AMVOT HT LES LECTEURS ROYAUX
qu'il avait été longtemps chez Tournon le commensal d'Amvot, et l'on rencontre, dans les Oralioiics qu'il prononça à cette époque, nombre de passages élogieux à l'adresse de son puissant ami, devenu l'un des plus ardents protecteurs, auprès de Charles IX, des lecteurs royaux (i).
de son texte le nom de Jean de Maiinioiit, qui était, ainsi qnc nous l'avons vu, en relations avec Vascosan.
(l) Cf. YOratio postridie idiis dcc. pridic cjiiiiiii Philippicarum Dctiios- Ihenis explicaiionem orsiis est ainio CIDIDLXII ; à Paris, chez ALirtinus Juvenis, MDLXIII,p. 5 ; la lettre à Paul de Foix, ambassadeur du roi à Venise, en tète de Y Appcndictihi commeutarioriini in .l'.miUiuu Prohinii sire ConteJiuin Xcpotcm, 1572 et surtout l'épître dcdicatoire du prc Miloiif, dans laquelle Lambin remercie Amyot de l'avoir fait recevoir parmi les lecteurs royaux 1561 : « tuam erga me benevolentiam cum saepe alias, tum illo maxime tempore cognovi... que tu me primum apnd Karolum Regcm, deindeapud Karolum Lotharingum principcm, et S. R. li. Cardinalem claiissimnm atquc illustriss. commcndasti, qua commendalione, et suflVagatione adjutus, professionis litterarum L.atinarum locum qui biennium totum vacuus fuerat, a Rege obtinui. »
Ce rôle d'Amvot à l'égard des lettrés et des savants nous est attesté par de nombreux témoignages de l'époque. C'est ainsi qu'en 1 569 P. Forcadel « lecteur du Rov es mathématiques » dédie au grand aumônier sa Dcuription d'un aiincmi ioUiirc convexe... à Paris chez Hierosme de Marne) (Bibl. Sainte-Cieneviéve, Rés. V, 59 in-4", 7' pièce). — Le plus souvent, il intervenait efficacement dans la nomination des professeurs royaux. En 1 568, Léger Du Chesne, dont la fille Isabelle devait épouser plus tard Fédéric Morel le jeune, le nomme parmi ses plus puissants et zélés protecteurs, dans son discours d'ouverture intitulé : Leodegarii a Qiiercti in Calvinistns oiatio habita in Audiloiio Regio pridie iiitain aggrederteur opus Cieenmis de Divinatione, impnmc À Paris en 1569 fBibl. nat., Yc. 15504). Nous trouvons un témoignage semblable dans le discours que prononça, dans des circonstances analogues, le médecin Martin Akakia (le fils), et qui a pour titre : .Martini Akai:ix Rrgii et niediei et professcris ob suani in ordiinin Regionmi Mediconiin cooptationein Paneg\iirns Henriro l'alesio Régi ebristianissinio dictas, Lutetix', ex olhcina Federici Morelli Typographi Regii, .M.D.LXXMH, in-4'= fBibl. Mazarine, 10.5 14, p. 157); il y dit, en s'adressant au Roi : « Vixdum in publica professione qua nos Carolus Rex C-hristianissimus, Tristando Rostagneo, équité torquato fortissimo, et Jacobo Amyoto. ."Mtissiodurensium episcopo, de nobis referentihus, cohonestaverat, quadricnnium compleveramus, cum tu nos inter tuos Medicos allegisti et conscripsisti.» (P. 54 du discours). — .\myot, du reste, ne parvenait pas toujours, dans la nomination des professeurs royaux, à faire prévaloir son sentiment, et nous avons un exemple curieux de ces discussions dans l'élection de Monantheuil, en 1574, à la chaire de mathématiques. Le grand aumônier s'y était
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Je citerai. seulement le passa<>e suivant, qui est particulièrement significatif (i) : « Xihilo plura mihi de Jac. Amioto, magno Régis eleemosynario et episcopo Altisiodurensi, dicenda sunt ; qui cum su;v doctrin.v documenta dederit plurima ac maxima, cumque solo litteratorum ac virtutis adjumento nisus, eam qua nunc pnvditus est dignitatem easque quas nunc hahet opes et copias consecutus sit : a se ipse descisceret atque adeo secum pugnaret sibique bellum quodammodo indiceret, si litteras et litteratos non amaret. Atque ut ne quis dicat me in hoc viro sola conjectura duci; primum res in promptu est quam sit in omneis eruditos comis et liberalis ; deinde cum
oppose, parce que Mt)ii.mtheiiil occupait déjà l.i charge Je docteur et professeur en médecine. Celui-ci tut pourtant élu, et il répondit aux objections de lévêque dans son Oratio pio inatlh'iiiotich arlihin Ptuisiis habita ; ex typographia Dionysii a Prato, 1574 (Bibl. Sainte-Geneviève, L 541 (4"). ^^ pièce). Mais Aniyot ne se tint pas pour battu, et Monantheuil tut bientôt rayé de la liste des professeurs rovaux. Il ne reprit sa chaire que quelques années plus tard, et prcnu)nça alors un nouveau discours : Henrici Moiuintholii mcdici et matl.wiiuiticannii iirtiiiiii profi'ssi'ris Rfgii pio siio in regiain cathcdintn irditii oratio; Paris, MDLXXW (Bibl. nat., Ln-" 14451). Sur cette querelle, cf. Goujet, op. cit., 11, pp. 50-31 ; ci. aussi un témoignage du mémorial de la Chambre des comptes sur l'autorité d'Amyot dans la surveillance « des lecteurs du Roi en l'Université de Paris. » ll'iii., p. 26.
Q.uelques années plus tard, le i > mai 1584, nous rencontrons un nouveau différend entre « maistre Maurice Bressieu. lecteur du Rov es mathématiques, et maistre Jacques Amyot, aussy lecteur «. Ils furent mandés par la cour et celle-ci « après que ledit Amyot a déclaré qu'il ne svavoit que bien et honneur en la personne dudit Bressieu leur a enjoinct de vivre en paix et amitié et leur a detlendu user de menaces les uns allencontre des autres, ains se contenir en toute modestie comme la profession de leurs artz le requiert, et se sont retirez. » Bibl. nat., ms.fr. 16551. fol. 565 v". t^^ette -curieuse pièce nous a été très obligeamment signalée par .\I. René Radouant. — Cf. sur Maurice Bressieu, A. l.etVanc. op. cit.. p. 227 : R. Radouant, Gh/Z/uh»/!' du l'air, 1907 (voir l'index); et liullctiii de l'Histoire de l\iri'i, 54' année, 1907, p. 150.
(i) Je l'extrais de YOratio a. d. Vil id. Wnriiih. habita, pridie quam lib. III Aristot. de Repiihllca cpliiiie adiiiiiiistraiida explicarci ; à Paris, chez Joannes Benenatus, CIDI'JI.XX. p. 25.