I. F.XKMIM.AIKE DK MKI.UX I4I
qucs i^rccs que nous prcparons de mettre sous la presse ( i ) . »
Dans toute cette préface, il semble bien être question uniquement d'exemplaires i:;recs avec des notes autoi^raphes — très probablement de l'exemplaire de l'Arsenal — et nullement d'un volume annoté de la traduction française (2).
Kn l'absence de toute artirmation explicite de l'éditeur, il nous faut donc chercher la solution de cette question dans la comparaison du texte même de l'édition avec les notes manuscrites d'Amvot. Ces notes, nous l'avons dit, sont au nombre de 127, dont 5 se rapportent à des coquilles qui avaient déjà été corrigées dans l'édition de Vascosan 1)67(3). Sur les 122 corrections véritablement nouvelles de cet exemplaire, m ont passé textuellement dans l'édition de 16 19. Cette constatation me paraît une preuve irréfutable de l'utilisation par Morel du volume de Melun. Il est, en effet, fort invraisemblable qu'Amyot ait inscrit sur deux exemplaires différents
(i) Fédéric Morcl ji';i rempli ;iucunc de ces promesses. (2) L'édition de 1618 da Monilrs, donnée par Morel fait, en revanche, nettement allusion à un exemplaire de ce genre : Les \\ Qznvres morales et \\ philoso()hiqiii'S \\ de Pluturquc \\ Iniuslatces de grec eu françois ."•ir ^fessire Judjues Aiu\ot, vivant Hvesqne d'Aiixerre \\Coiiseiller du Koy il >;/(n;(/ Auiiwsnier de France, et revues corrigées et auguieutèes\\ eu ceste présente Edition en plusieurs passages suivant son Exemplaire, CÂ. Appendice 11.
(5) (^e sont :
18, (j. toutefois ce voians j^age/ Corr. toutefois se voians gagez Il 5, H. lesquels delicts — lesquelles délices
|i)i, ('.. que ces ancêtres — que ses ancêtres
\i)j. A. douix et de bonne aire — doulx et débonnaire
416, JJ. l'argent qu'ilz luy avoient — l'argent qu'il/ luy avoient porté preste
142 IACQ.UHS AMVOT
III corrections d'une manière identique. Xous avons même la preuve du contraire dans un volume annoté par lui dont iious parlerons en appendice et qui contient pour une correction déterminée une leçon assez différente de celle de l'exemplaire de Melun.
C'est la variante du feuillet 54 verso.
Le texte primitif : « coiiinn' Jiil ccliix qui proiiicrciitoil foiula Marseille » a été remplacé dans l'exemplaire de Melun par « connue fut Protus qui preuiiercuient fouila Marseille » et dans l'autre (probablement antérieur) par : « connue fui Protus celux qui fonda Marseille » (i).
Quant aux corrections omises par Fédéric Morel, elles ne sauraient constituer une véritable objection à notre hypothèse. En effet, la plus importante de ces omissions est signalée, nous l'avons vu, dans l'avertissement de l'éditeur. C'est la correction de crieurs. Voici les autres :
Texte de 1565. Corrections d"Am\ot.
238, I. Si'xtius /Elius Si'.xliis (La correction était
bonne, le texte grec comme les traductions latines donnant unitormément la forme ïî;-o; Sextiis.) 398, D. il n"\- en avoit point
que nous luy /'«/.'''- poussions (La correction
iioiis plus raison- aussi était bonne au point de nablement appai- vue de la concordance des
(i) Nous rcviciuiroiis sur le luiul mcnic de cette correction dans cliapitre \\\ de la 2'- partie.
I, KXK.Ml'LAÎKK DH Mlil.LN
scr que Hiiniciics
473, ¥.. il luv fut advis qu'il vcoit de loing un sat\re qui se jouoit lie loiii^ à lu\'
temps, mais nous savons quel flottement on constate à ce sujet dans la langue du xvie siècle.)
[(ielt'iilur] (Bonne correction de style pour éviter la répétition, pléonastique de « de loing »),
Ces trois omissions sont sans doute des oublis, comme celui que Morel a signalé dans sa préface. Pour les quatre suivantes^ on peut admettre qu'elles soient volontaires.
321, B. Sous la confiance qu'ilz avoient en son port et faveur
382, 1'. La mort de * Cinna
91, G. Favant lirce en terre
IJeleiilur] (La correction ne modifiant guère le sens de la phrase, il est possible que F. Morel l'ait jugée inutile).
Marins et de ^ Cette correction qui provient d'une variante de manuscrit, — puisqu'on lit dans l'exemplaire de l'Arsenal en marge de -/.al K'.wa ■zz'uviiry laddition : ty.v .Mâoiojxal — est assez invraisemblable et n'est admise par aucune édition ou traduction de l'époque ; on comprend donc que Morel l'ait volontairement négligée).
remorquée (Le texte grec, plus développé, par extraordi-
144 JACQ.UKS AMYOT
nairc, que la traduction française, est : Tf,v vaOv àv2yi|x£vo'.
xaî xaTavayûvTc; — ce qui signifie que les navires attaclicnt la galère après eux ; autrement dit : I" qu'ils la remorquent ; 2" qu'ils la tirent en terre.
Mais la correction remorquée en terre combine ces deux idées dans une expression qui est à peine française, et il est assez naturel que Morel, qui pour cette édition ne se reportait peut-être pas au texte grec, ait préféré la première leçon.
51, I. et des autres quatre nul n'e.st decedé de
Sii mort naturelle, \Jeleiihn (On pourrait hési-
ains ont esté les ter, même aujourd'hui, entre trois occis en tra- ces deux expressions;, hison...
A côté de ces corrections, omises ou rejetées par Féd. Morel, nous en rencontrons deux autres e]u'il a acceptées en les modifiant légèrement. C'est :
434, B. le regard (■/ iiioiiir- Joiilx cl la jciilc des yeux
ment des veux bit m ides .
doiilx ;
Fédéric Morel écrit : « le regard doulx et la tente humide des yeux «.
(La correction d'Amvot nous semble aujourd'hui préférable, et nous pouvons regretter que Morel ne l'ait pas