‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 16 sur 164 · A.MYOT PRÉCEPTEUR DES ENFANTS DE FRANCE · texte numérisé non relu

A.MYOT PRÉCEPTEUR DES ENFANTS DE FRANCE

I-a solution de cette apparente contradiction, dont l'existence pouvait nous inspirer des doutes sur la valeur du document, nous permet, je crois, d'admettre ce qu'il nous apprend sur Jacques Amyot, à propos duquel aucune difficulté d'ailleurs ne se présente. Amvot ne figurait donc sur les registres de la Maison des Enfants de France comme précepteur des ducs d'Orléans et d'Angoulème qu'à partir de l'année 1557.

Mais cette version, si elle est confirmée par la date I ) )7-r ) )8 d'une partie des biographes, semble en revanche s'éloigner beaucoup de l'autre tradition et même être en complet désaccord avec les circonstances dont la Vie française accompagnait cette nomination. Cherchons si nous ne pourrions encore résoudre cette nouvelle contradiction. La deuxième partie de l'article déjà cité de M. Pote/i (i) nous suggère une explication assez vraisemblable. Le 12 des calendes de décembre 1553, Lambin écrit à Prévost:

tion de l.-i Cou solution à .-Ipolloiiiiis, (Œiivirs inoralcs. fol. 246 D), ces deux vers d'Amyot : (ô ô" a-.puxTOi; ôuwî... fJivaxo;).

El puis la mort qui à personne Tant est cruelle ne pardonne.

qui semblent bien être un souvcnirdc deux vers de Ronsard (ode W'III, A son laquais):

...De l'orque qui ne pardonne.

Tant il est tier, à personne.

Brantôme commet au sujet du préceptorat d'Amyot la même inexactitude que Ronsard : ■< ... Il y avoit aussi .M. Danezius et .M. Amyot, lun précepteur du roy François II' et lautre du roy Charles, deux très grands personnages... » (Éd. de la Soc. de l'Hist. de France, III, p. 287). En revanche. V Art de vcrijier 1rs dotes se trompe d'une manière inverse en affirmant (t. V'. p. 647) que « François II avoit eu pour précepteur le savant .\myot, abbé de Bellozane, et depuis évéque d'Auxerre». François II n'eut jamais d'autre maître que Danès.

(i)Op. cit., p. 667.

86 JACXIUES AMYOT

« Dancsium hic audinuis È-'.x'.voJv(.)ç :i.'i,n'()tarc. Amiottus ut in cjus locum Dclphini mai^nstcr suHiciatur (i) magnopcrc contcnclit : qui [smrhnii^c : quidemj doctrina [siirchcir^'c : quanivis] non vidcatur cum illo contercndus, comitate tamcn (?) hicilitate [lijiii'c : lu'banitatc] loui^c supcrior est. Hst ille, ut scis, valde sevcrus atquc austcrus et horridior quam pueri quem docendum accepcrat persona ferat. Hoc autem nihil est elegantius, nihil politius, neque tamen deest doctrina, multaruni rerinn coi^mitio. Itaque et a cardinale nostro et a Margarita Francisci filia et ab ipso Kege plurimum diligitur atque amatur. » \'oilà sans doute l'occasion à propos de laquelle, pendant son séjour à la cour en octobre 15 53, Tournon a essayé par tous les moyens possibles « d'advancer Amvot » dans la faveur du roi, avec l'aide puissante de Marguerite. Malheureusement — pour Amyot — Danès se rétablit et put continuer ses fonctions. Mais l'abbé de Bellozane, afin de se conserver la faveur royale, dédia à Henri II sa traduction de Diodorc dont le privilège est daté du 23 janvier 13 54 n. st. Ces précautions habiles ne furent pas sans effet, et lorsque vers i))6-i))7 les jeunes princes d'Orléans et d'Angoulême furent en ;:ge d'acquérir la « cognoissance de Dieu et des lettres », le roi n'eut plus besoin de la recommandation du cardinal de Tournon? retourné depuis un an en Italie, pour confier cette charge à Amvot. Cette explication que nous propo-

(I) K.ippcloiis ici que, d'aprcs ses biographes (S. Ruuill.ird, (Joujet, etc.), Amvot av.iit été vers 1530 l'élève de Dané;.

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