‹ Jacques Amyot, traducteur des Vies paralleles de PlutarqueChapitre 37 sur 164 · I.ucullus · texte numérisé non relu

I.ucullus

AIciMade,

Il date vraisemblablement du xv^' siècle (i).

Le n" 432 du même catalogue est aussi un ms. de Plutarque :

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Ces\'ies sont très peu nombreuses : ce sont celles de :

Alexandre,

Phocion,

Caton d'Utique,

Dion (incomplète de la fin),

Rrutus (incomplète du début).

Le ms., qui est du xi' siècle, porte aujourd'hui la cote 1678 du fond grec (2).

On peut identifier ces deux mss. avec les n°' loi et 133 du premier catalogue de 1545 (3).

En 1)4), la lîibliothèque royale possédait donc deux manuscrits des Vies de Plutarque, mais très incomplets : notamment parmi les biographies dont nous connaissons des traductions manuscrites d'Amyot datant de cette époque, ils ne contenaient que celles

d) Ci. Oniont, (>/>. cil., p. 144.

(2) Cf. Oniont, op. cit., p. 145.

(3) Cf. Omont, op. cit., pp. 360 et 562.

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de Thésée et de Roniulus. Il est donc certain que pour les autres Vies il n"a pu se servir alors que des éditions imprimées.

Mais ce fait même ne rend-il pas bien improbable l'utilisation de ces manuscrits pour les deux premières Vies ? Songeons d'ailleurs qu'un simple lecteur à Bourges — protégé, il est vrai, de Marguerite, mais malgré tout, tort petit personnage, — n'a\ait pas en 1)4) ses entrées à Blois ou à Fontainebleau et que personne, semble-t-il, ne pensait à cette époque que l'on pût travailler dans des « librairies » aussi éloignées de l'Université et du Collège Royal, centre des études (i). C'est ce dont témoigne un passage de P. Ramus adressé en 1567 à Catherine de Medicis. « Cosmus et Laurentius in Hetruria amœnas villas habuere ; in earum nulla bibliothecam condiderunt, quia agris et sylvis ista nequaquam pnvparantur : in média patri^e luce collocarunt ubi civibus ingenuis fructus ingenii longe gratissimus in promptu esset, et de Bellaguei iontis bibliotheca, te ipsam idem mihi respondere memini. Ergo bibliothecam constituto in urbe regni cujus regina es urbium reliquarum principe et in academia omnium academiarum antiquissima celeberrimaque ! » Ce vœu fut

(i) Sans doute, dos le début du siècle, le prêt des manuscrits de la Librairie royale était, sinon organisé, du moins autorisé, comme le montre une lettre de l'ambassadeur ferrarais Manfredo Manfredi au duc Hercule de l'errare, datée de Blois du i6 décembre 1505; mais c'étaient là des faveurs exceptionnelles, dont les érudits frani;ais et surtout les traducteurs « vulgaires » ne songeaient pas encore à profiter, (t-ette lettre est citée par Léon (j. Pélissier, Rcviir des liibliothèbiics, 189;, p. 561-62).

MANUSCRITS DE PLUTARQ.UE A l'ONTAIXEBLEAU l6l

d'ailleurs bientôt exraicé, — sous Charles IX luimême, s'il faut en croire Jean Gosselin qui était bibliothécaire à cette époque (i).

La lecture des avertissements et dédicaces d'Amyot nous amène à la même conclusion. Dans la préface de la première édition des Vies (1559) il écrit : « Ayant fait toute dilii^ence à moy possible de les chercher (les biographies perdues de Plutarque) es principales librairies de \'enise et de Rome, je ne les av peu recouvrer, seulement en av je tiré plusieurs diversitez de leçons et plusieurs corrections, en conférant les vieux livres escrits à la main avec ceulx qui sont imprimez, qui m'ont grandement servy à l'intelligence de plusieurs difficiles passages : et plusieurs v en a aussi que j'ay restituez par conjecture avec le jugement et l'aide de quelques-uns des plus sçavans hommes de cest aage en lettres humaines. Toutesfois, encore est-il demeuré quelques lieux, mais peu, esquelz pour ce qu'il v a en l'original omission de quelques lignes, a mon advis, j'av mieulx aimé témoigner la défectuosité par la marque d'une estoile que de témérairement deviner ou y rien adjouster. « — Ce passage ne fait mention que des éditions imprimées et des manuscrits italiens : le reste de ses corrections, dit-il, vient de conjectures. Ne doit-on pas en inférer qu'il n'a pas tiré parti des manuscrits de la bibliothèque de Fontainebleau, surtout si l'on songe combien les éditeurs de cette époque, qui

(i) Cf. l'arii'te:^ historiques cl littéraires, pub. par Éd. Fournier, t. I, p. i.

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avaient eu le bonheur de manier ces trésors, aimaient dans leurs dédicaces au roi, à en exagérer la valeur? Cette interprétation est d'ailleurs confirmée par le titre même de la deuxième édition des Vies (i 565), « translatées premièrement de grec en François par maistre Jaques Amvot lors abbé de Bellozane et depuis en ceste seconde édition revei'ies et corrigées en infinis passages par le mesme translateur, maintenant abbé de Saincte [sic\ Corneille de Compiègne, conseiller du Rov, et grand aumosnier de l^rance, // l'aiih' de plusieurs exemplaires vieux escripis à la main, et aussi du jugement de quelques personnages excellents en sçavoir (i). » La phrase soulignée ne peut s'appliquer à des manuscrits italiens, puisqu'Amyot n'est pas retourné en Italie depuis i > 32 (2). Elle doit

(i) Pour CCS derniers, ci. \" partie, cli. ii:, et 2"' partie, cli. lu.

(2) Il convient pourtant de citer à ce propos une note de Hourdelot dans l;i Bihliothi'quf rhoisic de Coloinics (éd. 173 1, p. 70, note l), qui semble indiquer qu'Anivot est allé à Rome en 1562 : «J'ai... une lettre latine à Pie IV qu'il (Micliel de l'Hospital) envoie par M. Amyot, Eveq. d'Auxcrre, dans laquelle il se plaint des mauvais offices qu'on lui a rendus auprès de Sa Sainteté, à laquelle il rend raison de sa conduite; elle est du mois d'août 1562. » — Mais nous reconnaissons sans peine dans cette phrase une erreur analogue .i celles que nous avons avons déjà relevées dans la Préface. Bourdelot rapporte au célèbre Amyot la mention d'évèque d'Auxcrre qu'il trouve dans la lettre, et qui dési- 5^ne sans aucun doute un des prédécesseurs de ce personnaj^e. Il est d'ailleurs assez difficile de le déterminer avec certitude, car c'est précisément vers cette date que Philbert Babou de La Bourdaisière succéda à Philippe de Lenoncourt. — Peu après le 6 avril 1562, dit M. de Ouc dans sa belle étude sur Aune de Moiiliiioreiirv (t. II, p. 526-27), Michel de l'Hospital s'étant retiré de la Cour, le connétable de Montmorency le remplaça immédiatement au Conseil par des hommes sur lesquels il pouvait faire fond, le grand-écuyer, (Claude (joufficr, marquis de Boisy, le comte de \'iilars. Honorât de Savoie, tt)us deux ses parent», son confident Louis Prevt)st de Sausac, puis l'évéque d'Auxcrre, Philippe de Lenoncourt, et le conseiller du Roi Antoine, Fran»;ois des C^ars, seif^ncur de La Vauguyon (Cf. Pasquier, II, 97). C'est alors que l'hilippe de Lenoncourt, se vovant t)blii;é de rester auprès du Roi,

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