MORPHOLOGIE
" Je advcrtiray le Roy Jes énormes abus que sont l'orge/, céans (i). »
2 I , D. : '" !^e fanant, » — corrigé en « se tenant ".
Aujourd'hui feiicr a une autre signification, " remuer l'herbe sèche pour la transformer en foin ». Au xvi»; siècle la distinction est moins nette. Si le dictionnaire de Tliierrv Cl 573) semble l'établir avec précision, on rencontre chez Marot (557), chez Rabelais (III, 154), chez les poètes de la Pléiade et chez Desportes le mot Jhier avec le sens dc/auer. Malherbe semble vouloir distinguer définitivement les deux verbes.
92, H. : " vous asser\-issez », corrigé en « vous asservez ».
La première forme est seule correcte aujourd'hui, mais on peut voir dans Lacurne Sainte-Palaye et dans Godefroy (pour le xv*; et le x.vic siècle), autant d'exemples de iJ5.sv/T^/- (il assert, asservant) que dciisservir (il asservit, asservissant).
Si nous passons au vocabulaire, nous relevons les corrections suivantes :
107, K. : " telles paroles diffamatoires, je ne scav d'où ramassées, à Idomeneus vom\- comme mucMcre à l'encontre de Pericles ».
Corr. : <( comme une humeur cholérique ». Cholerc avait ici le sens étymologique qu'il n'a plu> guère dès cette époque que dans les traités de chirurgie (cf. Godefrov : Complément), p. ex. u médecines usuales qui purgent la cholere ». Les dictionnaires de R. Hstiennc et de Nicot mentionnent l'expression a cholere qui rend les hommes fors » : « mascula bilis » ; mais ce n'est déjà plus le sens primitif.
(i) Ct". Huguet, op cil., p. ii6-ri8.
(2) C.(. Bruiiot, Doctrine de Malherbe, pp. 517-518,
164, K. : " les endroits de terre où Ton ne fouille point, à faulte d'estre dcsbouchcz et remuez, demeurent inhabiles et non idoines à engendrer eau, n'aians pas celle agitation et ce rccoulcitient qui est cause de procréer la liqueur ».
Corr. : (c ce coulenient".
Recoulcmcnt était un mot rare. Robert listieune ne signale que couler, et coulcDicnt ; 'rhierr\' et Xicot donnent bien reconler, mais non rccoiileiiinit.
421, D. : « Parquov pour venger incontinent le desloyal perjure de Tisaphernes... »
Corr. : " le deslovai parjurement >>.
Amvot voulait sans doute réserver l'expression /t'^y/f/r pour l'auteur de l'action et non pour l'action elle-même. Le Dict. Gén. signale le i^r exemple de ce mot comme substantif abstrait dans Calvin {Inst. Chret., VIII, 22). « Il condemnera les perjures et faux tesmoignages. »
497, F. : " par tel fureur ■».
Corr. : « par telle fureur ».
On connaît l'incertitude qui régnait au xvie siècle sur le genre des noms en eur ( i .
Enfin signalons, dans deux passages de l'Erratum, la suppression de l'expression fréquente dans la première édition « quand et quand » (2) :
(i) Cf. Brunot, II, p. 407 ; et Huguct, pp. 21-22. La correction suivante ne rectifie sans doute qu'une ^inlplc iiuulvertance :
175, B. : ff au deniour.uit la monstre de tout le triomphe l'ut despartie ('// trois jouis, dont la pifiiiiiTc ,\ peine peut suffire ».
Corr. : « en trois jours dont le premier ». Cet exemple de jour t'éniinin ne se rencontre qu'au moyen âge et encore dans la seule locution totc jor (peut-être par analogie avec lofe nuit).
(2) C'est un de ces renforcements verbaux qui ne modifient pas sensiblenicnt l'idée et qui arrondissent la période.