspT,Tî ne semble pas tout d'abord justifier cette addition. Je signalerai pourtant cette phrase du Dictionnaire de Toussaint, 1552 : « àTo/apTîoE'v dicuntur et inedia vitam finire. »

52, H. 1559-65-67 : <( au despartement des biens ».

Texte grec : ô xf,; y?,; àvaSasijLÔ;.

Corr. de Melun : «au despartement des terres ». Bonne correction d'une expression qui a sans doute paru équivoque à Amyot.

54, I. 1559-65-67 : <' comme lut celuv qui premier fonda Marseille ».

Texte grec : oîy.'.TTai... tlj; aa^ïiAfa; roûiTo;. Corr. de Melun : « comme fut Protus qui premier fonda Marseille ».

Dans cette seconde traduction, llow-ro; est pris à la fois avec le sens de v premier », et comme nom propre (( Protus ». Nous avons déjà noté des dédoublements d'expressions de ce genre. Sur un autre exemplaire, dont nous parlerons en appendice, nous verrons qu'Am\-ot avait corrigé plus exactement sa traduction, en supprimant (( premier ». — On lit en effet dans le volume de l'Arsenal (écriture de 1585), fol. 25 v" : « Protus mercatoris nomen proprium ».

CORRECTION DUK A TURNEBL: 547

(]'est Tiirntjbo, crovons-nous, qui a fourni à Ain\-ot cette conjecture. Voici, en effet, ce qu'il écrit dans le XXVIIe livre de ses Adversaiin qui parut en 1573, (au chap. 26 ) ; « Massili;v clarissimx- et antiquissinix in Gallia urbis nomen conditoris contra quani in antiquitatis acta relatum sit, video Pcranum existimari, cuni is fuerit Protus. Itaque in Justino, lib. 43, scribendum est : Pluies sohcihtvere duces chirissinios, qui se Proto Juiixeie : itaque ad regeiii... Ibidem aquam Proto porrijyit, non ut scribitur, Pentuo. Plutarclius in Solone è'v.oi oè T'i>.cwv o'.-/;jxa'.

TTcpl pooavov àya-rriOEÏ;. »

Xvlander avait émis une hypothèse analogue, en proposant de considérer non le mot -rpûTo;, mais le mot iyzTTffir,; comme le nom propre du fondateur de Marseille : « Venit in mentem, disait-il àva— r,Of,; fortassim ut proprium nomen ; sed nihil habeo certi. » Mais cette plirase, que nous lisons dans Tédition de 1361, a disparu de celle de 1579.

99, I. i))9-6)-67 : « au mont Martien ». 'Ie.\te grec : r.iy. tô aioxiov ôpo;.

Corr. de Melun : «auprès du mont Manien ». Bonne correction, et facile à expliquer.

295, K. 15)9-65-67 : c( Avoir Valerius Maccus non ja pour pair et compagnon au consulat, mais plustost pour ministre de sa volonté ». Add. de Melun : (■ iuv aiant fait promettre qu'il ne Iuv contrediroit en rien qui soit ». Le texte grec d'Aide dont se servait Amyot pour son édition de 1559, portait : ojïaàso'.ov oè 'fXixxov ûirr,piTf,v |iâAAov •?, o-jvip/ovxa tt,; C-aTeîaî XaScïv, •yY/oijX'. 72 y.aî — p'jî ji.Y',Ocv èvavT'.ojjejOai. Mais, en 1555, Amvot avait souligné les six derniers mots et noté sur son exemplaire de l'Arsenal (foi. 140 recto : u delendum ». La plupart des éditions les sup-

primaient en effet ; et après cette date, Estienne, Cruserius et Xylander tirent de niê*me. Ne-anmoins Amvot revint sur son opinion, qui semblait pourtant devoir être confirmée par l'assentiment de ces érudits, et il écrivit (1583) : (« Verba h;cc subtexenda videntur tÔ) ajêeiv ; » ce qui explique la correction de l'exemplaire de Melun.

378, A. 1 5 59-65-67 :« de l'illumination ».

Corr. de Melun : « des illuminations ». Le grec employait en effet le pluriel : xar' ajvajiicôv.

382, C. 1559-65-67 : « Or est ceste caverne le long de la

coste non gueres loing de la mer et v a clfitx

rochers qui venans à se joindre et à la couvrir par

dessus, reçoivent au dedans un peu de vent

doulx et gracieux ».

Corr. de Melun : « des rochers ».

Cette correction est très bonne : le grec ne précisait pas

le nombre des rochers : x&t,[ivoI ôè itepl aûxô juijl'^ï-

pô[J.£VOt.

La première traduction, qui n'était pas motivée par la traduction latine, avait pour cause le désir de préciser ridée en elle- même, sans se préoccuper suffisamment du texte grec, habitude que nous avons déjà notée chez. Amvot.

43-1, B. 1559 65-67 : « le regard et mouvement des veux doulx ».

I exte grec : twv -Epi Ta c<|j.[jLaTa puOuiôv ô-'oott,;. Cette traduction affaiblissait l'expression grecque, plus encore que ne faisait celle d'Antonius Tudertinus, dont elle s'inspirait : « oculorum lineamentis ac lenitatc. »

Cruserius traduit : « oculorum lenis modulatio » ; — Xylander : « oculorum faciles motus atque conversiones. et ce dernier ajoute en note : <i 'l'uOuo; quid sit in poetica et musica explicare nolo. Hic enim accipio concinnos motus oculorum, cum etiam grajci grammatici testentur,

CORRECTIONS d'iNTERPRI^TATION 549

puOuàv îlvai r>,v Tf.; •/.•.•n^7Z(o; -zili^j. 'Vyarjxr,; llloUicicm Ut ita dicam t'acilitatcniquc motus sigiiificat. Nam ûyoov est ctiam molle, flexilcundc Thcocritus xépa; >&ôv dixit. De quo alibi et in vita Alcxandri, ubi de eadem rc dicitur est Tf,v -JYoÔTT.Ta xiôv oiijiiTwv. " — Les dictionnaires grecs de l'époque ne donnent pas la signitication de ûypôxT,; t(T)v ô'ijiax'ov mais, à l'article, ûypôïOa/.ijLo;, I oussaint, p. ex. écrit : « qui humidis est oculis, liabens lubricos oculos, cui sunt oculi lubrici, iuiic opponitur Ty.ATipofOa/,- |io;. .

La correction d'Amvot dans rcxenipl. de Melun : « le regard doulx et la tente des veux humides », ne peut s'expliquer que par un retour au texte grec, retour suggéré peut-être par la note de Xvlander. L'expression est d'ailleurs heureuse, et nous comprenons qu'Annot Tait reprise plus loin (i).

En effet 465, D. Texte grec : tt,v CypoT /.t i twv oijaiToiv. 1559-65-67 : <' la doulceur de son regard et de

ses veux ».

Corr. de Melun : u la doulceui- de son regard et l'humidité de ses yeux. »

Cette fois, Guariuo avait déjà traduit par humectantes oculos ; ce que Xvlander lui reproche dans une note ; lui-même écrit : oculorum volubilitatem, et Cruserius : oculorum lenitatem.

548, I. L'exemplaire de Melun porte l'addition suivante : «' A ces paroles on dit que Caton se prit à rire et qu'il répliqua, quant à cela on verra ce qui en .sera bien tost et... »

Texte grec : ■rcpi'j; Taûta o-xrs: tov v.jtmvi ij.e'.Ô'.ï'ji'. xïl ô'.TrîTv. i/,>,i TO'jTO aîw aôxî'/.a .pavcïxa'..

(i) Voici ce qu'on peut lire dans Pcx. de l'Arsenal, fol. 205 verso, d'une note inscrite postérieurement .i i)>> (en face de ji'J6[j.wv souligné), et depuis barrée avec insistance :

« Alii vielius pdtixoyf et itildligiiiil f.....ia ocitluniiii. »

Amyot avait oublié de traduire cette phrase en 1559, et ne s'en était pas aperçu dans sa revision de 1563; nous lisons en effet dans l'exemplaire de l'Arsenal, fol. 117 vo, cette note de i)<S^ : «hoc in versione gallica prxtermisi ».

Nous pouvons conclure de cette dernière correction que ni dans la revision qui aboutit à l'Erratum de 1559, ni entre 1559-65, ni entre 1565-67, Annot n'avait relu sa traduction d'un bout .'i l'autre en la comparant au au texte grec, (k'ia était ,( priori très vraisemblable.

592, K. 1559-65-67: " celuy là avoii au bout du ne/, comme unpoirreau ou une verrue qui sembloit proprement un pov chiche ».

1 exte grec : xàxervoç èv tiô irépaT'. toû fi'.vô; ôiaa- ToVr.v à|j.6Aerav eI/ev, lovr.zp èpeêîvOou o'.a!p'jr,v.

La première traduction d'Amyot était peut-être inspirée parcelle d'Achille Bocchi (trad. variorum) : « in postrema parte nasi eminens quiddam obtusum in modum ciceris habuit. »

Les dictionnaires de l'époque ne donnent pas de sens bien précis pour Ô'aa-TOAy, (distinctio, discretio, diversio, disparitio, aliqiiaiido dilatatio, cxplicatio, Gii^a etiam intctitio l'vriitiir).

La correction de l'exemplaire de Melun est très bonne : « celuv là avoit au bout du ne/, une petite fente qui sembloit proprement un poy chiche mespartv ■'.

Ni la traduction de Xylander ni même celle de Cruserius « Habuit ille in extremo nasi in modum ciceris incisuram... » ne suffit à motiver cette correction, qui provient certainement d'un retour au texte grec. Quant à la note .(1583) de l'exemplaire de l'.Vrsenal, fol. 275 recto, elle consiste à ajouter, entre Z:zji'A/,w et dtiiêXeiav, les mots w; è'oixÊv. qui ne sont pas, d'ailleurs, néces- .saires pour expliquer la traduction <( qui sembloit proprement... », suffisamment motivée par iiiur.zç.

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