II. Les Contrefaçons sans notes ni sommaires
Un ouvrage aussi avidement lu que les l'ics de Plutarque devait susciter de nombreuses contrefaçons. La confirmation du privilège de Vascosan, datée de r )63, nous apprend : « qu'un imprimeur estranger demourant à Anvers a fiiit réimprimer ladicte version en deux formes (i) ». Cette confirmation du privilège n'arrêta pas d'ailleurs les contrefaçons ; Niceron nous en signale une dès 156) à Genève;, chez l'rançois Perrin(2) et le même imprimeur publiait, deux ans plus tard, une édition in-folio, qui ne se trouve ni à Paris ni à Genève, mais dont la Bibliothèque de la ville de Lyon possède un exemplaire sous la cote 245 3 i . En 1371, Jean Le Preux, imprimeur à Lausanne, donnait, peut-être pour la deuxième fois (3), une édition in-
(i) Je n'ai pu trouver aucune de ces deux éditions ni dans les bibliothèques de Paris, ni à Anvers (Bibliothèque de la Ville et Musée Plantin). Peut-être ne faudrait-il voir dans cette assertion qu'un prétexte de l'imprimeur pour obtenir une confirmation de son privilège.
(2) Je n'ai trouvé nulle part non plus cette édition doiit les registres du t^onseil de (leuève ne font pas mention.
(^) On lit en effet dans les registres du Conseil de Genève (Arch. de Genève, vol. 6i, fol. loo), à la date du i$ octobre 1566 : « Jean Le Preux a présenté requeste pour avoir permission d'imprimer les Vies de l^lutarque en françoi.s. Arrestè qu'il soyt visité. — Deppuis sa requeste luy a esté ottroiée ». — Il est vrai que, quelques pages plus loin (fol. 120), le même registre présente la déclaration suivante : « François Estienne a présenté requeste pour avoir permission d'im-
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tolio i.\L' cette (Viivrc et, l'année suivante, une édition in-8" en deux volumes de caractères très fins (i). A Paris, un des plus laborieux et des plus entreprenants vulgarisateurs des Fies fut Jacques Du Pu\s : de 1572 à 1578, il publia, en petit format, au moins trois éditions de cet ouvrage. On pourrait allonger à l'infini cette liste de contrefaçons dont quelquesunes ne nous sont plus connues aujourd'hui que par un exemplaire, parfois même par la seule mention plus ou moins précise de quelque bibliographe. Nous avons essayé plus loin de dresser un tableau de filiation des principales d'entre elles, ainsi que des éditions avec notes et sommaires qui, pour le texte même, en sont inséparables. Mais, avant de passer à ces dernières, il importe de dire quelques mots de la confiance que nous pouvons avoir dans ces éditions non autorisées.
Il suffit de lire les témoignages des contemporains pour se taire une idée de la négligence, ou plutôt de la désinvolture avec laquelle les imprimeurs, les correcteurs, et même les simples ouvriers typographes corrigeaient, retouchaient, rajeunissaient les textes, du vivant même de leurs auteurs. Ceux-ci s'en plaignaient amèrement, et l-ltienne Dolet lai-même, quoique, dans les dissensions fréquentes à Lyon entre
primer les J'irs de l'iut.irqiic ; ci'.uit.int qu"i)n l'a dcsja ottroié à 1-ninc. IVrrin, arrcsté ci'cii avoir aJvis. « 11 existe en ellet une édition de Perrin, Genève, 1 567 ( Bibl. de Lyon, 24531). Devons-nous admettre que Jean Le Preux en a aussi publié une à cette époque, ou t'aut-il supposer, de la part du secrétaire du Conseil, une contusion entrelesdeux imprimeurs ?
(i) L'ne autre édition in-folio parut elle/ Le Preux en 1574.